Lecture / Ecriture
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La Vallée seule de André Bucher

André Bucher
  Déneiger le ciel
  Le cabaret des oiseaux
  Fée d'hiver
  La Vallée seule

Écrivain-paysan, André Bucher est né en 1946. Après avoir exercé mille métiers (bûcheron, docker, berger), il s’installe en 1975, dans la Drôme, où il vit toujours. Il est un des pionniers de l’agriculture bio en France.

La Vallée seule - André Bucher

Un grand cerf, dans la forêt...
Note :

   Un sixième roman de l'auteur, mais pour moi une troisième lecture.
   
   Je vous ai présenté il y a quelques mois André Bucher et je vous ai dit tout le bien que je pensais de son précédent roman "Fée d’hiver". Avertie par l'éditeur de la parution prochaine d’un nouveau livre, je guettais.
   
   Dès les premières lignes je sais que je vais aimer ce livre, même s’il devance un peu l’appel en nous emportant dès maintenant dans un paysage de neige :
   
   "Dans toutes les régions montagneuses, la neige est auréolée d’un grand prestige. Elle décide du sort des récoltes, de la survie des arbres ainsi que de la santé des sources. Chaque année sur le point d’envahir le pays, elle consulte la rose des vents pour se souvenir du paysage qui s’endort sous elle et se réveillera à son départ"

   Nous retrouvons la montagne et la vallée chers au cœur d’André Bucher.
   
   Une multitude de personnages qui habitent le village où les pentes de la montagne, sont pris dans les mailles des saisons, certains vont mourir, d’autres connaitre des épreuves et enfin certains vont trouver la force de revivre.
   
   Les personnages sont tous des êtres hors normes, le couple de marionnettistes, le garde chasse qui est venu là oublier un passé douloureux, Martha et Ludovic encore tout environnés de la grâce de l’enfance. Ils sont tous un peu à part et ne peuvent qu’accepter le destin, que celui-ci soit tendre avec eux ou qu’il soit terrible.
   
   Mais le vrai personnage du roman c’est le cerf, un cerf majestueux qui tout au long du récit se cache, se protège, évite les hommes et déjoue leurs pièges.
   "ll avait assimilé comment se comporter avec ceux qui le chassaient. Il connaissait leurs habitudes, leur pas, leur odeur"
   

   Un récit qui prend parfois les accents d'une parabole dans une nature par qui tout se fait, grâce à elle ou contre elle.
   
   Roman mélancolique, doux-amer mais porté par l’écriture d’André Bucher qui lui donne une force qui fait fi du froid, du malheur, et dont la langue râpeuse est dédiée au Dieu Pan.

critique par Dominique




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