Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Cash-sex de Carter Brown

Carter Brown
  Le mufle de la bête
  Envoyez la soudure !
  Cash-sex

Carter Brown est le nom de plume d'Alan Geoffrey Yates, auteur australien de romans policiers, né en 1923 et décédé en 1985.

Cash-sex - Carter Brown

Argent content !
Note :

   La lecture récente d'un San-Antonio m'a remis en mémoire que j'ai été jeune et que mes lectures étaient amusantes à défaut d'être intelligentes! Il faut aussi se souvenir du contexte, je lisais dans le métro en allant travailler, donc pas réellement question d'attaquer fièrement "Ulysse" de James Joyce. Dans la série des écrivains légers dans les histoires et lourds (souvent) dans les jeux de mots des titres, il y avait en très bonne place Carter Brown (1923/1985). Je viens de découvrir aujourd'hui qu'il était Anglais de naissance et Australien de nationalité! Comme tous ses livres se passent à Hollywood ou dans ses banlieues huppées j'étais persuadé qu'il était américain! C'était le style écrivain très prolifique qui donnait l'impression d'écrire avec un papier carbone car toutes les histoires se ressemblaient, ce livre est un des derniers qu'il ait écrit après avoir touché à tous les genres sous différents pseudonymes.
   
   Le téléphone sonne chez Danny Boyd, une voix féminine et angoissée lui demande s'il a reçu la lettre qu'elle lui a envoyée. Non, lui répond Danny d'une voix virile et rassurante. Ils conviennent donc d'un rendez-vous! En arrivant, comme la porte est ouverte, Boyd la pousse et prend un coup sur la tête! Sortant des limbes, il découvre son interlocutrice morte assassinée. Notre héros prend ses jambes à son cou et rentre chez lui pour découvrir son appartement saccagé. Le lendemain matin la lettre arrive, avec un chèque, une dénommée Michelle Strand a disparu, la défunte lui demande de la retrouver et pour ce faire, lui donne une liste de cinq noms! Honneur aux dames, la première se déshabille, mais sur ces entrefaites, son mari arrive. La seconde lui demande de se déshabiller, ce qu'il accepte si elle en fait autant, etc. De femmes de plus en plus belles et de plus en plus dévêtues, de coups donnés en coup reçus, rien de bien nouveau à l'horizon et dans l'horizontalité alité! La mystérieuse Michelle demande que les recherches cessent, mais au téléphone peut-on être sûr?
   Alors Danny entre deux coups sur la tête, deux coups à boire, contre vents et marées, se sort de toutes les situations, surtout les plus invraisemblables et continue ses aventures rocambolesques.
   
   Malgré tout il y a une histoire, simpliste mais existante. Les ingrédients sont le jeu, l'argent, un club privé et des cadavres. Vous prenez un détective, pas fini, pas finaud, ici Danny Boyd, dragueur émérite, même si parfois ce n'est pas lui qui cherche! Pas de chance pour lui le monde est peuplé de créatures de rêve (uniquement féminines d'ailleurs), toutes plus affriolante les unes que les autres! Les descriptions des personnages du sexe dit faible sont des modèles du genre. Les noms de lieux participent également au côté exotique de la lecture "Santo Bahia" "Paradise Beach" "Sublime Point" etc.
   
   Les détectives n'ont pratiquement jamais de bonnes relations avec la police, ici c'est le capitaine Schell qui joue l'empêcheur d'enquêter dans les alcôves! Il y a quelques personnages masculins, pas très nets, limite hors la loi, un homosexuel posant pour des tableaux, ou aussi le chargé de l'accueil d'un club privé sosie de King-Kong en pire! Bref une faune de gens infréquentables! Il est à noter qu'a l'époque, les titres racoleurs et les quatrième de couverture, qui non content d'avoir des textes très succincts et frisant un certain érotisme soft, sur celle-ci "Et cela lui suffisait amplement pour se retrouver à poil et au plume plus souvent qu'à son tour..." servaient également à faire de la "réclame". Le reste de cette quatrième de couverture était la photo d'un paquet de cigarette "Bastos blonde". Quand on sait qu'en argot une "Bastos" est la balle d'une arme à feu, cela laissait le choix, la mort rapide ou la mort lente d'un cancer! A l'époque je n'étais guère pressé, alors je fumais (uniquement des produits homologués par l'organisme d'état). C'est facile, pas cher et cela n'apporte rien, mais ce n'est que quelques heures un peu gaspillées par an, et cela m'a rajeuni un peu, mais pas pendant longtemps.
   
   Extraits :
   
   - Ne soyez pas timide. Je ne suis pas simplement beau mais humain.
   
   - Dans les trente cinq ans et elle a dû être très jolie de son vivant.
   
   - Je tourne légèrement la tête pour la faire profiter de tout l'impact du profil gauche, qui est un peu mieux que le droit, et puis je lui souris.
   
   - Elle se lève d'un mouvement souple. Le slip du bikini est moins rapide qu'elle et une frange de poils dorés apparaît au-dessus de l'élastique.
   
   - Au train où j'y vais, je me dis que j'aurais une longue barbe blanche longtemps avant d'avoir découvert Michelle Strand.
   
   - Vous parlez beaucoup. C'est dommage que vous ne disiez jamais rien.
   
   - Au mieux, vous êtes un emmerdeur, et au pire un emmerdeur dangereux.
   
   - Employez pas cet adjectif pour vous décrire, Boyd. Ça fait du mot "honnête" une obscénité.
   
   - C'est le genre de petit détail matrimonial qui me fait toujours froid dans le dos.
   
   - Elle sort de la pièce ; les hémisphères d'ivoire de ses fesses frémissent et ondulent au rythme de sa démarche. Un spasme de pure convoitise me secoue jusqu'à ce que la porte se referme sur elle.
   

   Titre original : Kiss Michelle Good-Bye (1981)

critique par Eireann Yvon




* * *