Lecture / Ecriture
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Le royaume de Emmanuel Carrère

Emmanuel Carrère
  Un roman russe
  La classe de neige
  La moustache
  L'Adversaire
  D'autres vies que la mienne
  Limonov
  Le royaume

Emmanuel Carrère est un écrivain, scénariste et réalisateur français né en 1957.

Le royaume - Emmanuel Carrère

Déception
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   "Ce qu'il dit, c'est que c'est une chose étrange quand on y pense, que des gens normaux, intelligents, puissent croire à un truc aussi insensé que la religion chrétienne, un truc exactement du même genre que la mythologie grecque ou les contes de fées."
   
   Carrère, il est partout en cette rentrée littéraire 2014. En couverture de "Lire", en couverture du "Magazine littéraire" et encensé aussi par les Inrokuptibles qui, pour la petite anecdote, ont fait une coquille en annonçant sa sortie le 11 septembre, ce qui m'a valu de presque m'évanouir de joie lorsque je l'ai par le plus grand des hasards vu chez mon libraire le 28 août, alors que je venais pour acheter le Reinhardt!
   
   De Carrère, j'avais adoré "D'autres vies que la mienne" mais pas accroché à "Limonov" ni au "Roman russe" donc a priori il n'était pas sur ma LAL* de rentrée. Mais en le voyant dans tous les magazines, j'ai fini tout de même par me pencher sur le sujet du livre, qui me tentait, puis j'ai lu les critiques, puis j'ai lu l'incipit... Et je me suis dit IL FAUT QUE JE LE LISE!
   
   Qu'est ce que ce royaume? Eh bien c'est tout simplement le royaume des cieux! Car Carrère nous embarque dans l'histoire des origines du christianisme, se faisant mi-historien, mi-biographe puisqu'il nous raconte aussi sa vie et son parcours de chrétien en pleine crise mystique pendant plusieurs années puis d'agnostique. Et moi qui déteste rien tant que les auto fictions, j'avoue que j'ai adoré le début de ce roman où l'auteur parle aussi beaucoup de lui, mais sans égocentrisme aucun. Car le parcours de l'auteur sert le livre et éclaire le récit.
   
   Et quoi de plus réjouissant pour la chrétienne que je suis, non croyante, non pratiquante, que de découvrir l'histoire de Jésus que je connais mal, malgré des années de messes dominicales et de catéchisme? Quel plaisir de savourer les paroles de Carrère, ou plutôt d'un de ses amis, qui s'étonne que tant de gens puissent croire à des choses aussi incongrues que la résurrection, la crucifixion, l'histoire de la vie de Jésus (racontée dans l'Évangile) et de ses apôtres, qui relèvent plus du conte de fées que de vérités scientifiques.
   
   Mais car il y a un MAIS j'ai fini par m'ennuyer en lisant ce récit de 600 pages qui aurait sans doute mérité d'être resserré. Je l'ai laissé puis l'ai repris, sans finalement réussir à adhérer complètement, comme flouée par les critiques élogieuses, et comprenant qu'il n'ait pas été sélectionné par l'académie Goncourt.
   
   Pourtant, je trouve le titre très beau et très bien choisi, l'écriture sans artifice. Mais je crois que j'ai préféré les parties où Carrère se livre et livre son incompréhension face aux "légendes" incroyables qui entourent la vie de Jésus. Plutôt que le récit des origines du christianisme, trop long... Et monotone...
   
   Et, même s'il a des qualités indéniables, ce roman ne restera pas pour moi un des incontournables de cette rentrée. D'autant que j'attendais une analyse sur le fait de croire ou de ne pas croire, et là je suis restée carrément sur ma faim...
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critique par Éléonore W.




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Avec moi, ça a fonctionné !
Note :

   Il y a un an et demi de cela, en visitant l’église St Eustache, à Paris, je me suis surprise à écrire dans un gros livre, où des gens avaient exprimé des souhaits. J’ai demandé à dieu que nos filles nous donnent un petit enfant… je ne me suis pas adressé au Saint, dont j’ignore s’il était qualifié pour cela, car dans la religion protestante où l’on m’a élevée, il n’y a pas de saint, on ne s’adresse qu’à Dieu. Puis j’ai allumé un cierge. Et pendant un certain temps, j’ai demandé à dieu (mais plus par écrit) dans les églises qui me plaisaient, des trucs genre que mes enfants me donnent des nouvelles toutes les quinzaines, voire m’écrivent, et d’autres choses encore, sans oublier le cierge… en même temps je m’inquiétais, ayant l’impression qu’une tumeur divine proliférait sournoisement dans ma pauvre cervelle. En effet, je ne m’adressais plus à dieu depuis l’âge de 14 ans, et il me semblait bien avoir cessé d’être croyante, au premier degré en tout cas. Je crois être tirée d’affaire à présent, mais j’étais impatiente de lire le témoignage d’Emmanuel Carrère, certes plus atteint que moi…
   
