Lecture / Ecriture
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Jours tranquilles à Clichy de Henry Miller

Henry Miller
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  Jours tranquilles à Clichy

Henry Miller est un romancier américain né en 1891 et mort en 1980, laissant une oeuvre littéraire importante.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Jours tranquilles à Clichy - Henry Miller

Sexe in the Clichy
Note :

   Relire avec un autre regard, celui de l'âge. Reprendre en main les livres lus quand j'avais quelques années (quelques dizaines seraient plus près de la vérité) de moins! Bref se faire plaisir avec Henry Miller qui fut un de ces auteurs un peu tabous et sulfureux, alors pourquoi pas? Il fut avec Jack Kerouac, avant les auteurs de série noire, mes guides pour la littérature américaine. Par contre je n'avais pas encore lu ce titre, alors réparons cet oubli!
   
   Un petit livre de 120 pages, séparé en deux parties, "Jours tranquilles à Clichy" et "Mara-Marignan". La trame est la même : l'obsession sexuelle de Miller ou de son ami allemand Carl. Tous les deux passent de la misère noire où certains repas sont faits de pain ayant largement dépassé la date de péremption (chose qui heureusement à l'époque n'existait pas!) à d'autres somptueux avec moult litres de vins, filles tarifées et trajets en taxis.
   La bohème américaine à Paris avec, par exemple, une virée au Luxembourg pour des conquêtes féminines avec force boissons.
   
   Certaines situations sont pour le moins immorales, par exemple vivre avec une jeune fille de 14 ans Colette et en abuser, les parents ne porteront pas plainte, Miller et la littérature sauveront la mise. Une autre, maîtresse d'un poète de l'époque, prête à tout pour deux cents francs, prix de son loyer, en jurant ses grands dieux que certains hommes sont prêts à aller jusqu’à mille francs! Et deux cents, c'est le prix pour les deux! L'affaire du siècle.
   
   "Mara-Marignan" concerne une jeune femme nommée Mara Saint-Louis car née dans l'île du même nom. Miller en fût très amoureux et la rupture douloureuse. Mais une de perdue, une bonne douzaine de retrouvées!
   
   Un inventaire à la Miller, des femmes mariées, des mondaines, des demies-mondaines et des pas mondaines du tout! Un monde pour le moins surprenant, on parle de libération sexuelle après 1968. Après la lecture de ce livre, on peut se poser la question suivante : que restait-il à libérer? Car la première mouture de ce livre a été écrite en 1940 (puis réécriture en 1956), les femmes ici avaient pour le moins la cuisse légère!
   
   Carl, son colocataire allemand, camarade de fredaine, compagnon des bons et des mauvais coups, collègue d'orgie. Personnage que j'ai trouvé plutôt antipathique. Autant Miller, malgré son langage très cru, a un semblant de gentillesse, donnant souvent son argent, Carl est plus cynique et méprisant.
   
   Un Paris un peu glauque des années 1930, une foule de gens souvent étranges et des femmes renversantes! Des promenades à pied, la fréquentation des cafés parisiens, le "Wepler" ou le "Marignan", mais aussi des gargotes sans noms de Clichy, d'Aubervilliers et de certaines banlieues du nord de Paris.
   
   Un livre qui se laisse lire, un témoignage d'une époque, un peu lassant dans sa succession de scènes de sexe. Et Henry Miller, qui pourtant les aimait, ne donne pas une image très flatteuse de la femme et des parisiennes en particulier.
   
   Un ouvrage qui n'est pour moi absolument pas indispensable dans la bibliographie d'Henry Miller même si l'écriture est agréable.
   
   
   Extraits :
   
   - Quand je repense à toute cette période où nous vivions ensemble, Clichy, j'ai le souvenir d'un petit séjour au paradis. Nous n'avions qu'un seul problème : la nourriture. Tous les autres maux étaient imaginaires.
   
   - Un bon repas, une bonne causerie, une bonne baise - quelle meilleure façon de passer la journée?
   
   - Enfin, mourir à son heure, nu et seul, sans culpabilité, sans regret, sans remords... Voilà ce à quoi je rêvais après une journée passée avec Nys dans la nature.
   
   - La nuit, Paris semble gigantesque. Vu du haut, les lumières adoucissent la cruauté sordide des rues.
   
   - Je triquais tant que j'aurai violé une nonne.
   
   - Titiller. Un mot que je n'avais pas employé depuis des lustres.
   
   - Ridicule, cette éternelle soif d'argent. De l'argent, encore de l'argent. Pas d'argent. Plein d'argent.
   
   - Je ne prêtais attention qu'à ses yeux couleur noisette extrêmement beaux. Ils me rappelaient quelqu'un, une femme dont j'avais été autrefois amoureux. Et sur le moment, impossible de me souvenir de qui.
   
   - Nous étions si gais en quittant la place qu'on nous aurait volontiers pris pour un couple en lune de miel...
   
   - Tandis que je m'approchais, elle me lança avec un sourire aguicheur : - Alors c'est vous qui écrivez ces livres terribles?
   
   - Elle avait le charme froid et séducteur typique des femmes du Nord, chez qui la pruderie le dispute sans cesse à la lascivité.
   

   Titre original : Quiets Days in Clichy. (1940/reécrite1956)

critique par Eireann Yvon




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