Lecture / Ecriture
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L’enfant des marges de Frank Pavloff

Frank Pavloff
  Matin brun
  Foulée noire
  L’enfant des marges

Franck Pavloff est un romancier français né à Nîmes en 1940.

L’enfant des marges - Frank Pavloff

Lost in Barcelone
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   Que faire lorsque l’on reçoit un appel à l’aide alors que l’on a choisi de renoncer, de se retirer loin du monde au fin fond des Cévennes un pays de pierres et de révoltes?
   
   Ioan a parcouru le monde, à l’affût derrière son objectif et puis un jour où la vie s’est faite vraiment trop dure, il a renoncé. Aujourd’hui il relève les murets de ce pays pour ne plus penser au mal intérieur qui le dévore, un peu pour se punir aussi.
   
   Quand sa belle-fille lance un SOS pour retrouver Valentin, Ioan part à la recherche de ce petit-fils dans une ville qu’il connait mais qu’il évite depuis bien des années pour ne pas être confronter à ses souvenirs.
   
   Un classique que ce type de récit, oui mais c’est sans compter sur le talent de Franck Pavloff. Il manie les souvenirs avec finesse, il dissèque les fibres des douleurs, il fait naitre sous sa plume des groupes qui ont choisi la protestation dans la ville de Gaudi, des jeunes et des moins jeunes, bien loin de la carte postale il nous introduit dans des quartiers marginaux, des squats, auprès des révoltés et des paumés.
   
   L’œil de photographe de Ioan restitue une ville où l’histoire franquiste n’est jamais bien loin. Petit à petit le héros va se réapproprier un passé occulté et se défaire de son ancienne peau comme une mue.
   
   J’ai aimé les personnages rencontrés, hommes et femmes qui vont l’aider dans son voyage de réconciliation.
   
   J’ai fait lire et j’ai offert tellement de fois "Matin Brun" que je ne pouvais qu’être tentée par ce roman.
   
   Il n’est pas exceptionnel mais c’est un roman optimiste, pétri d’idéal et cela fait du bien. Et puis un auteur qui vous enjoint pratiquement de mettre Nick Cave en fond sonore que voulez-vous je craque.
   
   Et puis ce fut l'occasion de faire connaissance avec une poétesse magnifique Maria Mercè Marçal
   
   "Je monterai la tristesse au grenier
   avec le parapluie cassé, la poupée borgne,
   le cahier périmé, la vieille tarlatane.
   Je descendrai les marches dans la robe de joie
   qu'auront tissée des araignées toquées.
   Il y aura de l'amour émietté au fond des poches."

    ↓

critique par Dominique




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Une belle surprise
Note :

   "Bon sang petit, accepte que quelqu'un ait besoin de toi. sors de ta prison des murets, comprends que tu peux aussi donner, ça épongera ta peine, c'est même le seul remède pour la soulager, gueule au lieu de quémander et tu deviendras plus libre qu'un prince".
   

   Ioan vit retiré dans une vieille maison des Cévennes. Il occupe ses journées à remonter des murets, pierre après pierre, le seul travail qui lui permet de ne pas penser à sa vie d'avant, celle de photographe de guerre et surtout à la disparition en mer de son fils Simon. Quand la solitude le déborde, il va voir son unique voisin, Justin, qui l'écoute patiemment.
   
   Il a rompu toute attache et est surpris par l'appel de sa belle-fille Laura, qui lui demande d'aller à la recherche de Valentin, son petit-fils de 17 ans, qui est parti à Barcelone et ne donne plus de nouvelles.
   
   D'abord réticent, il ne veut pas être dérangé dans son faux confort, il part brusquement direction l'Espagne, déterminé à ramener Valentin et à retourner aussi sec à sa vie de quasi-ermite.
   
   Evidemment, le voyage ne se passera pas tout-à-fait comme prévu. Replongé brutalement dans la vie des autres, Ioan sera bousculé, malmené et obligé de regarder en face ce qu'il fuit depuis longtemps. A Barcelone, la trace de Valentin le mène dans le milieu des Indignés, des contestataires, des squatteurs, de ceux qui résistent et qui ne désespèrent pas de changer de vie à défaut de changer le monde.
   
   Histoire d'une transmission ratée de père en fils sur plusieurs générations, j'ai aimé autant la vie austère de Ioan dans les Cévennes que son immersion dans une Barcelone agitée, bruyante et dominée par la Sagrada Familia et l'ombre de Gaudi. Le périple de Ioan lui fait rencontrer des individus originaux, plus ou moins bienveillants et des personnages féminins hauts en couleurs.
   
   Une première lecture de l'auteur et une belle surprise.

critique par Aifelle




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