   Je ne l’ai pas lu depuis longtemps. J’avais aimé des récits déjà anciens, tels que la Moustache, et la Classe de neige, un peu moins l’Adversaire, et le Roman russe m’était tombé des mains…
   
   A la fois autobiographie, documentaire historique romancé, et essai, c’est là un objet hybride en quatre parties dont la première est justement autobiographique. L’auteur y raconte trois ans de son existence pendant lesquelles, atteint de dépression, ne pouvant plus écrire, il s’investit dans la foi chrétienne version catholique romaine, de façon très poussée, allant prier et communier tous les jours et commentant des textes sacrés. Cette ferveur décline alors que la dépression le quitte et qu’il se remet à l’écriture. Cette partie pourrait être ennuyeuse, mais Carrère la commente avec ironie et une certaine légèreté. Certaines péripéties intéressent comme celle de la baby-sitter personnage qui dégage un mélange de tristesse et de loufoquerie. En revanche, je n’ai pas aimé sa marraine, ni même son ami Hervé, tels qu’il les présente…
   
   Actuellement agnostique, Carrère rouvre le dossier "christianisme" dans un esprit critique : il se veut historien et romancier : pour nous, il va relire les Actes des apôtres et les lettres de Paul. Et même les Evangiles …
   
   Paul est le véritable inventeur du christianisme. En suivant son parcours, Carrère fait œuvre d’historien vulgarisateur (parfois trop : lorsqu’il fait des transpositions comparant Paul à des figures de dictateurs modernes, on sourit , parfois on s’amuse, mais on n’est pas très convaincu ). Néanmoins il compose un personnage ambigu intéressant avec Paul, et il va récidiver avec Luc l’Evangéliste, épisodique compagnon du prédicateur. Je n’aurais jamais cru pouvoir m’intéresser à cette partie de la Bible : beaucoup de récits de l’Ancien Testament ont toujours retenu mon attention, ainsi que les Evangiles, même sans avoir, en temps normal, de goût spécial pour ma religion. Cependant le Nouveau Testament m’a toujours ennuyée, bien que j’aie suivi les émissions de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat qui ont interrogé un certain nombre d’ecclésiastiques et théologiens… et je ne me souvenais de rien, ou presque!
   
   Cette partie de la Bible (les origines du christianisme) est souvent considérée comme austère. L’auteur note avec juste raison que l’iconographie religieuse ne représente que rarement cette époque riche en événements. Il espère y remédier en relatant les faits de façon vivante : dialogues, et monologues des protagonistes, scènes de cinéma, théâtralité, présent de narration, toutes les ficelles classiques…
   
   Avec moi, ça a fonctionné! j’ai appris pas mal de choses, qui sont bonnes à savoir, quand on veut se cultiver un peu, et pourquoi pas avec Emmanuel Carrère? Son enquête est sérieuse, ses sources me semblent fiables. Il ne se saisit pas de l’affaire en tant que théologien ou philosophe (pas d’interrogation sur le sens de certains concepts comme "résurrection") mais il compose des personnages : Luc et Paul, avec il est vrai une certaine redondance, pose des questions concrètes parfois originales (qui a réellement fait condamner Jésus? Quand ont apparu certains mythes, tels que la virginité de Marie? Paul et Luc ont-il lu les récits d’Homère, et qu’en ont-il tiré?...) et fait œuvre d’historien ; Les récits concernant Rome, les personnages de Néron et Sénèque, par exemple, sont très bons.
   
   L’auteur veut être honnête : il ne va pas forcer sur le romanesque facile "on aimerait croire les romans selon lesquels il couchait avec Marie de Magdala ou avec son disciple bien aimé, malheureusement on n’y croit pas. Il ne couchait avec personne. On peut même dire qu’il n’aimait personne au sens où aimer quelqu’un c’est le préférer, et donc être injuste avec les autres". Même constat en ce qui concerne Luc et Paul. Carrère les ressent incurablement vertueux ; il en est désespéré au point de faire figurer dans son livre des scènes érotiques le concernant!
   
   Même si elles ne sont pas forcément bien venues, je n’ai pas sauté les digressions nombreuses de l’auteur, qui raconte sa vie, entre deux tronçons d’enquêtes.
   
   L’épilogue nous montre un auteur resté tout de même très proche du fait religieux, au point de se livrer à la cérémonie du lavement de pieds… je n’aime guère cet épilogue. Pourtant, mon ressenti du livre est globalement positif.
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critique par Jehanne




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Une épopée
Note :

   Après "Limonov" pour lequel il a reçu le prix Renaudot en 2012, Emmanuel Carrère revient sur ses trois années de Chrétien. Trois années de piété pendant lesquelles il pratiqua sincèrement, trois années de travail et de réflexion sur la parole biblique.
   
