Lecture / Ecriture
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La ballade d'Ali Baba de Catherine Mavrikakis

Catherine Mavrikakis
  Le ciel de Bay City
  Les derniers jours de Smokey Nelson
  La ballade d'Ali Baba
  Oskar De Profundis

Catherine Mavrikakis est une enseignante et écrivaine québécoise née en 1961.

La ballade d'Ali Baba - Catherine Mavrikakis

Le lien entre la vie et la mort
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   
    Catherine Mavrekakis, auteure canadienne, a souvent habitué ses lecteurs à venir faire un tour dans l'au-delà, côtoyant et invitant dans ses œuvres des personnages qui ne sont plus. Dans son sixième et dernier roman, elle appelle le père disparu, image toute puissante et grandiose afin de lui rendre un dernier et bouleversant hommage.
   
    Alors qu'elle affronte une terrible tempête de neige à Montréal, la narratrice Erina, porte secours à un vieil homme manquant de se faire écraser sous les roues d'une déneigeuse. Son étonnement est saisissant quand elle reconnaît dans ce vieillard fragile, son père mort six mois plus tôt.
    Le lecteur plonge alors dans l'univers envoûtant de Mavrekakis.
    Cette ballade sera le lien entre la vie et la mort et l'occasion pour l'héroïne et son père de s'expliquer une dernière fois.
   
    Dans un désordre narratif de temps et de lieu, Erina devenu écrivaine et spécialiste de Shakespeare, déroule ses souvenirs d'enfant au côté de son père, Vassili, homme fantasque allant au bout de ses mensonges et dévorant la vie.
   
    Un père absent, un mari volage, un aventurier aux semelles d'or et de vents, un homme en lequel la petite Erina croyait mais qui avec le temps était devenu l'homme qui faisait souffrir sa famille.
   
    Des Keys, leur ultime et lumineux voyage ensemble, en passant par l'Europe, Alger où son père a vécu et la Grèce où il est né, c'est toute la vie ébouriffée, splendeur et déchéance, de cet homme qui défile.
   
    Le temps, les époques se mêlent montrant combien cet homme aimait la vie et le monde avant tout. De l'Algérie des années 30 aux années 60 à Florence, Montréal ou Key West, le lecteur découvre avec empathie un homme qui a toujours pensé que le meilleur reste toujours à venir.
   
    Malgré des répétitions et des passages moins prenant que d'autres, l'écriture est énergique et le ton souvent drôle.
    Si les morts hantent ce livre, l'écriture virtuose de Mavrikakis nous entraîne dans une réflexion forte sur le sens de la vie, le devoir vis à vis des siens et de cette fameuse liberté que l'on chérit parfois trop.
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critique par Marie de La page déchirée




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Au nom du père
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   Ce roman est ma première rencontre avec Catherine Mavrikakis. En fait, j’ai "Le ciel de Bay City" dans ma pile depuis sa sortie mais bon… il dort encore. Surprenant, n’est-ce pas! Le thème de celui-ci, la recherche du père fuyant mais qui prend des allures de personnages de légende, avec toute la démesure que ça implique, me tentait particulièrement.
   
   Le roman s’ouvre donc sur une jeune Érina de 10 ans, sur le siège passager de la vieille voiture turquoise de son père. Ils viennent de traverser les États-Unis du Nord au Sud pour aller voir la mer, à Key West. Lui, la mer a fait partie de sa vie et il veut que ses filles la rencontrent. Petit à petit, à travers différents chapitres de la vie de Vassili Papadopoulos, nous découvrirons ce personnage fantasque, tel que perçu par sa fille, qui a une relation privilégiée avec lui, malgré des absences de plusieurs années. Peut-être est-ce parce qu’elle porte le prénom de sa grand-mère morte trop tôt. Vassili est souvent absent mais quand il y est, il rend les choses grandioses pour la petite Érina, avec des histoires épiques (vraies ou inventées) ou encore enjolivées (on ne le saura jamais). Pourtant, il est imprévisible, fugueur, il charme tout le mode pour faire son chemin, crée des amitiés-minute et croit que l’avenir sera meilleur. Un personnage, quoi.
   
   Du coup, Érina est à peine étonnée de le rencontrer dans la rue 9 mois après sa mort et de se retrouver dans son appartement à lui. Il va lui demander une faveur.
   
   L’auteur nous balade à travers les événements de la vie du père, nous ramène à la fille, le tout sans problème. On est comme la jeune Érina, on veut y croire, et on suit Vassili, qui se dit citoyen du monde, dans ses aventures de Rhodes à Alger, de Alger à New York et à Montréal. Et en même temps, on ressent ce besoin de faire le deuil du père qui fut aimé mais qui est, pour beaucoup, juste un mauvais époux (bon… on comprend) et un magouilleur de première. On sent cette ambiguïté dans les sentiments, dans ce qu’Erina ressent et ce qu’elle voudrait ressentir, entre les souvenirs et le présent, entre ce qui a été rêvé et ce qui a été la vie. Et malgré tout, un amour plus fort que tout qui pointe le bout de son nez pour s’affirmer totalement.
   
   Mon seul bémol serait une dose un peu trop forte d’adjectifs et de métaphores qui peuvent sembler répétitifs (carnin deux fois dans un roman, pour moi, c’est trop… comme "vomir" trois fois de façon métaphorique) et qui alourdissent parfois le récit, surtout au début. Par contres, d’autres passages sont juste éclatants. Et j’ai envie de visiter Alger.
   
   J’ai cru lire que Catherine Mavrikakis s’est inspiré des aventures de son propre père pour ce roman. Je ne sais plus trop où par contre donc, je ne jurerais de rien.
   
   Une belle découverte. Du coup, je lirai l’autre roman de l’auteur qui traîne dans la pile!

critique par Karine




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