Lecture / Ecriture
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La distance entre nous de Maggie O'Farrell

Maggie O'Farrell
  Quand tu es parti
  L'étrange disparition d'Esme Lennox
  Cette main qui a pris la mienne
  En cas de forte chaleur
  La distance entre nous
  Assez de bleu dans le ciel

Maggie O’Farrell est une écrivaine britannique née en 1972.

La distance entre nous - Maggie O'Farrell

Quand le destin s'en mêle !
Note :

   Troisième roman de cet écrivain née en Irlande du Nord. J'ai de bons souvenirs de "Quand tu es parti" mais j'ai été incapable de finir "La maîtresse de mon amant"! Donc, j'étais un peu sceptique en commençant ce livre, mais je reconnais avoir eu tort.
   
   Stella, jeune italo-écossaise vivant à Londres, fuit l'image d'un homme qu'elle a cru reconnaître sur un pont, et peut-être aussi sa sœur, envahissante. Jake, britannique vivant à Hong-Kong, a épousé Mel, sa petite amie du moment dans des circonstances tragiques. Mais, il ne l'aime pas et de venir vivre en Europe n'arrange pas les choses. Alors il part à la recherche de son père inconnu. La seule chose qu'il connaisse de lui est "Kildoune", un village où il aurai vécu, qui est devenu son nom de famille. Il prétexte des recherches familiales pour quitter provisoirement son épouse et sa belle-famille. Petit à petit, par touches successives, nous entrons dans ce qui est une double saga familiale, les existences de ces deux jeunes gens et leurs errances personnelles. La sœur de Stella, Nina, qui semble fragile et écervelée, est parfois un problème pour elle. Stella a quitté son travail à la radio et Londres, est maintenant employée dans un hôtel et vit seule dans une caravane.
   Le destin les réunit au fin fond de l'Ecosse, près de Kincraig.
   
   Les personnages principaux sont très attachants : Jake, dont la mère quitta la Grande-Bretagne pour Katmandou avec la mouvance hippie vécut quelque temps avec un écossais qui lui fit un enfant. Ce dernier continua son voyage la laissant seule sur le bord de la route. Jake vécut depuis son enfance en Asie. Blanc, mais pauvre, sa mère donne des cours d'anglais, il ne connaît pas l’Europe. Stella, un matin se rendant au travail, aperçoit une silhouette d'homme. Alors commence une fuite éperdue, laissant tout derrière elle. Quel secret, qui semble partagé avec sa sœur, fuit-elle? Quels souvenirs lointains, à la vue de cet homme sur ce pont de Londres, reviennent à la surface pour la perturber à ce point?
   
   Livre très bien écrit, mais la formule de nombreux retours en arrière pour tous les personnages principaux n'est pas des plus aisées. Surtout quand la chronologie n'est pas toujours respectée, et que l'auteur remonte loin dans la vie de Jake et de Stella et de leurs familles et entourage.
   
   Un livre long, 370 pages qui se laisse très agréablement lire, sans le côté un peu à l'eau de rose que je craignais.
   
   
   Extraits :
   
   - Hong-Kong évoque souvent pour Jake une sorte de déversoir de l'Europe.
   
   - A condition de s'éloigner suffisamment, on peut réussir à se fuir soi-même.
   
   - Nina. La sœur de Stella. Pas de danger qu'elle ne reconnaisse pas sa voix. Nina téléphone vingt fois par jour, et le plus souvent pour rien.
   
   - Au moment où la première lueur de l'année du tigre se glisse dans la petite pièce, Jake pose une main sur celle de Mel et une autre sur le cuir noir d'un livre auquel il ne croit pas et dit oui, oui, oui, oui.
   
   - Voilà ta femme, entend-il dans un coin de son esprit, elle est ta femme.
   Que fait-il dans ce pays? Comment s'est-il retrouvé ici?
   
   - On ne renvoie pas une personne jeune et belle qui s'exprime bien et se présente à la réception en demandant du travail. Qu'importe ce qu'elle fuit?
   
   - Jake ne sait pas ce qu'il espérait. Tout et rien. Sa vie durant, il a pensé à Kildoune, l'a imaginé, construit et déconstruit dans sa tête.
   
   - C'est beau par ici. Mais ce n'est pas vraiment le mot qui convient. C'est plus sauvage que beau. Plus violent plus extrême.
   
   - La congrégation des traits d'union. C'est l'expression de ma mère. Les Italo-Ecossais. Les Anglo-Irlandais. Les Britanno-Chinois... ou Britanno-Asiatiques... Je ne sais pas comment vous vous définissez.
   
   - Les cœurs sont plus faciles à réparer que les têtes.
   

   Titre original :The distance between us (2004)

critique par Eireann Yvon




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