Lecture / Ecriture
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C comme: Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Chloé Cruchaudet
  C comme: Mauvais genre

C comme: Mauvais genre - Chloé Cruchaudet

Camouflage
Note :

   Fauve d'Angoulême Prix du public Cultura 2014
   
   Je pense que j’ai dû voir cette BD dans au moins 5 tops BDs cette année. Du coup, quand j’ai eu la chance de la lire, je n’ai pas hésité… et j’ai bien fait. Je savais un peu de quoi il était question, mais j’ai quand même été surprise d’apprendre que ça se basait (librement) sur une histoire vraie. Des fois, on dirait vraiment que je débarque!
   
   Cette BD, dont j’adore vraiment, vraiment beaucoup les illustrations dans les tons de sépia avec des touches de rouge, nous emmène dans le Paris du début du siècle. Louise rencontre Paul lors d’une valse et ils se marient quelques temps plus tard. Mais il y a la guerre, que Paul ne réussit pas à supporter. Une blessure infectée ne suffit pas… il lui faut déserter.
   
   Si vous avez vu la couverture, vous pouvez vous imaginer de quelle manière il réussira à vivre pendant ses années de déserteur. S’ensuivra une exploration du genre, de soi, du personnage qui passe de moyen de survie à véritable identité. Car si Paul est banal, Suzanne, son alter-ego féminin , fascine et attire tous et chacun, homme ou femme. Il se laissera prendre au jeu, deviendra Suzanne, laissant un peu Louise de côté. Louise a de la difficulté à trouver sa place dans cet étrange duo Paul/Suzanne. Elle ne reconnaît plus son mari, changé par la guerre, par leur vie, leur misère. Il se laisse séduire par Suzanne, par ce qu’elle est et ce qu’elle suscite et le quotidien n’est pas de tout repos pour Louise, qui l’a pourtant fait vivre pendant 10 ans. Et malgré tout on sent venir la spirale de violences, d’alcool et de confusion qui se profile…
   
   Bref, un mélange bien particulier d’exploration du genre, de la personnalité mais aussi du stress post-traumatique (certaines séquences à ce sujet sont magnifiquement dérangeantes) qui est servi par un trait précis et par l’extraordinaire talent de créatrice d’atmosphère de l’auteur et par sa capacité à nous transporter dans la moralité de l’époque du Paris des années folles.
   
   Une réussite !
   
   PS: Tiré d'un fait réel détaillé par Virgili & Voldman dans "La garçonne et l'assassin".

critique par Karine




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