Lecture / Ecriture
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Une année à la campagne de Sue  Hubbell

Sue  Hubbell
  Une année à la campagne

Une année à la campagne - Sue  Hubbell

Une bouffée d’air frais
Note :

   J’ai eu envie de relire ce livre pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’après plus ou moins trois ans d’hibernation (ma licence en lettres m’ayant réellement accaparée), j’ai repris mon activité de bénévole au sein d’une association de protection de la nature. J’en ai profité pour changer de blog et m’engager dans une voie plus militante. Je ne désire pas pour autant plomber le moral de tous mes visiteurs en chroniquant des livres au ton souvent noir, j’aimerais aussi montrer le positif qui découle d’un changement de comportement ou de vie. L’ouvrage de Sue Hubbell (née en 1935) ne peut qu’inspirer et donner des idées au moment où un certain nombre de citoyens partout dans le monde essaie de réinventer un modèle de société plus sobre, solidaire et respectueux de la nature et des autres êtres vivants. Lire Sue Hubbell est comme respirer une bouffée d’air frais, ça donne des ailes!
   
   La préface, délicieuse, est signée par Le Clézio (c’est lui qui avait écrit celle de l’Almanach du comté des sables d’Aldo Leopold).
   
   A la fin du livre, ma première réflexion fut : qu’est-ce que j’aimerai la rencontrer! Sue Hubbell a eu un parcours comme je les aime, imaginez un peu, à la fois biologiste et bibliothécaire!!
   
   Un beau jour, elle décide d’aller vivre à la campagne, dans le sud du Missouri, plus précisément dans les monts Ozark. Bien que parfaitement ignorante en matière d’élevage ou d’agriculture, Sue se lance avec un bel enthousiasme dans le métier d’apicultrice. Contre toute attente, elle réussit dans ce domaine, sans doute car elle est une femme à l’intelligence vive, toujours en éveil, grande observatrice, douée de patience et surtout sans cesse émerveillée par la nature qui l’entoure. Ses réflexions et observations témoignent de son intérêt et de son amour pour toutes les autres créatures vivantes, même celles parmi les moins aimées de ses contemporains : les serpents et cafards, les araignées et les coyotes…
   "Un autre événement important a eu lieu, que je dois au semi-abandon dans lequel je laisse mon domaine. Un soir, vers la fin de l’automne, j’étais allée dîner chez des amis et je rentrais tard. Lorsque j’arrêtais la voiture devant la grange, la nuit fourmillait d’yeux (…) J’éteignis les phares, descendis sans bruit de la camionnette. Je me trouvais au milieu d'un troupeau de cerfs. C’était une nuit sans lune mais à la lueur des étoiles, leur silhouette se détachait assez clairement et, n’étant plus aveuglés par les phares, ils se détendirent et se remirent à brouter l’herbe et le trèfle encore verdoyants qui avaient poussé autour de la grange et en-dessous".

   
   Je craignais de m’ennuyer un peu en lisant les passages consacrés aux abeilles, il n’en fut rien. Sue Hubbell a un talent remarquable de conteuse, qui sait donner de l’importance à de menus faits ou à des observations scientifiques. Il émane une paix certaine de ses constatations qui permet au lecteur de se couler dans son mode de vie. Travailler en accord avec sa terre, regarder passer les saisons, nourrir ses réflexions, s’accommoder des petits tracas de l’existence, tirer les leçons de diverses expériences…
   
   Elle savait parfaitement se débrouiller en de nombreux domaines, la menuiserie, bricoler un poulailler, scier un arbre et même réparer une voiture et un tracteur. Qui a dit que les intellectuels ne savent rien faire de leurs dix doigts?
   
   J’ai autant adoré lé récit de cette formidable expérience que le ton et le style de l’auteur.
   
   "Nous sommes donc là sous les chênes dans l’aube naissante – les parasites, les papillons de nuit, les chauve-souris, les moustiques et moi. Nous formons un ensemble harmonieux qui en vaut bien un autre et qui me convient parfaitement pour boire mon café et regarder le jour se lever."
   

   Un récit nostalgique et empreint d’espoir car il me semble qu’une telle vie simple est à la porté de tous, à la condition de se montrer tolérant, humble et ouvert d’esprit, envers toutes les autres créatures qui nous côtoient. Un immense coup de cœur, pour le livre et pour cette femme écrivain.

critique par Folfaerie




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