Lecture / Ecriture
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La femme de Parihaka de Witi Ihimaera

Witi Ihimaera
  La femme de Parihaka

La femme de Parihaka - Witi Ihimaera

Résistance
Note :

   Auteur Maori, mais de langue anglaise, Witi Ihimaera a été découvert en France grâce à plusieurs traductions, en particulier celle de "Bulibasha, roi des Gitans".
   Il est l'auteur d'une œuvre variée et conséquente, échelonnée sur plus de trente ans.
   
   Je reconnais bien volontiers que mes connaissances en histoire de la Nouvelle-Zélande sont pour le moins embryonnaires. Alors à travers cette saga historique, j'espère combler quelques lacunes.
   Un homme qui ne se veut pas historien traduit en anglais un manuscrit écrit en langue maorie par une femme Erenora. Celle-ci raconte sa vie et le combat qu'elle et les siens ont mené contre les colons britanniques. En 1859, les colons toujours plus nombreux veulent bien sûr plus de terres. Un achat "Les 600 acres du domaine Waitara" mit le feu aux poudres.
   
   Erenora raconte sa vie, son mariage, l'amour de sa terre et de sa culture et la lutte de son peuple face à la spoliation des terres indigènes pas les "Pakeha" (Néo-zélandais d'origine européenne). La lutte est souvent inégale et les atrocités de l'armée nombreuses, certains guerriers maoris sont enterrés vivants. Des combats se déroulent également dans le sud de l'île, Horitana, jeune homme recueilli par la tribu, part combattre. La lutte sera longue et meurtrière.
   Des années plus tard quand il revient, il devient l'époux d'Erenora.
   
   Mais les colons britanniques et australiens veulent encore plus de terres, la guerre reprend, les exactions et cruautés des colons se multiplient. Parihaka, du fait de sa concentration de population maorie, devient bien vite une menace qu'il fait mater pour le gouverneur de l'île. L'arrogance de certains riches propriétaires jette de l'huile sur le feu, protégés qu'ils sont par des milices privées.
   
   Horitana, ainsi que d'autres hommes, sont faits prisonniers et déportés d'abord à Wellington, puis dans les îles du sud. Mais ses déboires ne s’arrêtent pas là. Son visage est emprisonné dans un masque de fer, effroyable vengeance d'un homme défiguré par ses soins. Le supplice est diabolique.
   Erenora, lasse d'attendre, décide de partir à la recherche de son époux, elle sacrifie ses cheveux et s'habille en homme, ses deux sœurs se joignent à elle et l'aventure de tous les dangers peut commencer.
   
   De nombreux personnages peuplent ce roman.
   Les autochtones, premiers habitants de l’île qui, et cela se comprend, ne voient guère d'un bon œil l'arrivée massive des Européens. Leurs mœurs et leurs langues sont progressivement évincées et leurs terres confisquées. Les colons et les administrateurs à leur solde font les lois pour leurs seuls profits.
   Comme partout la résistance est forte, elle a principalement ici les traits d'une femme intraitable Erenora, figure de proue d'un combat pour la justice. Un grand personnage féminin alliant courage et sagesse.
   Une aventure humaine ainsi que l'histoire d'un pays. L’éternelle histoire de la colonisation d'une terre et les tentatives d’anéantissement des habitants par les armes, la corruption ou l'alcool!
   
   J'ai personnellement trouvé cette lecture ardue à cause de la multiplication dans le texte de mots maoris.
   
   
   Extraits :
   
   - "Nous défendrons nos terres par la résistance passive", affirma-t-il.
   
   - Les douze tribus d'Israël se trouvent parmi vous. Vous êtes les grands parmi les peuples! Vous êtes aussi immuables qu'un lourd rocher.
   
   - Remettez-vous à l'histoire britannique pour que vos étudiants puissent entrer à l'université.
   
   - C'est le problème avec l'Histoire. On croit qu'il n'y a qu'une version, mais la plupart du temps, il en existe trois, quatre ou plus, emmêlées ou nouées comme les brins d'une corde. Mais les Maoris ont toujours su cela.
   
   - Un seul regard sur ce visage, aveuglant à la lumière, suffisait à vous terrasser face à la nature abjecte d'une telle punition et à la douleur atroce du prisonnier.
   Ils le nommèrent l'homme au visage d'argent.
   
   - Le prophète nous demanda de rester calme. Il nous dit que la meilleure façon de nous défendre était de ne pas prendre les armes.
   
   - Coulez, larmes amères, coulez. Pleurez pour l'âme du peuple maori, pleurez.
   
   - Les trois sœurs n'étaient jamais sorties du Taranaki. Pouvez-vous imaginer le courage qu'il leur fallut pour faire ce long voyage à pied?
   
   - Peut-être ces chiffres vous donneront quelques indications, ils proviennent du recensement de 1881 que j'ai déjà cité précédemment. Regardez cette statistique : sur une population totale de 53 801 habitants en Nouvelle-Zélande, il y avait 44 099 maoris.
   

   Titre original : Parihaka Woman (2011)

critique par Eireann Yvon




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