Lecture / Ecriture
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Jacob, Jacob de Valérie Zenatti

Valérie Zenatti
  Dès 08 ans: Fais pas le clown, papa!
  Dès 08 ans: Le Secret de Micha
  Ados: Une bouteille dans la mer de Gaza
  Ados: Quand j'étais soldate
  En retard pour la guerre
  Les âmes sœurs
  Dès 08 ans: Vérité, vérité chérie
  Mensonges
  Jacob, Jacob

Valérie Zenatti est une écrivaine française née en 1970 à Nice.

Jacob, Jacob - Valérie Zenatti

Pour ne pas l'oublier
Note :

   Prix du Livre Inter 2015
   
    Valérie Zenatti est la traductrice du grand romancier israélien, Aharon Appelfeld dont elle sait transmettre toute l'âme et la sensibilité de son œuvre.
   
    Dans son dernier roman, avec sa même délicatesse, elle prend sa plume poétique et lyrique pour marcher sur les pas de son grand-oncle, Jacob.
   
    C'est le fulgurant destin de Jacob, 19 ans en 1944, né à Constantine dans une famille juive très envahissante où les hommes aiment se montrer les maîtres et où les femmes dans l'ombre essaient d'occuper leur place.
   
    Jacob, Jacob prénom doublé, murmuré, adulé, prononcé sans fin par une mère aimante qui le scande au delà de l'absence.
   
    L'auteur fait revivre ces chers disparus, ces êtres lumineux et courageux que l'Histoire va anéantir.
   
    A 19 ans, Jacob est appelé sous les drapeaux pour rejoindre le bataillon de De Lattre de Tassigny et libérer la France. Lui, le petit juif de Constantine, dont les lois françaises en 1941 faisaient un indigène, a décidé de combattre les allemands.
   
    Du débarquement en Provence remplie de soleil jusqu'à la neige des Vosges, il restera à jamais avec ses amis, juifs, français, musulmans, ces soldats venus d'une Algérie lointaine. Dans l'horreur des combats ils se souviennent de Constantine, ils se rappellent leur famille, ils portent en eux un monde qui se termine.
   
    Vanérie Zenatti avec ses longues phrases envoûtantes, nous transmet l'enfance avec toutes ses nuances subtiles, ses silences et ses peurs. Le récit se fait lancinant et rythmé comme la langue arabe parlée par cette famille juive. Le lecteur est pris par le tourbillon de la vie, par la folie des combats, par la mort des innocents. Mais c'est avec beaucoup d'émotion, que l'auteur nous parle de la nostalgie d'une Algérie aimée et perdue.
   
    C'est un beau roman, et le lecteur gardera longtemps en mémoire, ce prénom Jacob murmuré sans fin, pour ne pas oublier, pour ne pas l'oublier.
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critique par Marie de La page déchirée




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Récit poétique et politique
Note :

   C’est une famille de juifs pauvres à Constantine en 1944 ; le plus jeune fils de Rachel, Jacob, est appelé au front. Il vient juste d’obtenir son baccalauréat. La famille : Haïm le père cordonnier, Abraham le fils aîné, cordonnier aussi, boivent beaucoup, battent femmes et enfants. Deux autres fils Isaac et Alfred sont présentés comme ne valant pas grand-chose ; Madeleine, femme d’Abraham, et ses trois enfants Gabriel, Fanny, et Camille aiment profondément Jacob
   
   Les femmes sont toujours à la cuisine, ménage, service des hommes, aucune distraction ni joie, les enfants dorment sur des matelas, ne sont pas nourris à leur faim. Jacob est le seul élément civilisé, parmi les adultes, et il va se battre en première ligne, pour délivrer la France, à l’hiver 1944, à Mulhouse. Ses camarades sont juifs arabes chrétiens, ils s’entendent encore bien, et chacun respecte les traditions, la religion du voisin. Tous sont logés à la même enseigne, cruelle, donner leur vie pour la France!
   
   Le neveu de Jacob Gabriel fera plus tard la guerre d’Algérie, dans un contexte différent : il devra tuer des Arabes.
   
   Récit poétique, bien écrit, à fleur de peau, sensible ; on s’attache immédiatement aux personnages ; il n’y a guère d’espoir pour cette famille plus ou moins sacrifiée. Deux descendants de Jacob survivent à ces conditions difficiles et auront une vie presque normale.

critique par Jehanne




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