Lecture / Ecriture
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Tous les enfants sauf un de Philippe Forest

Philippe Forest
  Sarinagara
  Le siècle des nuages
  Ôé Kenzaburô - Légendes anciennes et nouvelles d'un romancier japonais
  L'enfant éternel
  Tous les enfants sauf un
  Le chat de Schrödinger
  Crue

Philippe Forest est un écrivain français né en 1962.

Tous les enfants sauf un - Philippe Forest

Armée pour le pire, j’ai parcouru...
Note :

   Depuis l’"Enfant éternel", que j’avais lu, terrorisée, il y a peu, je mets le nez dans chaque nouveau livre de Forest, même si le propos ne concerne pas le drame qui a eu lieu, comme si je voulais prendre des nouvelles d’amis dans le pétrin. Même l’essai "un roman est-il encore possible?" paraissait vouloir dire "un enfant (ou "une vie") est il/elle encore possible? et je n’avais rien retenu de l’argumentaire!... impossible de considérer Philippe Forest comme un écrivain, de prendre son style en considération. Non. On vient prendre des nouvelles des suites du drame, on ne peut se tenir à bonne distance.
   
   Et là encore une fois je me surprends à des considérations qui n’ont rien de littéraires ; va-t-on nous annoncer qu’on a tourné la page qu’il y aura un autre enfant? Bien que le titre démente entièrement cette possibilité et que, de toute manière, s’il y a un autre livre, c’est qu’il n’y a d’autre enfant que Pauline l’enfant unique frappée par le mal dont on nous parle depuis dix ans de telle façon qu’on a l’impression que ça nous est arrivé plus qu’à moitié.
   
   Et l’auteur raconte à nouveau ce malheur d’une façon plus sobre plus ramassée quoique avec tous les détails essentiels que l’on connaissait.
   
    Il en profite pour dire que le cancer n’est pas une maladie psychosomatique et qualifier d’ignominieuse la théorie de Fritz Zorn qui dans "Mars" explique son cancer par la névrose, comme si ce cancer était ce que Freud avait nommé en son temps (et qui est peut-être dépassé mais je n’ai pas d’autre mots) une "hystérie de conversion". Il prend appui sur les idées de Susan Sontag qui a longtemps lutté contre la maladie. Le hasard existe : la maladie n’a rien de psychosomatique. Eux qui la veulent ainsi cherchent à se protéger contre l’absurdité de la maladie ; non seulement elle nous frappe mais elle n’a absolument aucun sens, c’est ce qui la rend insupportable : pour l’humaniser pour donner un sens à ce processus, on l’intègre aux désirs inconscients de la personne affectée : c’est moi lui elle qui l’ai voulu… punition ou manifestation des dits désirs par le symptôme.
   
   Rien de scientifique ne vient corroborer ces affirmations.
   
   Il y a du vrai là-dedans ; et pourtant le mal qui affecta Pauline a frappé fort à l’âge où les parents songent souvent à une autre naissance. Elle restera une enfant unique, inoubliable, et avoir un autre enfant après elle paraît à ses parents un sacrilège une hérésie, un non-sens, comme si par ce geste on voulait la remplacer.
   
   Il n’est pas question d’être infidèle à son souvenir.
   
   Dans la bibliographie de l’auteur figure aussi "Erotique du deuil au temps de la mort sèche" de Jean Allouch : ce dernier défend la thèse que le deuil est inachevable mais non pas qu’il est impossible de changer son fusil d’épaule…

critique par Jehanne




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