Lecture / Ecriture
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La fascination du pire de Florian Zeller

Florian Zeller
  Les amants du n'importe quoi
  La fascination du pire

La fascination du pire - Florian Zeller

Le couperet tombe à la page 100
Note :

   N'étant dotée ni d'un temps infini, ni d'une patience d'ange, je viens de prendre une grande décision qui devrait changer ma vie. Je suis tellement enchantée par cette décision que je lui ai donné un petit nom "le couperet de la page 100".
   
   Le couperet de la page 100 est un système d'une simplicité désarmante mais qui permet de trancher net toutes les interrogations qui peuvent découler d'une situation qui, malheureusement, advient régulièrement : la lecture d'un mauvais livre. Poussée par un élan malencontreux d'optimisme charitable, je me dis souvent que le roman va s'améliorer et qu'il va sûrement y avoir quelque chose à sauver dans ces pages qui m'assomment pourtant par leur nullité.
   
   Mais, maintenant, grâce à l'application stricte du "couperet de la page 100", je vais pouvoir arrêter sans complexe et à un point fixé à l'avance la lecture d'un roman qui m'arrache des larmes de désespoir. Attention, pour qu'il soit réellement efficace, le "couperet de la page 100" doit être respecté à la lettre : la lecture doit s'arrêter à la fin de la page 100 même si la phrase en cours se termine à la page 101. Pas de pitié.
   
   Ce système possède de nombreux avantages et il donne une chance non négligeable à l'auteur de se rattraper après un début un peu mou. Mais si au bout de 100 pages, le roman n'a toujours pas décollé, je crois qu'il faut se rendre à l'évidence soit nous n'accrochons pas au roman soit l'écrivain n'en n'est pas un.
   
   Aussitôt inventé, ce merveilleux système du "couperet de la page 100" (il faudra peut-être que je lui trouve un surnom plus court, j'attends vos suggestions) a trouvé à s'appliquer à deux romans : La fascination du pire de l'inénarrable Florian Zeller et Le récital des anges de Tracy Chevalier.
   
   Je ne vais pas vous faire subir une nouvelle note sur l'insupportable Florian Zeller, car si mon opinion a varié sur lui depuis « Les amants du n’importe quoi » c'est uniquement en pire. En gros, je suis passée d'une franche hilarité à un état de fureur avancé. Etat qui a entraîné des interrogations à la limite de la métaphysique accentuées par la lecture des commentaires du blog dédié à ce grand écrivain de la nouvelle scène littéraire française (et moi je suis la réincarnation de Marie-Antoinette) et découvert grâce à l'indispensable CeMaPi (Centre d'Etudes Mazarine Pingeot). Ces interrogations fondamentales peuvent être résumées ainsi : suis-je une affreuse snob intellectuelle ? Pourquoi les foules d'adolescentes délirantes idolâtrent-elles la moue boudeuse, le regard dans le vide et la chevelure savamment décoiffée de Florian Zeller (ah bon, la réponse est dans la question ?) ? Quel intérêt peut-on trouver à la lecture de ces romans (je m'interroge réellement sur ce point...) ?
   
   En gros, parce que je suis sérieuse, je vais vous résumer les 100 pages que j'ai lues de La fascination du pire (au passage, on notera encore une fois la grande justesse des titres de Florian Zeller et aussi que, cet ouvrage remarquable comportant 212 pages, je me suis quand même enquillée la moitié de l'opus).
    Donc, Floflo (enfin, le narrateur, qui d'après Floflo n'est pas du tout lui mais qui en fait est quand même un peu lui, mais pas tellement non plus parce que Floflo veut faire une réflexion super pensée sur l'auto-fiction car c'est super intéressant comme genre de romans et pas du tout déjà fait... Et puis, tu sais le roman c'est pas la réalité, hein ! C'est dingue, non ?) est invité à parler au Caire de la nouvelle génération d'écrivains français. Floflo se lève. Floflo va à l'aéroport. Floflo achète des journaux pour l'avion (moi aussi je fais pareil quand je prends l'avion, c'est un signe du destin pour nous indiquer que nous sommes des âmes soeurs, non ?). Floflo a peur de monter dans l'avion à cause du 11 septembre et de la catastrophe de Charm el Cheikh. Floflo rencontre un de ses pairs. Floflo a les chocottes parce que l'avion est rempli de pèlerins se rendant à La Mecque. Floflo arrive au Caire (bouh, c'est sale et bruyant mais y'a une super énergie qui s'en dégage). Floflo s'installe dans l'hôtel. Floflo visite Le Caire, le bar de l'hôtel, le musée, le salon du livre. Floflo découvre une autre culture. Floflo a des réflexions profondes sur la marche du monde (mais elle arrive quand cette fichue page 100, je n'en peux plus !). Floflo rencontre une fille. Floflo rencontre un égyptien qui veut lui faire visiter la ville et... Youpi, c'est la fin de la page 100 !
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critique par Cécile




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Sexe et Islam
Note :

   Lorsqu’un jeune écrivain français est convoqué à une conférence en Égypte, il débarque avec l’image idyllique qu’il s’est fabriquée de l’Orient, celle des «Milles et une nuits», remplie d’exotisme et de sensualité. Parmi un groupe d’étrangers, dont certains cherchent à goûter aux plaisirs charnels locaux, il sera brusquement confronté à une réalité toute autre.
   
   Trois reproches récurrents sont toujours présents dans les critiques professionnelles du dernier livre de Zeller. Il écrit à la sauce Houellebecq, il est trop jeune et il choisit un sujet dans l’air du temps : l’islamisme. La facilité quoi. Il fallait s’y attendre de la part des médias, après tout, à la fin de son roman, Zeller fabule sur la réception publique de son ouvrage et n’est pas tendre en décriant le battage médiatique et les insanités exprimées lorsque quelqu’un ose aborder matière à polémique.
   
   Même si le livre vacille entre l’essai et la fiction, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit bel et bien d’un aboutissement romanesque. Il donne des mots, parfois crus, à des personnages pour illustrer des réflexions, des observations. Ce n’est pas un procès de l’Islam. C’est un regard occidental sur le choc de deux cultures.
   
   On peut émettre des doutes quant à cette théorie freudienne comme quoi tout dépend du sexe. Cependant, il faut être forcé d’admettre que la répression sexuelle de l’Islam n’est pas sans conséquences. Et Zeller se débrouille tout de même plutôt bien à cet égard.
   
   
   (Prix Interallié)
   

critique par Benjamin Aaro




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