Lecture / Ecriture
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L'homme du verger de Amanda Coplin

Amanda Coplin
  L'homme du verger

L'homme du verger - Amanda Coplin

Saga
Note :

   C'est un beau premier roman pour cette auteure américaine, Amanda Coplin, à l'écriture envoûtante.
   
   Tout au long d'un récit très dense, elle nous interroge sur l'intime et sa compréhension, à travers des portraits d'hommes et de femmes saisissants et poignants.
   
   La famille et son héritage ainsi que ses liens et leur force nous bousculent tout au long des pages.
   Elle évoque un lieu, Wenatchee, la vallée des pommes, un endroit paumé dans l'ouest comme seule l'Amérique est capable d'en offrir. Un lieu pourtant magique, un verger décrit comme un endroit fantastique où un homme solitaire amoureux de ses pommiers vit au rythme des saisons et du travail à accomplir.
   
   Arrivé en 1857 sur cette terre, il avait alors 9 ans. Sa mère lui a transmis la peine et le silence, la disparition inexpliquée de sa jeune sœur a fait le reste.
   
   Quand arrivent de nulle part, deux jeunes gamines enceintes. Comme de petits animaux sauvages, elles occupent les lieux et les arbres et se cachent.
   
   Talmadge, le jardinier, va les apprivoiser et avec elles un vent nouveau souffle dans sa vie, comme une autre possibilité.
   
   Les deux sœurs seront rattrapées par le passé et les horreurs vécues.
   
   Il restera Angelene, l'orpheline, qui marchera dans les pas de Talmadge et fera tout pour continuer son travail et la transmission.
   
   Della, sera hantée à jamais par son vécu d'avant le verger, incapable de pardonner et d'oublier, elle vivra à en mourir.
   
   Un récit contemplatif très réussi, dans les paysages, la lumière, l'arrivée des chevaux, les saisons, le travail.
   
   La deuxième partie peut paraître un peu longue, par la description des aventures violentes de Della, mais on est conquis par le message de fatalité et de destin implacable qui bouleverse le texte.
   
   Ce que j'ai aimé, c'est cette magie du Grand Ouest Américain, une période qui n'existe plus.
   L'auteure a su saisir avec beaucoup de talent, ce moment où tout change : l'arrivée du train à Seattle, la production et la vente des fruits d'un façon plus commerciale, les mentalités en train de changer.
   
   Un bon moment de lecture, une belle découverte.
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critique par Marie de La page déchirée




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Western intimiste
Note :

    En route vers la côte pacifique disons au tout début du XXème siècle, vers la vallée de Wenatchee. Un homme calme, un homme bon et vivant en harmonie avec la nature, fait fructifier sa terre, il a planté un verger, il a greffé, soigné, irrigué et il peut être fier de son travail.
   
   Après la récolte il part à la ville où il espère rencontrer ses amis : Caroline Middey herboriste et sage-femme et Clee l’indien.
   "Les boisseaux de pommes et d’abricots enfouis dans les sacs, bruissaient au fond du chariot". Son étal installé il aperçoit "deux filles avec des mines de conspiratrices - en guenilles, le visage sale". Lorsqu’elles lui dérobent ses pommes il laisse faire mais les suit.
   "les pommes dégringolaient de leurs robes relevées et elles s’accroupissaient ou se penchaient maladroitement pour les ramasser. Cette maladresse était due, il le voyait bien à leurs ventres grotesquement distendus."

   
   Talmadge, lui qui ne s’est jamais occupé que de prunes, d’abricots ou de pommes, lui qui n’a jamais pu oublier la disparition d’Elsbeth sa sœur, qui vivait au rythme des rencontres amicales avec Caroline, va être propulsé dans un monde de violence et de douleur.
   
   Della et Jane, ses voleuses sauvages et farouches vont petit à petit s’approcher de sa maison, accepter la nourriture qu’il laisse à leur intention, pénétrer dans sa maison en son absence.
   
   Elles ont fui la violence, la servitude et la cabane que leur offre Talmadge va représenter un havre où poser leurs têtes. Quand un homme accepte d’être volé par plus démuni que lui ne soyez pas étonné que toute sa destinée en soit changée à jamais.
   "A l'été, lorsque les chevaux revinrent, Della était décidée : elle voulait apprendre à monter. Ce fut elle et non Talmadge qui demanda à Clee de bien vouloir l'initier".
   
   Et je m’arrête là pour vous permettre de découvrir Talmadge et son verger, pour découvrir un livre totalement ouvert sur les grands espaces.
   
   Indiens, chevaux sauvages, arrivée du chemin de fer ont répondu à mon envie d’aventure mais le côté intimiste imprimé par Amanda Coplin m’a comblée également.
   
   Qu’est-ce qui crée les liens entre les hommes, le sang ou... tout autre chose ? Peut-on reconstituer une famille par la seule volonté ?
   
   J’ai aimé passer du romantisme à un ton plus sombre, du lyrisme au côté désespéré de ces vies.
   
   Un très bon roman dont l’auteure a réellement grandi dans la vallée de Wenatchee et s’est inspirée de la vie de sa famille pour écrire cette histoire.

critique par Dominique




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