Lecture / Ecriture
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Sa femme de Emmanuèle Bernheim

Emmanuèle Bernheim
  Stallone
  Vendredi soir
  Sa femme
  Tout s'est bien passé

Emmanuèle Bernheim est une écrivaine née en 1955.
Elle a obtenu en 1993 le Prix Médicis pour son roman intitulé «Sa femme».
Elle écrit également des scénari.
Elle est décédée le 10 mai 2017.

Sa femme - Emmanuèle Bernheim

Prix Médicis 1993
Note :

   "Sa femme" Le titre en dit plus qu’on ne croit et m’a fait deviner le tournant du roman mais pas la fin cependant! Il est question ici de Claire, un jeune médecin célibataire, bien installée dans une vie simple et bien organisée, entre ses clients et son amant du moment. Elle vient justement d’en quitter un pour retrouver un autre, Thomas Kovacs, surgi du chantier voisin où il travaille et qui lui ramène ses papiers et ses clés qui viennent de lui être volés. Comme ce dernier est marié avec enfants, ils ne se voient qu’une heure et quart chaque fois. Claire est très éprise et collectionne les petits objets du quotidien lui rappelant l’homme qu’elle aime. En son absence, elle ne cesse de penser à lui et à sa vie aux côtés de sa femme. Elle est heureuse mais un jour survient un drôle d’aveu qui lui fait jeter ses objets-souvenirs, (seulement eux!) et recommencer une nouvelle collection.
   
   Michel, Thomas, M. Corey, le nouveau client... la liste s’allonge. L’imagination de Claire aussi!
   
   Prix Médicis 1993, ce roman tout mince de 114 pages, je l'ai lu en moins de deux heures et je l'ai aimé, ce qui m’étonne un peu tant l’intrigue est mince et puis... à la réflexion... pas tant que cela finalement! Ses qualités tiennent à la personnalité de l’héroïne tout d’abord, cette Claire si claire en apparence mais en réalité… - à l’ intrigue amoureuse aussi, tellement simple et sans fioritures, si vite imposée, si rapidement et méthodiquement vécue et pourtant… - au style enfin et peut-être surtout, concis, précis, méthodique… De la nourriture, sèche en somme, sans gras. A croquer!
   
   J’ai été surprise puis assez vite conquise et, en fin de compte, je reste un peu sur ma faim en indécrottable inconditionnelle des romans à rallonge que je suis. Les fins aussi brutalement ouvertes et inattendues comme ici, me laissent toujours en manque, inapaisée, anxieuse : mais pourquoi? mais comment? Mais qu’arrive-t-il ensuite? Est-ce un bien est-ce un mal? Bref, je referme le volume en soupirant, un peu déçue car j'avais imaginé autre chose mais n’empêche: j’ai passé un bon moment avec ce récit qui aura même réussi à me faire oublier le mal de tête que j’avais en le commençant (mais est-ce un bon critère?)
   
   
   (Potin d'actualité: E. Bernheim a été nommée en janvier 2014 dans le jury de la Villa Médicis de Rome et non Julie Gayet comme prévu.)
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critique par Mango




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Fascination
Note :

    Je me suis acheté récemment le livre 100 courts chefs-d’œuvre de Jean-Pierre Montal et Jean-Christophe Napias (La Petite vermillon). J’adore lire des livres courts quand je n’ai pas le moral ou que je me sens bloquée dans ma lecture du moment, car cela me donne l’impression d’avancer dans quelque chose. Le livre est très intéressant, même si je connais déjà un certain nombre des ouvrages listés.
   
   J’ai commencé par les lettres A et B, puisque les livres sont présentés dans l’ordre alphabétique pour 90 % et je suis tombée sur une auteure que je ne connaissais pas du tout, même si elle semble plutôt connue, d’autant que le livre conseillé était Sa femme, qui a tout de même reçu le Prix Médicis en 1993. L’argument qui m’a convaincue de lire ce livre est qu’Emmanuèle Bernheim était décrite comme une artiste de la brièveté et de la précision.
   
   Claire est une jeune femme médecin qui vient de s’installer dans son cabinet. Elle commence à avoir une bonne clientèle, mais reste seule dans sa vie privée. Plus exactement, elle admet la visite régulière chez elle, pour la nuit, d’un homme qu’elle a quitté depuis deux ans. Sa vie change le jour où elle rencontre Thomas dans sa salle d’attente. Thomas n’est pas un patient, mais est venu lui rendre son sac qu’elle avait égaré. La rencontre est insolite, puisqu’il ne se présente pas, laisse simplement le sac dans la pièce. Cela intrigue forcément Claire. Elle cherche à le revoir, ce qui sera assez facile, car il travaille dans le chantier en face de chez elle. Une liaison commence : Thomas vient, chez elle, une heure et quart, pratiquement tous les soirs. Et oui, le bel amant est marié et assez secret. Rapidement, Claire devient obsédée par la femme, sa femme à lui.
   
   Comme cela, cette histoire n’a l’air de rien, mais Emmanuèle Bernheim par la dernière phrase de ces 114 pages transforme toute l’image que le lecteur s’est forgée au cours de sa lecture. Je vous confirme le fait que l’auteure était une artiste de la brièveté et de la précision. En très peu de pages, le lecteur arrive à voir, à connaître, à comprendre Claire, pour simplifier à s’identifier au personnage de cette femme, sans pour autant avoir vécu la même situation. On est embarqué ; le livre devient passionnant. Il y a très peu de descriptions, pas de dialogues. Tout est raconté de son point de vue. On va éprouver ses sentiments et ses préoccupations : l’excitation et la joie de la première période amoureuse, le petit pincement au cœur quand Thomas lui apprend qu’il est marié, l’acceptation de ce fait pour garder son bonheur, l’obsession vis-à-vis de cette femme inconnue…
   
   J’ai vraiment adoré ce bouquin. Emmanuèle Bernheim est décédée en 2017, à l’âge de 61 ans. Elle n’a eu le temps d’écrire que six ouvrages. Tous courts. J’ai bien sûr envie de tous les lire, maintenant.

critique par Céba




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