Lecture / Ecriture
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Vongozero de Yana Vagner

Yana Vagner
  Vongozero
  Le lac

Yana Vagner est une journaliste et écrivaine russe née en 1973.

Vongozero - Yana Vagner

Courage, fuyons !
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   L’histoire d’une fuite, un vrai suspens même si le roman n’est pas sans défaut.
   
   Un virus qui décime une population cela semble bien à l’ordre du jour non? la fiction est bien proche de la vérité parfois.
   
   La Russie d’aujourd’hui, dans les environs de Moscou. Anna et Sergueï vivent une vie aisée avec Micha le fils d’Anna, Sergueï lui a un fils d’un premier mariage qui vit avec sa mère.
   
   Depuis quelques semaines un virus sème la mort, lorsque les premiers cas se déclarent cela ne fait réagir personne mais voilà une épidémie ne s’arrête pas comme cela et doucement mais sûrement cela s’étend, touche de plus en plus de personnes.
   
   Et brutalement c’est le chaos, quarantaine, moyens de communication en berne, routes fermées, pénuries en tous genres. Bref les ravages de la peur, la déliquescence de l’autorité, apparition de pillards, le règne de la violence est proche.
   
   Anna et Sergueï brutalement réveillés par Boris le père de Sergueï, réalisent que sous peu il s’agira d’un sauve qui peut, il est donc temps de rassembler tout le nécessaire, du carburant, des armes, des vivres et de fuir le plus loin possible des villes.
   
   Où? En Carélie vers le lac de Vongozero vers la frontière Finlandaise où ils ont une maison, je devrais dire un abri.
   
   Ce livre n’est pas parfait et on aurait aimé en savoir un peu plus sur le mystérieux virus, mais... j’ai bien aimé cette fuite, bientôt d’autres personnes vont s’agréger au groupe du départ, pour des raisons plus ou moins nobles, la vie va devoir s’organiser, il va falloir trouver du carburant, tracer une route point trop dangereuse.
   
   C’est Anna la narratrice et on alterne entre son récit de la fuite et ses réflexions personnelles, ses doutes, ses peurs. On sent bien à quel point tout devient danger même la plus simple des haltes.
   
   Je l’ai dit le roman manque peut être un peu de profondeur mais il est d’une vraie efficacité, le climat de fin du monde est assez bien rendu et l’angoisse est renforcée par la nuit, la neige, le froid.
   
   Yana Vagner parvient à faire ressentir cette angoisse au lecteur avec des mots simples, sans style particulier mais par une construction très efficace qui permet de découvrir petit à petit les motivations et les ressorts cachés de chaque personnages. Ce n’est pas un grand roman mais un récit plutôt réussi d’une fuite qui pourrait un jour ou l’autre concernée tout un chacun/
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critique par Dominique




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Délicieusement oppressant
Note :

   Moscou a été mise en quarantaine, la ville est fermée. C'est la nouvelle qu'apprend Anna et elle suit sur le web la moindre info car tout cela est plutôt angoissant. Elle est d'autant plus inquiète que sa mère habite Moscou et elle cherche comment elle pourrait faire pour aller la "libérer" et la sortir de cette enclave. Anna vit avec son mari Sergueï et son fils Micha dans une maison près de la capitale russe. Mais impossible, on ne les laisse pas rentrer et de toute façon, des barbelés ont été mis tout au long du périphérique intérieur pour empêcher quiconque de passer.
   
   Beaucoup d'habitants meurent et il y a fort à parier que les survivants vont essayer de quitter la ville, risquant par là même de contaminer le reste de la population, car un virus inconnu décime les individus. Anna et les siens décident donc de fuir... Ils partent avec Boris, le père de Sergueï, pour se rendre à Vongozero, trouver refuge dans une baraque de chasse sans électricité, basée sur une île. Mais ils n'ont pas trop le choix et l'avantage est que l'endroit est désert.
   
   Ils ne vont pas partir seuls. Viendront avec eux des voisins, un couple d'amis, l'ex femme de Sergueï et leur fils, un médecin. Le voyage est semé d'embûches -une des préoccupations premières étant de trouver de l'essence car leur moyen de transport est la voiture- et de rencontres menaçantes.
   
