Lecture / Ecriture
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Les anges vagabonds de Jack Kerouac

Jack Kerouac
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Jack Kerouac est un écrivain et poète américain né en 1922 dans le Massachusetts et mort en 1969 à en Floride. Il compte parmi les membres les plus importants du mouvement de la Beat generation en littérature.

On a aussi beaucoup écrit sur Kerouac:
* "Jack Kerouac half back" de Fausto Batella
* "Jack Kerouac, Breton d'Amérique" de Patricia Dagier et Hervé Quéméner
* "Kerouac" d'Yves Buin

Les anges vagabonds - Jack Kerouac

Période 1955/1956
Note :

   Relecture d'un livre de Jack Kerouac, avec l’éternelle question, que me reste t-il de ces lectures très anciennes?
   
   Jack revient de deux mois de solitude où perché dans une tour il était chargé de surveiller d'éventuels départs de feux. Le lieu, signe prémonitoire, était "Le pic de la Désolation"! Après une semaine de retour à la vie urbaine à San Francisco, une forte consommation d'alcool et surtout, une belle gueule de bois, un train direction Mexico.
   Là il va retrouver Bill Gaines (Bill Garver) puis ils seront rejoints par "Les Anges de la Désolation" avec parmi eux William S. Burroughs (Bull Hubbard) et Allan Ginberg (Irwing Garden). Alors commence une vie pour le moins dissolue mais qui est encore loin de la déchéance qui guette Jack. Alcool (raisonnablement), drogues et prostituées et surtout un grand sentiment d’ennui et de désespoir gagne Kerouac.
   Alors restent les voyages, le triste retour à New-York, entassés dans une voiture inconnue, seule solution que leurs finances leur permettent.
   
   Parfois un rayon de soleil, des femmes Ruth Heaper et surtout Alyce Newman, relation qu'il qualifie de "Peut-être sa plus belle histoire d'amour" et quelques pages plus loin il écrit :
   -"Elle était adorable. Je l'aime encore aujourd'hui".

   Mais la fuite continue... Tanger avec encore les mêmes acolytes et les mêmes existences, drogues et le reste. Puis l'Europe, Londres et Paris et partout ce sentiment de ce que l'on appellerait maintenant "Le mal de vivre".
   Le retour vers l'Amérique parait une fin en soi... mais pour combien de temps encore.
   
   Beaucoup de personnages présents dans ces tribulations cachées sous des pseudonymes, Kerouac ayant peur d'éventuels procès. Mais les années ayant passé, celui-ci avait pour projet de reprendre son œuvre avec les vrais patronymes des acteurs de ces récits. Sa mort précoce l'en a empêché! Pour brouiller encore plus les pistes, les surnoms pouvaient changer d'un livre à l'autre.
   Neal Cassady, inspirateur d'une partie de la bibliographie de Jack, est Dean Moriarty dans "Sur la route", Cody Pommeray dans différents autres titres ou encore Leroy dans "Les souterrains".
   Un autre très grand personnage de la vie de Jack Kerouac apparaît en fin de livre... sa mère.
   
   Retour sur la vie et l’œuvre de Jack Kerouac. Ce livre écrit entre les années 1956/1961 couvre la période 1955/1956. Pour m'aider j'ai feuilleté en même temps ce superbe livre de Barry Gifford et Lawrence Lee : "Les vies parallèles de Jack Kerouac".
   Quelques lignes écrites pour son retour en Amérique sonnent lourdes de menaces :
   - Ce grand voyage en Europe, c'était précisément au mauvais moment que je l'avais effectué, quand j'étais écœuré des expériences nouvelles de quelques ordres qu'elles fussent. J'avais foncé tête baissée et, en mai 1957, je rentrais déjà, penaud, le cœur lourd, le regard torve, furax.

   Des mots confirment que l'avenir n'est pas serein : lugubre, destruction, déception, révulsion, horreur entre autres.
   Kenavo Jack! Et merci pour tout, tes écrits et tes erreurs! Et pour le souvenir que tu laisses en Bretagne.
   
   
   Extraits :
   
   - C'était ce que mon père m'avait dit la veille de sa mort : "la vie est trop longue."
   
   - En vérité, ce fut à Tanger après une surdose d'opium que le déclic eut vraiment eu lieu et ce fut le virage. En l'espace d'une minute.
   
   - Je poursuivis avec lassitude l'ascension des marches sacrées qui me menaient à ma prochaine et atroce déception.
   
   - En fait, le manuscrit de "Sur la route" était alors sous presse et sa publication était imminente et j'en avais déjà jusque-là de cette histoire!
   
   - Je suis parti de mon côté, gros sac sur le dos, en route pour l'Amérique, pour ma patrie, pour ma sinistre France à moi.
   
   - Comme si le sexe était l'alpha et l'oméga de mon amour pour la femme...
   
   - J'ai alors compris sans savoir pourquoi que notre nouveau foyer était d'ores et déjà maudit.
   
   - Je tends machinalement le livre à Cody qui est après tout le héros de ce pauvre bouquin triste et fou.
   

   Titre original : Desolation angels (1965).

critique par Eireann Yvon




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