Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Noires blessures de Louis-Philippe Dalembert

Louis-Philippe Dalembert
  L'Autre face de la mer
  Noires blessures
  Avant que les ombres s'effacent

Louis-Philippe Dalembert est un écrivain d'expression française et créole né à Port-au-Prince, Haïti, en 1962.

Noires blessures - Louis-Philippe Dalembert

Désespoir pour horizon
Note :

   "Mamad est ligoté à la chaise, les bras solidement retenus derrière le dossier. Une corde de nylon de la grosseur d’un doigt d’adulte serpente autour de son corps, des épaules aux chevilles, glisse entre les barreaux et vient garrotter ses poignets. D’étranges tatouages couvrent son buste nu. Des stigmates, en fait, résultant de ses efforts pour se libérer..."
   

   Ça commence fort, non? Pas trop bien parti, le Mamad au début du roman! Début qui est la fin plutôt, la surprise au cours du roman résidant dans le fait de savoir comment Mamad en est réduit à cette situation.
   
   Car c’est qu’il est prometteur Mamad White, tout jeune, benjamin d’une famille très nombreuse qu’il est. Il est le seul à réussir un tant soit peu à l’école, si bien que rapidement, beaucoup – trop – d’espoirs sont placés sur ses frêles épaules : il devra réussir pour sortir sa famille du marasme dans lequel elle végète, comme l’essentiel du peuple de ce pays d’Afrique insitué (mais là on ne prend pas beaucoup de risques avec l’Afrique, la misère générale y est assez... populaire). Il devra réussir et beaucoup, en terme quantitatif, est investi sur lui. Echec. En fait, Mamad qui ne réussit que par une phénoménale mémoire se trouve par elle trahi le jour du concours.
   
   Qu’à cela ne tienne, seconde chance, second investissement, on rassemble pour lui les fonds nécessaires pour lui permettre de gagner le pays de Cocagne : l’Europe. Second échec. Terrible.
   Et puis Mamad finit par trouver un job alimentaire, pas tout à fait glorieux, mais néanmoins hors de la norme et lui permettant d’entretenir sa famille (le but initial tout de même) : boy d’un Français expatrié travaillant sur place pour une ONG animalière. Et c’est là que rentre en scène Laurent Kala, celui pour qui il travaille.
   
   C’est la relation entre ces deux-là qui va constituer la chair du roman. Mais une chair avariée, partant d’un principe dévoyé qu’il ne faudrait pas étendre à l’ensemble des relations expatriés – locaux en Afrique. C’est que notre Laurent Kala, eh bien..., il a un grain! Il n’est plus tout à fait lui-même...
   
   C’est là où je mettrais un bémol au roman. Il nous entraine sur une pente désespérante et sans issue, mais à partir de personnalités (au moins celle de Laurent) marginales.
   Un gros hic quand même.

critique par Tistou




* * *