Lecture / Ecriture
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La musique du diable de Walter Mosley

Walter Mosley
  La musique du diable

La musique du diable - Walter Mosley

Le blues de la ségrégation
Note :

   “La musique du diable”, c’est celle du blues, celle de la détresse, de la pauvreté, de la misère inventée par les Noirs d’Amérique. C’est la musique pour survivre aux travaux du coton épuisants, pour donner du sens à une vie courte car, souvent, l’on mourait d’un mauvais coup ou tout simplement, épuisé, emporté par la moindre maladie.
   
   Un vieil homme vient de se faire expulser de son misérable taudis. Il est noir, malade, abandonné de tous et a pour seul bagage une guitare douze cordes dans son étui.
   
   Une jeune voisine blanche, délurée, maltraitée elle aussi par la vie va le recueillir. En prenant tous les risques, jouant de culot et d’intimidation, elle va réussir à faire admettre le vieil homme à l’hôpital pour traiter son cancer.
   
   En période de rémission et alors qu’il sait qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, le vieil homme entreprend de conter ses belles années aux côtés de certains monstres du blues, dans le Sud encore esclavagiste en esprit. Pour témoigner en musique, il reprend sa douze cordes et va donner dans un bar interlope fréquenté par des joueurs de dés, une série de représentations où la quintessence de son art va s’exprimer, une dernière fois, avant de sortir définitivement d’une vie qui connut plus de chagrins que de joies.
   
   L’auteur rend de façon particulièrement efficace la condition des Noirs des Etats du Sud au début du XXe siècle. Une vie où alcool et blues permettaient de s’abrutir et d’oublier une condition d’exploités.
   
   Pour autant, le roman manque de souffle. Il eût fallu une écriture endiablée, rythmée, forte pour soutenir un pareil thème. Rien de tout cela. Comme, en outre, l’intrigue est parfois un peu compliquée du fait de la juxtaposition des temps anciens et du monde présent, on se prend à compter les pages en vue d’arriver à la fin.
   
   Bien dommage, car cela aurait mérité meilleur traitement.

critique par Cetalir




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