Lecture / Ecriture
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Le gala des emplumés de San-Antonio

San-Antonio
  La rate au court-bouillon
  San-Antonio chez les Macs
  Les doigts dans le nez (San-Antonio)
  J’ai bien l’honneur de vous buter
  Le gala des emplumés
  Vas-y Béru !

San-Antonio est le pseudonyme sous lequel Frédéric Dard a publié sa série de romans policiers mettant en scène le commissaire du même nom.

Le gala des emplumés - San-Antonio

Puck Story !
Note :

   Parfois quand j'ai une overdose de lectures "sérieuses", un petit détour vers des choses plus frivoles fait le plus grand bien. Je ne suis pas très sûr d'avoir lu ce titre à l'époque où le fameux commissaire sus-nommé occupait une place de choix dans les livres figurant sur ma table de nuit (ou de chevet, rayez la mention qui ne vous convient pas!)
   
   Au cours d'un raout tout ce qu'il y a d'officiel pour fêter les trente ans de carrière du chef (dit le Vieux ou le Tondu), l'ambiance est à la joie, même Béru se sent obligé d'y aller de son petit discours pas très académique. Mais les bonnes choses ont une fin, le devoir reprend ses droits. San A. se voit confier une mission pour le moins surprenante. Séduire et amener dans son lit (ou lui, aller dans le sien) une dame dont on lui montre la photo! Y figure (et le reste aussi) une belle femme blonde tirant sur le bon côté des quarante cinq ans. J'ouvre ici une parenthèse pour signaler qu'il y avait à l'époque une inflation galopante sur l'âge des dames!
   En effet page 22 (voilà S.A.), la photo a dix ans! Sur la quatrième de couverture le texte dit "La photo datait de vingt ans".
   
   Mais contre fortune bon cœur, notre brave héros n'écoutant que son devoir va user de son charme!
   Cette dame au demeurant charmante habite un village au demeurant charmant lui aussi répondant au charmant nom de Moisson. S.A., vaillant moissonneur ou défricheur, use d'un stratagème vieux comme le monde. Mettre la voiture de la personne concernée hors d'état de rouler avec le secret espoir de lui rouler un patin qui ne soit pas un frein à leur idylle! Car il espère, notre bon S.A., plus si affinités. Et là manque évident de modestie, il prévient son chef que sa mission est accomplie!
   Et pas de chance ce pieux mensonge sans passage au pieu va entraîner tous les personnages dans des aventures rocambolesques, picaresques, San Antoniesque, pleines de rebondissements plus désopilants (et dépoilants, du verbe se mettre à poil pour certaines dames de passage)...
   
   En résumé, une rombière d'un âge indéterminé, un professeur mort avec son épouse dans l’explosion de leur laboratoire, des espions à la recherche de qui ou de quoi, mais déterminés, quelques jeunes femmes d'âge indéterminé, mais nettement plus consommables que la dame mentionnée plus haut.
   
   Sinon Béru égal à lui même, par contre Pinaud a des problème de mémoire ce qui lui occasionne certains déboires!
   
   Un bon cru, pas un millésimé, mais gouleyant à souhait. L'auteur a fait nettement mieux mais aussi bien pire.
   
   Bref le genre récréation pour un jour de crachin breton aux pieds de la chapelle du Petit-Saint-Loup pour tenter de purifier mon âme corrompue par des lectures immorales et impies!
   
   Après mures et intenses réflexions, il me semble que je n'avais pas lu ces aventures de San Antonio dans ma prime et hélas lointaine jeunesse!
   
   
   Extraits :
   
   - Le ministre fait des promesses. On trinque. Champagne comme s'il en pleuvait.
   
   - Une grosse fille bouffie encaustique les chaises en chantant une chanson de Mlle Hardy avec la voix de Laurel.
   
   - Elles cannent après nous, d'accord, mais elles ressemblent à des morilles. Nous, les matous, pour peu qu'on travaille un peu nos deltoïdes et qu'on n'oublie pas le pamplemousse du matin, on fait illusion jusqu'au bout. Chez certains, notez bien, la détresse vient de l'entresol, because il n'y a plus de répondant.
   
   - Sans en faire ses beaux dimanches, on peut tout au moins en faire ses vilains mardis.
   
   - C'est intéressant, tout ça, vous ne trouvez pas, les gars? Ce n'est pas de la littérature anémiée que je vous distille! Il se passe des trucs dans mes bouquins.
   
   - Elle est contente. Y' a sa respiration qui fait l'amour. Dans les ouvrages de la Marquise de Vasymou de la Bagouze on dirait qu'elle a un début de pâmoison.
   
   - Moi vous me connaissez : toujours le cœur sur la main et la main où il ne faut pas.
   

critique par Eireann Yvon




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