Lecture / Ecriture
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American Desperado de Jon Roberts

Jon Roberts
  American Desperado

American Desperado - Jon Roberts, Evan Wright

American Way of Life !
Note :

   Un homme dont la vie est pire qu'un roman, un journaliste pour mettre cette existence par écrit, cela donne ce livre hors du commun. Comme l'existence de son principal personnage.
   
   La vie et l’œuvre (sanglante) de Jon Riccobono qui deviendra Jon Roberts. De New-York à Miami avec un détour par le Vietnam, de la Mafia à l'armée en passant par les services secrets. Un livre terrifiant et une œuvre remarquable qui éclaire d'un jour nouveau un pan de l'histoire américaine récente. Ce n'est pas l'époque des cow-boys et des indiens, mais la mort est toujours aussi violente et la loi bafouée. On est aux antipodes des hippies de la Californie, de la non-violence et pourtant les années sont similaires. Plusieurs narrateurs se succèdent au cours du récit.
   
   Quand un jeune garçon de sept ans voit son père tuer un homme en toute impunité pour un prétexte futile, il est évident que sa notion du bien et du mal est faussée. Dorénavant pour lui "Le mal l'emporte toujours sur le bien". Son père est expulsé des USA, sa mère décède après son remariage! Ainsi commence la carrière de Jon Roberts. Elle sera riche, parsemée de morts violentes dont il sera très souvent l'instigateur. En partant du principe que la valeur n'attend pas le nombre des années, il sera très précoce! Malgré son ingéniosité, il n’échappera pas à la prison!
   
   Ce grand pays de liberté et de principe qu'est l'Amérique lui met le marché en main, la prison ou le Vietnam où des durs dans son genre auront un permis de tuer au nom de la démocratie. Avec quelques autres ils ne s'en priveront pas, atteignant un rare degré de sadisme, partagé par ceux d'en face!
   
   Retour dans la mère patrie, le monde a changé, mais le mal est toujours la solution la plus rapide pour se faire du fric, et tout ce qui va avec... les années passent, les cadavres s'accumulent... la vie est belle et amusante!
   
   Ayant un peu trop tiré sur la corde suite à une série de meurtres un peu trop voyants, en particulier un flic ripoux (alors qu'il jure n'y être pour rien), c'est l'exil à Miami pour se faire oublier...
   
   Le personnage principal, Jon Roberts, j'ai du mal à le qualifier de "héros", mais reconnaissons lui une certaine franchise et le fait qu'il ne se cherche pas de faux fuyant. Il a fait le mal, très souvent, par "amusement", mais ne regrette rien. Malgré tout, il est surpris sur la fin de sa vie d'être acclamé et présenté à la foule par son surnom "Cocaïne cow-boy" à la mi-temps d'un match de basket ; il se dit que le monde a vraiment changé. Il sait que lorsqu'il quittera cette terre, c'est le Diable qui l'attendra. Mais pour l'instant il vit avec son épouse et son fils Julian...(il est décédé en 2011, deux mois après la publication de ce livre aux USA).
   
   On croise aussi au fil des pages des personnages connus du show-business, chanteurs de l'époque, certains très impliqués dans les affaires de la mafia, Frank Sinatra entre autres. Des amis morts ou encore vivants, des femmes bien sûr, il fut réellement amoureux de certaines, mais il a, malheureusement au moins pour une, appliqué le proverbe "Qui aime bien châtie bien", hélas pour cette jeune fille.
   
   J'ai souvent pensé que c’était trop gros pour être vrai et pourtant. La face sombre, que dis-je, très sombre de l'histoire américaine, un récit impossible à résumer, à lire absolument même si le nombre de pages, sept cents, peut sembler rédhibitoire!
   
   Un livre-document hallucinant! L’Amérique avant et après l'invasion des drogues dures, quand la génération des mafieux "moustachus" a passé la main (ou l'arme à gauche) et la cocaïne et l'héroïne ont remplacé la marijuana.
   
   Un ouvrage grandiose qui laisse un sentiment de malaise. Comment peut-on avoir fait toutes ces actions de sang-froid?
   
   
   Extraits :
   
   - Que ce soit bien clair : j'ai la conscience tranquille. J'ai souffert de lui avoir fait ça. Mais comparé à tout le mal que j'ai fait autour de moi, ce n'était pas grand-chose.
   
   - Ta famille veut que tu t'en ailles, m'a-t-il dit. Tire-toi de New York. Tu dois disparaître.
   
   - La Mafia est une machine bien huilée : on paye des taxes, on respecte les règles et de vieux moustachus nous disent ce que l'on peut faire ou non. La Mafia est aussi une organisation fondée sur la confiance.
   
   - Le trafic de cocaïne était une vraie manne. L'hypocrisie de la Mafia interdisant ce genre d'activité, les vieux mafiosi laissaient le champ libre aux latinos.
   
   - Nos affaires ont vraiment décollé à l'époque où les mafiosi de la vieille génération se sont mis à tomber comme des mouches.
   
   - On pouvait évoquer une fusion et, l'instant d'après, aller exploser le crâne d'un mec. Voilà le genre d'homme d'affaires que j'étais devenu.
   
   - On dit que le crime ne paie pas, quelle connerie!
   

   Titre original :American Desperado (2011)

critique par Eireann Yvon




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