Lecture / Ecriture
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Pétronille de Amélie Nothomb

Amélie Nothomb
  Les combustibles
  Cosmétique de l'ennemi
  Les Catilinaires
  Robert des noms propres
  Antechrista
  Stupeur et tremblements
  Journal d’Hirondelle
  Acide Sulfurique
  Mercure
  Le sabotage amoureux
  Métaphysique des tubes
  Ni d’Eve ni d’Adam
  Le fait du Prince
  Une forme de vie
  Tuer le père
  Hygiène de l'assassin
  Le mystère par excellence
  Barbe bleue
  Attentat
  La nostalgie heureuse
  Pétronille
  Le voyage d’hiver
  Biographie de la faim
  Le crime du comte Neville
  Frappe-toi le cœur

Amélie Nothomb est le nom de plume de Fabienne-Claire Nothomb, écrivaine belge francophone née en 1966 à Bruxelles. Fille d'ambassadeur, elle a passé son enfance en Asie et aux Etats Unis.
Auteur prolifique, elle a écrit de nombreux romans (traditionnellement un par an).

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Pétronille - Amélie Nothomb

Une ode au champagne!
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   
   "Pétronille, si jeune fût-elle faisait partie des auteurs de bonne compagnie."
   
   De correspondante, puis de lectrice identifiée lors d'une séance de dédicace (décryptée avec verve par la narratrice double de Nothomb), Pétronille devient convigne (comprendre compagne de beuverie, au champagne, bien sûr!) de la narratrice, s'éclipse puis revient, à son tour auteure d'un roman.
   
   Commence alors le récit d'une amitié placée sous le signe du champagne, boisson que nos deux héroïnes s'emploient à déguster dans les lieux les plus improbables. Amitié entre deux jeunes femmes aussi frappadingues l'une que l'autre, mais sous des formes très différentes.
   
    L'une est "brut de décoffrage", se met en danger, reste mystérieuse par bien des aspects et il n'est pas interdit de reconnaître, vu les nombreux indices, Stéphanie Hochet. L'autre, Nothomb donc, se montre plus policée, mais aussi admirative de sa "convigne" et de son talent d'écrivain.
   
   Amélie Nothomb n'est jamais aussi drôle que quand elle se moque d'elle-même,
    "Dans les rues, on me félicitait pour mon déguisement. Je portais simplement ma tenue de travail." (voir aussi l'entrevue hilarante avec Viviane Westwood!)
   aussi émouvante que quand elle s'inquiète pour les autres.
   
   Le roman file à toute allure, vers une fin en forme de pirouette un peu frustrante car on aurait bien accompagné ces deux demoiselles dans leur périple chaotique et savoureux. Un excellent moment de lecture et une ode au champagne!
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critique par Cathulu




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Crise de boulimie livresque
Note :

   Ouf! La rentrée littéraire est bel et bien commencée. Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai attendue avec plus d’impatience que d’habitude. Le temps pluvieux de cet été sans doute!
   
   J’ai donc fait mon petit tour à la librairie voisine et j’ai été plutôt généreuse avec moi-même puisque j’en suis ressortie avec une bonne dizaine de livres tous nés de la dernière pluie. Il faut dire que la responsable, flairant la crise de boulimie chez moi a su me convaincre d’emporter aussi ses propres coups de cœur dont je n’avais pas encore entendu parler et qui n’étaient évidemment pas sur ma liste, ce qui a alourdi mon bagage, à la sortie. Je ne serai cependant déçue que s’ils ne sont pas à la hauteur des autres que tout le monde se plaît déjà à encenser. Place donc à la découverte.
   
   Je commence prudemment avec ma chouchoute de toujours. Je suis une inconditionnelle de Nothomb depuis ses premiers livres et si j’en préfère certains, le plaisir a toujours été là : elle m’enchante. Je la trouve exquise! Je l’aime, elle, ses costumes, ses souvenirs, ses bonheurs, ses malheurs, ses jolies manières, ses folies et ses petits romans annuels, (petits seulement par le nombre de pages). C’est toujours trop court pour moi.
   
   Comme de nombreux articles sont déjà sortis qui ont tout dit de l’histoire et de ses à-côtés biographiques, je signale simplement que suis aussi enchantée qu'elles par ce dernier titre.
    ↓

critique par Mango




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Champagne !
Note :

   Depuis 25 ans, l’auteure belge préférée des français nous gratifie d’un rituel un peu particulier. A chaque fin d’été, nous avons droit à notre cru littéraire millésimé. Une vendange de mots (certains exhumés d’entre les disparus, d’autres inventés de toutes pièces) pour un recueil ne dépassant jamais les 150 pages. Je soupçonne Amélie de calibrer ses récits comme le plus humble des pigistes ou encore, pour rester dans le monde du vin, du viticulteur soucieux de préserver la qualité de son breuvage (et son prix!) en n’inondant pas sa production. Ou bien en s’en gardant une partie pour lui-même. Il parait que l’écrivaine recèle dans ses tiroirs l’équivalent d’au moins cinq fois sa production annuelle. Des manuscrits qui ne verront probablement jamais le jour. Ajouté à cela que la donzelle doit lire à s’en écorcher les pupilles au vu de sa culture littéraire et qu’elle semble demeurer la seule à poursuivre une correspondance épistolaire acharnée avec ses propres… lecteurs!
   
   Où trouve-t-elle le temps de tout faire?
   
   Peu importe.
   
   J’avoue que je suis moins fan de Nothomb-autobiographique (réel ou imaginé) et je reconnais délaisser les romans qui ont fait son succès (Métaphysique des tubes, Sabotage amoureux, Stupeur & tremblements) au profit de ses divagations sublimes dans la névrose de personnages hauts en couleurs et toujours fascinés par leur rapport à la bouffe, à la laideur (une certaine beauté?) et à l’enfance perdue. Ainsi mon trio de tête reste (restera?) : Mercure, Catilinaires, Hygiène de l’assassin.
   
   Alors, Pétronille? Il se situe pile au milieu de la pile, justement. Ça se lit comme on boit un bon champagne. D’ailleurs il n’est question que de ça. Amélie a voulu faire son petit Hemingway. Si elle en a le talent (si, si, je l’affirme), elle n’en a pas la profondeur, désolé ma chère. Et, au final, ces beuveries laissent comme un arrière goût de gueule de bois. Ça manque de piment quelque part. On sent qu’elle a voulu tenter sa chance dans la lutte des classes. Ça ne marche pas. De plus, on s’attendait à une fin moins « facile ». Au moins elle est moins attendue que celle, totalement ratée, de « Cosmétique de l’ennemi ».
   
   Cela dit, ne boudons pas notre plaisir à déguster cette coupe, cette flûte, ce petit délice qui se lit entre deux stations de métro (parisien, bien sûr).
   
   A propos, un Moët & Chandon, ça peut se savourer avec des spéculoos?

critique par Walter Hartright




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