   Cette première partie qu’il intitule "La crise", de la foi à la perte de la foi, sert d’introduction à ce qui va devenir une "enquête" consacrée à Paul et Luc qui ont cheminé ensemble à certains moments. Paul, le prosélyte qui sillonne l’Asie Mineure et la Grèce pour répandre la parole de Jésus chez les Gentils, plus souvent mal reçu voire agressé, et Luc, le médecin de Thessalonique qui écrira son Evangile et les Actes des Apôtres. Un compagnonnage que l’auteur nous fait revivre avec beaucoup de vivacité et d’humour s’appuyant sur ses propres notes et les travaux d’historiens et d’exégètes. Nous suivons l’inébranlable volonté de Paul sur les chemins poussiéreux, ses harangues à de pauvres paysans qui n’avaient sans doute jamais entendu parler de Jésus, mais toujours prêts à croire aux miracles.
   
    Replacé dans le contexte historique et social du 1er siècle de notre ère dominé par Rome, le texte se lit comme une épopée, les tribulations d’un homme ordinaire qui fut à l’origine de ce qu’on appelle aujourd’hui le Christianisme. Sans Paul, Jésus aurait-il traversé les siècles, lui qui fut condamné au plus vil des châtiments comme un vulgaire criminel?
   
   Une histoire teintée de bon sens sur un sujet toujours en débat, qui se lit avec plaisir.
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critique par Michelle




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Cohabitation
Note :

   Bien sûr Bernard Pivot et Pierre Assouline n’ont pas aimé, bien sûr je n’aime pas du tout l’auteur, bien sûr l’homme m’agace avec son ego surdimensionné, qu’est-ce que ce serait s’il ne penchait pas un peu du côté du bouddhisme!  Il abuse de la métaphore et de l’analogie avec parfois le plus parfait mauvais goût, il aime choquer, agacer, il est drôle et trivial à la fois, oui MAIS...
    
   J’ai lu d’une traite et avec grand intérêt le livre d’Emmanuel Carrère. Dans un genre totalement différent il s’apparente au livre Vies de Job (pardon Monsieur Assouline je sais que vous, vous ne l’aimez pas du tout) pour donner envie au lecteur de s’interroger sur une religion en régression en Europe mais se portant bien sur d’autres continents. Il démarre fort d’emblée quand il nous dit que c’est assez étonnant que
   "des gens normaux, intelligents, puissent croire à un truc aussi insensé que la religion chrétienne, un truc exactement du même genre que la mythologie grecque ou les contes de fées"
.
     
   Jésus est assimilé à un révolutionnaire venant ficher le bazar ce que les juifs et les romains tolèrent très mal.
   J’ai souri au portrait bien peu flatteur de Paul, une sorte de fou furieux qui
   "avait une sale gueule, un corps robuste et disgracieux, qui était bâti à chaux et à sable mais qui était en même temps tourmenté par la maladie"

    il était fanatique et intransigeant, Luc à côté c’est la crème des hommes, un peu faible, "un amateur d’anecdotes".
    
   Paul malgré tout a réussi un tour de force, il "a fait triompher sa cause d’une manière spectaculaire. Deux mille ans plus tard, on en est encore là. C’est en soi stupéfiant. Cette stupeur est un des motifs sur lequel s’est construit mon livre".
    
   J’ai ri à bien des comparaisons : Néron et Poutine, la Troïka des apôtres Jacques, Pierre et Jean, ou la comparaison entre les dissensions de l’Eglise naissante et celles des membres du politburo! D’autres sont outrées mais que voulez-vous, c’est Carrère.
   
   Ce livre est un bon guide pour faire retour vers les premiers temps du christianisme, E Carrère est un bon vulgarisateur, il sait être clair, bienveillant envers les croyants, normal me direz-vous pour quelqu’un qui fut un fervent catho pendant quelques années. Il le fait en écrivain car "Je ne suis ni un exégète, ni un bibliste, ni un helléniste, mais j’ai fait en sorte que le lecteur dispose d’une information historique fiable et synthétique" nous dit-il.
    
   Manifestement il a beaucoup lu, beaucoup travaillé pour ce livre, Ernest Renan l’auteur de la très controversée (à l’époque) "Vie de Jésus", a été une des ses principales sources en lui rappelant que l’écrivain se doit de présenter "comme certain ce qui est certain, comme probable ce qui est probable, comme possible ce qui est possible".
      
   J’ai fait avec intérêt ce voyage sur les traces de Paul et de Luc dans le Moyen-Orient romain au temps de Tibère, de l’incendie de Rome, voyage qui donne envie d’aller lire ailleurs.
   
