Lecture / Ecriture
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À mort l'arbitre ! de Alfred Draper

Alfred Draper
  À mort l'arbitre !

À mort l'arbitre ! - Alfred Draper

Après les chiottes, le cercueil!
Note :

   Titre original : The Death Penalty (1972).
   
   Il y a plusieurs années que je recherche ce livre datant de 1972 que j'ai déjà lu, mais que je n'arrivais pas à retrouver! C'est fait depuis très peu de temps!
   
   De ce roman Jean-Pierre Mocky s'est inspiré pour un film portant le même nom, avec entre autres Eddy Mitchell, Michel Serrault et Carole Laure.
   
   Le football et ses dérives, pas du côté joueurs, à l'époque, ils n'étaient pas si grassement rétribués et avaient encore un certain amour du club et du maillot. Mais entrons dans les tribunes parmi les hordes de supporters souvent avinés. Que la mise à mort commence!
   
   Ben Clegg semble être un jeune ordinaire, un boulot pas très valorisant mais qui paye relativement bien ; il est plein de toupet et d'aplomb. Il vit chez ses parents, a "Une chose" nommée Jeannie et assume les fonctions de chef d'une bande de supporters du club des "Rovers". Et pour être supporter il l'est, même un peu hors des limites du fair play, relativement souvent. La castagne ne le dérange pas et imposer la force du groupe lui semble tout naturel. Insultes, chants et gestes obscènes font partie du football! Et l'arbitre est obligatoirement le responsable en cas de défaite. Or celui-ci, Barry Hudson, en sifflant un penalty en fin de match pour Barnham United a provoqué la défaite et l’élimination des Rovers! L'après match fut chaud, mais avec l'aide de la police, l'arbitre put éviter le traquenard! Ben et ses acolytes jurent de se venger. Surtout que le lendemain il s'avère que l'arbitre s'est trompé et qu'il n'y avait pas penalty! Une expédition punitive est organisée, y participent, Ben, Jeannie et Caleb, contraint et forcé s'il veut garder sa place parmi le groupe...
   Ce qui n'était au départ qu'une leçon soit un peu rude, se termine par la mort de Barry!
   L’enquête débute alors! Les coupables sont vite trouvés et un autre match commence! Il se terminera au tribunal durant le procès.
   
   Barry Hudson a une vie agréable, un famille unie avec Nan, son épouse et ses trois enfants. Après avoir beaucoup travaillé, il est devenu un arbitre respecté montant progressivement dans la hiérarchie. Il se fait une joie d'arbitrer un match de coupe entre deux équipes adeptes d'un certain beau jeu. Sauf que parmi la foule, certains pseudos supporters lui en voudront à mort, jusqu’à passer à l'acte.
   
   Ben Clegg est l’archétype du supporter anglais stupide, enfin pas bien malin, qui n'a même pas l'excuse de l'enfance malheureuse, ni de la misère ; aucune raison d'en vouloir au monde entier. Rien si ce n'est une version tronquée de la vie, du football et de la société. Tout cela est réduit à la dimension de jeux du cirque et est pour certains esprits un peu manipulateurs un défouloir noyé dans un anonymat protecteur. Seul Caleb, antillais, ne trouvant pas sa place dans la société britannique peut à l’extrême limite avoir quelques excuses. Dans la bande sa couleur de peau passe inaperçue et les quelques blagues racistes de Ben lui semblent presque des marques d'affection.
   
   Un excellent roman qui nous rappelle malheureusement, et bien avant les joueurs, que le comportement de certains "hooligans" a aussi été préjudiciable à la réputation de ce sport le plus pratiqué dans le monde. Cette époque marqua le début d'années troubles pour le football en Angleterre. Le monde de ces jeunes anglais ici, est très bien décrit, personnages que l'on retrouvera quelques années plus tard (et en pire) dans le fameux "Football Factory" de John King.
   
   
   Extraits :
   
   - Maintenant, il était aussi grand qu'un soldat de la garde et il est deux fois plus affreux.
   
   - Il était chaussé de grosses bottes rouges cerise, aux semelles aussi épaisses que des pneus de poids-lourds ; le bout de l'empeigne était renforcé par des garnitures en plastique dur comme du fer.
   
   - Husdon incarnait le meilleur du football. Passionné, mais pas fanatique, il était à cheval sur le règlement, en admiration devant la volonté de gagner, mais pas à n'importe quel prix. La victoire devait toujours céder le pas à la sportivité.
   
   - À présent, la vie était belle pour Hudson.
   
   - Ben en tête, il n'arrêtait pas de chanter ou de scander en chœur : "nous sommes les plus forts", des chansons de l'I.R.A. ou des noirs américains.
   
   - Il ne resta plus que la silhouette solitaire du gardien de but qui se tenait comme un chat prêt à bondir sur sa proie, pour sauter dès l'instant où le coup de pied partirait. Cependant, le ballon atteignit le fond du filet avant qu'il ait bougé. Le stade entra en ébullition.
   
   - J'ai quand même l'impression qu'ils cherchent la bagarre. Voilà pourquoi je prends ces précautions.
   
   - De lourdes bottes frappèrent la carrosserie, des volées de coups retentirent, en crescendo, sur le toit et sur le capot, tandis que divers objets heurtaient les vitres et que la voiture se mettait à tanguer sur ses ressorts, sous la poussée des jeunes qui voulaient la faire basculer.
   
   - Porter se rappela tristement le vieil adage selon lequel on se fait vieux quand les autres flics ont l'air jeune.

critique par Eireann Yvon




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