   On plonge immédiatement dans l'ambiance délicieusement oppressante de ce roman noir, à l'atmosphère inquiétante. Tout est source d'angoisses : les relations inter personnelles, la fuite, la peur d'attraper le virus, le froid.
   
   J'ai beaucoup aimé ce premier roman qui nous happe en raison d'une grande tension psychologique et la description de personnages complexes et attachants, en état de quasi panique. La romancière restitue formidablement l'atmosphère étouffante : on sent le froid, la peur, l'affolement, la précipitation, la difficulté à supporter autrui dans ce huis clos infernal. Une aventure effrayante dont Anna nous fait le récit, en nous livrant ses pensées les plus intimes.
   
   Thriller psychologique, récit post-apocalyptique, roman d'aventures, cette fiction a fait partie de la sélection "Policier" du prix Elle 2015, bien que ce ne soit pas un polar à proprement parler, mais ceci s'explique sans doute par l'extrême tension qui y est omniprésente. Pour ma part, j'ai été complètement captivée et j'ai trouvé le récit bluffant et superbement mené.
    ↓

critique par Éléonore W.




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Survivre !
Note :

   "Et pendant que tous ces êtres alentour préparaient leur dîner, regardaient le journal télévisé, coupaient du bois et attendaient la fin de cette lamentable histoire, certains que le dénouement était proche, ma réalité à moi - préparatifs à la hâte, coups de feu, chien abattu, récit de l'agonie de la ville - était déjà séparée de la leur par un écran infranchissable, je les voyais encore mais ne pouvais plus me joindre à eux, je passais simplement à côté de leur maison avec ma voiture, mon fils sur la banquette arrière, et je ne ressentais rien, hormis une insupportable solitude".
   

   Anna vit dans une belle maison de la banlieue moscovite avec son mari, Sergueï, et son fils Micha, lorsqu'un virus inconnu commence à décimer la population. Les évènements s'enchaînent rapidement et les nouvelles qui arrivent sont angoissantes. La quarantaine imposée à la ville ne sert plus à grand chose, les soldats chargés de la faire respecter sont eux-mêmes atteints à leur tour et ce sont les pillards qui pointent leur nez.
   
   Le père de Sergueï, Boris, incite le couple à partir avec lui vers un refuge de chasse qu'il possède sur une île, à la frontière finlandaise. Les bagages sont faits à la hâte, Sergueï réussit à récupérer son ex-femme, Irina et le petit garçon qu'ils ont eu ensemble. Se joignent à eux des voisins qui viennent de se faire agresser. La petite troupe hétéroclite se met en route avec trois véhicules pour un périple incertain et dangereux.
   
   Je commence par le point fort du roman, le côté addictif. Cette épidémie inconnue qui se propage à toute allure et contre laquelle il n'y a aucune parade est du domaine du possible ; l'auteure maintient la tension tout au long de son récit, on s'attend à chaque moment à un obstacle infranchissable, qu'il soit lié aux dures conditions météo où aux humains qui semblent retourner très vite à a sauvagerie, soucieux seulement de sauver leur peau, dussent-ils en tuer d'autres pour cela...
   
   Il ne faut pas s'attendre à une description de la Russie actuelle, l'histoire pourrait se dérouler n'importe où, j'y ai vu plutôt le problème de l'humain en général confronté à une épreuve insurmontable et à sa survie immédiate. Les villes et villages traversés sont cauchemardesques, le groupe espère atteindre des régions pas encore touchées, mais la maladie a fait plus vite qu'eux et c'est à chaque fois la même désolation et la même peur.
   
   Le point faible à mes yeux, c'est la narratrice Anna. Nous ne voyons la situation qu'à travers elle et elle est souvent geignarde, puérile et agaçante. Elle ne nous épargne pas ses tourments intérieurs, qui ne pèsent pas lourd au regard de la catastrophe en cours. Il y a un clivage hommes-femmes assez fort dans le groupe et il aurait été intéressant d'entendre les autres personnages s'exprimer.
   
   Malgré mes réserves, c'est une lecture qui m'a bien accrochée, tendue vers une seule question : arriveront-ils au terme de leur voyage ? Et après ?

critique par Aifelle




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