   Livre singulier qui m’a, malgré ses excès, captivée et passionnée et surtout m’a guidée de ricochet en ricochet vers le passionnant Corpus Christi de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, vers l’histoire du Christianisme de Renan.
   Il est possible que les ayant lus je trouve Carrère moins bon... on verra.
    
   Je vais lui faire une place dans ma bibliothèque à côté de Renan et Pierre Assouline, on verra si la cohabitation se passe bien.
    ↓

critique par Dominique




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Le chemin d'une réflexion
Note :

   Présenté comme LE livre de la Rentrée, si l’on en croit la plupart des critiques publiées. Et je reconnais d’emblée que cette dernière mouture d’Emmanuel Carrère ne m’a pas déçue. Pourtant, comme beaucoup, j’aborde ses livres avec un curieux mélange d’envie fortement mâtinée de circonspection. Carrère, c’est encore un écrivain qui parle beaucoup de lui…
   
   Mais il faut nuancer tout de suite. Le positionnement personnel d’Emmanuel Carrère dans ses ouvrages n’entre pas, et de loin, dans la pose satisfaite des auteurs Narcisse nombrilistes. La démarche de Carrère consiste à partir de son vécu pour nourrir d’authenticité sa réflexion. Ce qui ressortait comme parti pris dans d’"Autres vies que la mienne", et qui va ici encore plus loin.
   Tout bien considéré, la qualité essentielle qui donne envie de le lire tient à la manière dont l’auteur traite son lecteur : il l’entretient en ami de ses réflexions, il poursuit tout au long de ces 630 pages une conversation à cœur ouvert, sans fausse modestie ni admonestations péremptoires. Le rythme du livre, sa découpe en brefs sous-chapitres permettent de répondre, de noter nos réactions, d’être en phase ou de protester quand le cœur nous chante. Emmanuel Carrère excelle dans le ton de l’aparté comme dans l’expression du doute ; si je m’en octroyais le temps, je dénombrerais l’utilisation du "peut-être" au long de son discours.
   
   Certains se sentiront rebutés par le thème du livre : ah, encore une démonstration de catho pour exciter la guerre de religion qui marque ce début de siècle. J’en connais qui pensent que même toucher le livre peut-être contagieux. Mais non, Carrère l’avoue : il a donné, il en est sorti dé-fi-ni-ti-ve-ment, promis, juré… Ce qui ne veut pas dire qu’en renégat bon teint, il est interdit de réfléchir sur ce qui fascine dans le catholicisme, et permet à l’Église de perdurer, même mal, depuis plus de 20 siècles.
   
   Faute de pouvoir se représenter le charisme de la personne qu’était Jésus de Nazareth, E Carrère fonde son enquête sur le personnage de Paul tout d’abord, dont le portrait se dessine en creux et en relief dans la véhémence de ses fameuses épîtres comme dans les Actes des Apôtres, recensés par un certain Luc. Ni l’un ni l’autre n’ont été des témoins directs de la vie du Christ : Paul a commencé, on le sait, par persécuter les juifs dissidents qu’étaient les adeptes de ce nouveau Gourou (sic). Luc est né plus tard, probablement en Macédoine. Il a rencontré Paul en tant que prêcheur, et son influence s’est révélée déterminante pour ce médecin cultivé. À son tour, il a tout quitté, lui aussi s’est fait disciple, de Paul d’abord, puis au fil du temps, ce lettré s’est questionné jusqu’à ressentir l’urgence de formuler la trace écrite des idées bouleversantes, proprement révolutionnaires, qui sont à la source d’une grande page de l’Histoire des hommes.
   
   Cette enquête à vingt siècles d’écart est un vrai défi à la raison et à la rationalité. Le point de vue initial d’Emmanuel Carrère postule que ce sont les personnalités de ces hommes qui ont forgé la naissance d’une des trois (quatre si l’on admet le Bouddhisme) religions les plus importantes de notre civilisation. À la lecture des Lettres que Paul adressait à ses églises locales, les premiers fidèles, Carrère dresse le portrait d’un homme véhément, habité d’une force de persuasion et de conviction personnelles, intuitif et ombrageux, capable de mauvaise foi. Nous voilà devant un homme, dépouillé de son auréole sanctifiée par l’établissement d’un Canon dogmatique. La personnalité de Luc émerge également de son style, moins abrupt, plus nuancé et du choix des images retenues, les paraboles et miracles relatés.
   
   "Le Royaume" s’impose dans notre paysage culturel autant que cultuel par l’intelligence, l’érudition et la finesse de ses analyses, la faconde de l’auteur qui nous fait croire qu’il écrit aussi simplement qu’il parlerait dans son salon ou sa retraite alpine. Finalement, voilà un livre qui se quitte à regrets, existe-t-il meilleure recommandation?

critique par Gouttesdo




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