Lecture / Ecriture
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Cahier d’un retour au pays natal de Aimé Césaire

Aimé Césaire
  Ferrements et autres poèmes
  Cahier d’un retour au pays natal
  Le Discours sur le colonialisme

Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France[1], est un poète et homme politique français. Il a été l'un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu. (Wikipedia)

* Vous trouverez sur ce site la fiche de l'ouvrage que David Alliot lui a consacré:
"Aimé Césaire, Le nègre universel "

Cahier d’un retour au pays natal - Aimé Césaire

Un cri de douleur
Note :

   "Cahier d’un retour au pays natal" est un long poème, hurlant à la face du monde l’ignominie faite aux hommes et aux femmes noires, dans les Antilles bien sûr, mais aussi sur un plan général, aux Noirs originaires d’Afrique, quel que soit leur lieu de résidence.
   
   Vaste et forte protestation, il s’agît d’un formidable texte rédigé en vers libres, dans une langue admirable d’invention. Ce cahier recense tout le poids de la misère de l’homme humilié, maltraité, méprisé, châtié et trop souvent mis à mort. Il fait état des circonstances de la maltraitance dans le quotidien, par pure routine, sous le poids d’une habitude enracinée dans l’inconscient du colonisateur.
   
   Pour le lecteur actuel, il s’agit aujourd’hui d’un thème connu, d’une culpabilité admise dans les milieux éclairés, mais le choc provient de la beauté du texte, qu’André Breton, dans la belle préface qu’il rédigea en 1947, rapproche de la poésie de Lautréamont. Pour ma part, j’y vois aussi, dans la forme et dans la puissance, une résurgence de l’écriture du Rimbaud d’une Saison en enfer. La violence du ton, la puissance des images établissent une parenté lointaine entre les deux poètes.
   
   Aimé Césaire, ultérieurement, formalisa sa pensée sur l’ignominie de la traite des Noirs et de la colonisation dans son "Discours sur le colonialisme", mais dans le "Cahier d’un retour au pays natal", c’est le cri de douleur qui éclate à la face du monde.
   
   C’est un texte qu’il faut aborder directement, sans préparation, en se laissant transporter par son lyrisme, par sa révolte qui éclate à chaque page, et envahir par l’abomination d’un monde qui nie l’humanité d’une large part de ses habitants.

critique par Jean Prévost




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