Lecture / Ecriture
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Portrait d'après blessure de Hélène Gestern

Hélène Gestern
  Eux sur la photo
  La Part du feu
  Portrait d'après blessure
  L'odeur de la forêt

Hélène Gestern est une enseignante et écrivaine française née en 1971.

Portrait d'après blessure - Hélène Gestern

Adoré
Note :

   Rentrée littéraire 2014
   
   Je vais vous parler d'un livre qui me tient tellement à cœur que j'ai retardé le moment de concevoir la chronique. Parce que, lorsqu'un roman compte pour moi, je perds mes mots, j'ai peur de mal le défendre.
   
   Un homme, une femme, un acte terroriste, une photo volée, une intimité dévoilée et mal interprétée, des journalistes à l'affût, deux ruptures et une réparation.
   
   "Portrait d'après blessure" mérite et porte bien son titre. À l'heure de l'information en continu, où les âmes réagissent trop souvent dans l'urgence et suivant l'émotion plutôt que la sagesse, Hélène Gestern profite de son intrigue pour poser les bonnes questions : quid des corps mutilés, jetés en pâture au reste du monde, sans aucun égard à l'intégrité et au respect des victimes? Comment des journalistes, peu scrupuleux, peuvent inventer, interpréter des images sans qu'aucune loi ne les contraigne à une obligation de preuves? Ce livre bouscule, enrichit, réveille : jamais moralisateur, "Portrait d'après blessure" nous parle parce que les vecteurs de communication actuels que représentent Facebook, Tweeter et autres réseaux sociaux amplifient ou dénaturent les propos, les images, etc.
   
   Au-delà de ce couple fictif Héloïse-Olivier, doublement victime, (physiquement d'un attentat dans le métro parisien, psychologiquement en raison d'une longue lutte pour récupérer son droit à l'image), Portrait d'après blessure rappelle tous les scandales médiatiques qui rendent tout spectateur, sous couvert d'informations, pur voyeur d'une intimité mal/non négociée. C'est un livre important puisque que chacun de nous se souvient de victimes qui n'ont absolument pas demandé à être photographiées au moment de leur calvaire.
   
   On pense bien sûr à Kim Phuc, la fillette brûlée au napalm en 1972 ou à Omayra Sanchez, petite Colombienne ensevelie sous la boue, incapable d'être secourue par les autorités de son pays mais bien entourée par des reporters internationaux aux aguets pour narrer heure par heure sa longue descente aux enfers. Le cliché concernant Kim, mondialement connu, fut une preuve physique de l'action américaine pendant la guerre contre le Vietnam. Considéré comme photographiquement parfait et narrativement percutant, il dévoile l'intimité d'enfants choqués par l'attaque chimique américaine dont ils sont les premières et principales victimes et dont ils fuient les retombées, de jeunes êtres humains qui, à mon avis, n'ont pas donné leur autorisation à être présentés ainsi nus à la vue du monde entier.
   
   Si le journaliste ne doit en aucun cas taire les massacres dont il est le témoin, il se doit d'informer avec éthique. Il est de notre devoir, en tant que spectateurs et lecteurs, de ne pas accepter la violence gratuite, induite sous couvert d'enseignement, mais toujours liée au sensationnel-poubelle.
   
   Trop souvent, dans les journaux télévisés, on ne prévient plus de la violence de certaines images (ces rappels à l'ordre arrivent de temps en temps mais pas suffisamment à mon goût). Il y a quelques années, lors d'un reportage sur des élections africaines, on voyait un milicien toucher du pied un corps retourné : déjà à l'époque, assez choquée, je m'étais posé la question de l'intérêt de cette image (par rapport au sujet), du manque de respect du décédé (assimilé à un cadavre animal par son ennemi), tout cela filmé pour une chaine nationale française.
   
   Ainsi, la clairvoyance se partage... entre diffuseurs et récepteurs!
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critique par Philisine Cave




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Détesté
Note :

    Olivier et Héloïse voient leur vie respective bouleversée, le 19 septembre, quand une bombe explose dans le métro.
    Ils sont collègues et amis, et déjeunent ensemble régulièrement.
    Cet accident dramatique, dans lequel, ils ont frôlé la mort, remettra en cause leur relation de couple et de travail.
   
    Une photo d'Olivier secourant Héloïse, prise par un paparazzo, et diffusée sur tous les réseaux d'information les obligera à porter plainte contre le journal à scandales pour sauvegarder leur vie privée.
   
    Le roman interroge sur le poids de ces photos volées, de ces images choquantes et du droit à l'information à tout prix, surtout celle d'une certaine presse.
    Elle positionne le lecteur en victime d'une telle infamie.
   
    Après un début aussi confus et assommant que la bombe dans le métro, je n'ai pas accroché, voilà.
    Les photos qui me gênent, je ne les regarde pas.
    L'actualité me plaît quand elle est fouillée et travaillée.
    Ce roman m'a profondément ennuyée. Dommage.
   
    J'avais apprécié de l'auteur "Eux sur la photo".

critique par Marie de La page déchirée




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