Lecture / Ecriture
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La traductrice de Efim Etkind

Efim Etkind
  La traductrice

La traductrice - Efim Etkind

Un tout petit livre
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   "Ce tout petit livre nous conte, de façon vivante et concrète, l'étonnante histoire vraie d'une traductrice russe passionnée de poésie anglaise qui, arrêtée pendant la guerre de 40, traduisit le Don Juan de Byron (17 000 vers) dans une cellule du NKVD pendant deux ans. Le destin de Tatiana Gnéditch, par ailleurs descendante du traducteur de L'Ilyade en russe, illustre à merveille la place de la poésie dans la résistance intérieure aux dictatures : Tatiana Gnéditch a survécu à la prison et au camp grâce au poème de Byron.
   Et sa passion pour la littérature est devenue le catalyseur des aspirations à la liberté et à la beauté de ceux qui, plus tard, ont lu les 100 000 exemplaires de sa traduction."
   

   
   Un récit très court mais dont on regrette presque la concision tant cette étonnante histoire nous bouleverse.
   
   On assiste à la représentation de Don Juan de Byron et à la fin de la pièce le public debout réclame l’auteur. Une femme gênée, voûtée, est montée sur scène et là s’est écroulée. Cette femme c’est Tatiana Grigorievna Gnéditch.
   
   Elle est une intellectuelle issue d’une famille d’aristocrates ce qui en Union Soviétique était déjà comme une épée de Damoclès. Tatiana Gnéditch est passionnée de littérature anglaise et attirée en particulier par Byron. Elle a de qui tenir, un de ses ancêtres fut le traducteur de l’Iliade, traduction jamais dépassée depuis.
   
   La politique n’intéresse pas Tatiana mais la politique va la rattraper et, soupçonnée puis emprisonnée pour ses origines, elle est condamnée à dix ans de camp en 1945.
   
   Bizarrement elle ne part pas immédiatement au Goulag et elle va alors profiter de ce répit pour obtenir avec l’aide d’un de ses geôliers, papier et crayon et va s’attaquer à la traduction de Byron et va au nez et à la barbe du NKVD traduire les 17000 vers de Don Juan.
   
   Le parcours de cette traduction est un exemple de solidarité et de prise de risques pour que ne se perdent pas les paroles des écrivains.
   
   Une femme de la trempe d’un Soljénitsyne qui enterra ses manuscrits ou de Nadejda Mandelstam qui mémorisa l’œuvre de son mari pour qu'elle ne s'efface pas.
   
   Bien sûr on pense en lisant ce petit livre au "Proust contre la déchéance" de Joseph Czapski. J’ai fait également le rapprochement avec le superbe film "La femme aux cinq éléphants" qui, bien que dans un tout autre contexte, met parfaitement en valeur le travail de la traduction.
   
   Ajoutez ce livre à votre bibliothèque.

critique par Dominique




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