Lecture / Ecriture
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Lettres à Théo de Vincent Van Gogh

Vincent Van Gogh
  Lettres à Théo

Lettres à Théo - Vincent Van Gogh

Correspondance témoin
Note :

   Ma dernière visite au musée Van Gogh d’Amsterdam remonte à une quinzaine d’années. 
   Depuis longtemps je voulais lire une biographie du peintre en parallèle avec sa correspondance.
   C’est chose faite et j’en suis ressortie plus amoureuse que jamais de cette peinture et de ce peintre.
    
   Jusqu’ici j’avais picoré ces "Lettres à Théo" mais cette fois en parallèle de la biographie j’ai fait une lecture suivie et cela s’est révélé passionnant.
    
   Dès les premières lettres on est accroché, une famille qui n’est pas riche mais vit dans une certaine aisance, un père pasteur qui va à la fois servir de modèle permanent et d’objet de haine à la façon d’un Kafka. Vincent pourrait comme Kafka écrire sa lettre au père.
    
   Des études pas vraiment glorieuses et pas vraiment terminées, et un début de la vie d’adulte difficile.
   Un départ pour l’Angleterre où il va connaitre ses premières amours et se révéler doué pour les langues, plus tard il ajoutera le français à la panoplie au point d’écrire une partie des ses lettres en français.
   
   D’échec en échec le voilà quasi missionnaire auprès des mineurs du Borinage, c’est pour lui une période mystique pendant laquelle il découvre le travail sordide, la faim, ses dessins en portent la trace, ils ont la noirceur de la mine et la dureté du travail. Plus tard lisant Zola il se reconnaitra dans Germinal.
    
   Les lettres sont pleines de ses doutes, de ses souffrances mais aussi de ses lectures, c’est un lecteur passionné et attentif. ll admire Hugo, Balzac et par dessus tout Zola. Rien à voir avec les lettres d’un fou, même si de temps à autre le ton change, l’exaltation le tient, que ce soit pour une femme, pour la Bible ou pour la peinture.
    
   Nous n’avons pas les réponses de son frère mais l’on sent très bien son rôle modérateur, complice.
   
   Le départ pour Arles apparait comme une chance mais très vite les démons reviennent. Alcool, hallucinations, la misère matérielle détruit sa santé, son corps le lâche et son esprit va suivre ce qui le conduit vers l’hôpital psychiatrique où il trouve un certain repos.
   
   Théo a essayé de le faire connaitre, d’organiser des expositions de ses œuvres mais Vincent s’y oppose le plus souvent. On le suit à travers ses lettres jusqu’à la cassure finale.
    
   Ces lettres sont profondément touchantes et désespérantes car on le voit s’enfoncer dans la folie tout en essayant de tenir la tête hors de l’eau grâce à la peinture. ll cultive les ruptures, régulièrement avec Théo quand celui ci renâcle à le soutenir, ruptures avec des femmes, rupture avec Gauguin. 
   Pourtant c’est à Théo qu’il envoie tout, ses dessins, ses premiers tableaux, les toiles qu’il peint frénétiquement à Arles, cette frénésie se poursuit lorsqu’il est interné à Saint Rémy de Provence : imaginez il peint en un temps très court 200 toiles et parmi elles ses toiles les plus célèbres.
    
   J’ai vraiment été accrochée par ces lettres, Van Gogh y apparait dans toute sa nudité et sa faiblesse mais aussi dans toute sa passion pour la peinture, exutoire à la folie qu’il sent poindre. 

critique par Dominique




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