Lecture / Ecriture
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Le mufle de la bête de Carter Brown

Carter Brown
  Le mufle de la bête
  Envoyez la soudure !
  Cash-sex

Carter Brown est le nom de plume d'Alan Geoffrey Yates, auteur australien de romans policiers, né en 1923 et décédé en 1985.

Le mufle de la bête - Carter Brown

Cycle Larry Baker
Note :

   De temps en temps j'aime me souvenir que j'ai été un adolescent (d'accord il y a longtemps et c'est difficilement croyable) gavé de lectures pour le moins légères! On dirait maintenant de la littérature de gare, pour moi c'était le métro!
   
   Je n'étais pas spécialement regardant ; cela allait de San-Antonio à SAS (mais oui!) et de OSS117 à Carter Brown.
   
   J'aimais bien Carter Brown, ce n'était pas spécialement malin, c'était écrit avec du papier carbone et avait presque toujours la même trame, mais pour les transports en commun c'était le pied. Et à l'époque je commençais ma carrière dans la chaussure!
   
   Baker et Slivka (Larry et Boris de leur petit nom) respectivement scénariste et producteur semblent enfin avoir gagné le gros lot! Tourner un film pour le cinéma! Enfin la gloire! Sauf que pour cela il faut satisfaire une exigence des studios, que le principal rôle féminin soit tenu par Trudi Lambert. Or cette dernière refuse toutes les propositions qui lui sont faites. Mieux elle ne veut plus quitter l'île sur la Tamise où elle s'est retirée, persuadée qu'elle périra dès qu'elle quittera son refuge nautique.
   
   Nos deux gaillards partent donc pour l'Angleterre pour tenter de convaincre la belle. Ils sont accompagnés (pour le pire pense Boris) de Amantha Hardy (ne supportant plus d'avoir Sam comme diminutif, elle a retiré le S de son prénom).
   
   Et vogue la galère pour Larry qui manque de se noyer ; il est sauvagement frappé le soir au fond d'un bois entre autres désagréments.
   
   Et en plus de tout cela, la star est une adepte des sciences occultes (ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit). Donc ils se font passer pour des "parapsychologues"... plus dures seront les chutes, pas toutes de reins... Des choses bizarres traînent à la nuit tombée! Et pas que des choses bizarres... des messes noires en culte de Satan, les nuits sont agitées. Et pourtant il y a déjà eu des morts violentes dans cet endroit!
   
   Après moult péripéties, de nombreux verres et quelques parties de jambes en l'air (moins nombreuses que les verres) avec différentes partenaires plus sublimes les unes que les autres, Larry et Boris rempliront-ils leur délicate mission... faire traverser la Tamise puis l'Atlantique à une actrice qui ne veut pas se mouiller?
   
   Pour le savoir, soit vous achetez le livre, soit vous tentez de me soudoyer, au choix! Je pense que l’achat du livre (s'il est encore trouvable) vous coûtera moins cher.
   
   Larry Baker tient ici le rôle de héros, de séducteur mais en contrepartie de punching-ball. Être le principal personnage d'un roman de Carter Brown offre de nombreux avantages mais pas mal d'inconvénients.
   
   Boris Slivka boit des coups, compte les coups et déteste Amantha Hardy, qui, elle, fait partie d'une kyrielle de belles îliennes, pas toutes exotiques d'ailleurs. Quelques autres personnages secondaires et masculins sont là pour compléter le tableau!
   
   J'ai eu en définitive ce que je cherchais en achetant quelques vieux romans de cet auteur chez un bouquiniste très sympathique sur le port du Dahouët.
   Pas mal d'humour, un brin potache, une intrigue tirée par les cheveux, c'était, je pense, dans l'air du temps. C'est marrant cela ne mène pas très loin mais cela permet de passer un bon moment et c'est mieux écrit que je ne le pensais. Par contre l'effet rajeunissement n'aura pas duré plus longtemps que la rapide lecture de ce roman.
   
   Il y a toujours de grands moments, les descriptions très imagées des créatures de rêves que l'on croise au fil des pages. Je vais vous en donner quelques exemples ci-dessous.
   Le titre original est comme souvent plus explicite :True son of the Beast!(1970)
   
   
   Extraits :

   
   - (Sa bouille d'épagneul mélancolique se fend soudain en un sourire inattendu.)
   
   - Elle porte une robe de soie verte au décolleté vertigineux qui plonge entre ses seins hauts et fermes, et dont la jupe plissée en corolle s'arrête à peu près à la hauteur de ses cuisses joliment galbées.
   
   - Je parie que vous êtes le genre de fille qui remonte la sonnerie de son réveil avant de commencer à faire l'amour, je grogne.
   
   - Et le perdant... (Il prend brusquement un air enjoué.) C'est celui qui tuera Miss Hardy en
   l' étranglant lentement de ses mains nues!
   
   - Ce qu'il y a de plus palpitant en fait de distraction, c'est de guetter le chant du coucou au début de l'été!
   
   - Son pyjama-bikini violet comporte un soutien-gorge constitué par deux timbres-poste retenus par des bretelles ultra minces, et la culotte est si exiguë qu'on se demande pourquoi elle la porte.
   
   - Son derrière ainsi dévoilé est une sphère parfaitement harmonieuse, et si j'avais le temps j'écrirai un sonnet à sa gloire.
   

critique par Eireann Yvon




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