Lecture / Ecriture
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La bruyère incendiée de Colm Toibin

Colm Toibin
  La bruyère incendiée
  Brooklyn
  Le bateau-phare de Blackwater
  L'épaisseur des âmes
  Désormais notre exil
  Bad Blood
  Le Maître
  Le testament de Marie
  La couleur des ombres
  Nora Webster

Colm Tóibín est un écrivain irlandais né en 1955.

La bruyère incendiée - Colm Toibin

Inexorablement, le temps…
Note :

   De l’enfance à la vieillesse, la vie et l’œuvre d’Eamon Redmond, juge à la cour suprême irlandaise.
   
   Eamon Redmond part en vacances à Cush près de Wexford, il habitait là avec son père, veuf et enseignant. Il constate l’érosion de la falaise, qui risque de faire disparaître une maison qui a toujours fait partie du paysage.
   Il fait un parallèle avec l’érosion humaine par la vieillesse. Il se remémore son enfance, maison sans femme, famille nationaliste. Les premiers signes de déchéance de son père, ses études et son engagement politique.
   Son dernier jugement le met mal à l’aise vis à vis de sa propre famille. En effet il a donné raison à une école qui ne voulait pas reprendre une jeune fille de seize ans après son accouchement.
   Son épouse Carmel, lui annonce que sa fille Niahm est enceinte sans être mariée. Cela n’ébranle pas ses convictions, mais la santé de Carmel se détériore, alors il revit les dernières années de la vie de son père. Après la mort de Carmel, le salut viendra-t-il de Michael, son petit-fils ?
   
   Eamon Redmond paraît être pour sa famille un être froid, sa femme lui rappelle un procès où il avait demandé et obtenu la peine de mort, mais pour lui toutes ses décisions sont dures et lui posent des problèmes de conscience. Son épouse Carmel qu’il a connue grâce à leurs engagements politiques, se meurt doucement et doute de la sincérité de son amour, et pense qu’il a sacrifié leurs vies à cause de son travail. Ses enfants n’ont jamais été très proches de lui non plus.
   
   Que faire dans cette maison quasiment hantée par les fantômes de sa femme et de son père ?
   
   Un découpage original, un chapitre pour l’enfant, un pour l’adulte. Chacun avec ses disparitions, les morts du père et de la mère pour l’enfant, de l’épouse pour l’adulte.
   
   Forme d’écriture très fournie en descriptions mais qui passe très bien, un style qui paraît froid au premier abord, sans mélodrame superflu.
   
   Un très bon livre qui, sous le prétexte de la vie d’une famille, cache l’histoire de l’Irlande.
   
   
   Extraits :
   
   -Il dit qu’il a passé son examen d’irlandais, mais qu’ils ne veulent toujours pas le mettre au fixe.
   
   -C’était le dernier, dit un homme. Le dernier des Fenians.
   
   -Ils ont enfermé la moitié de la ville à Frongoch*, ils nous ont laissé avec rien.
   
   -J’ai le sentiment de ne pas du tout te connaître, dit-elle.
   J’essaye de t’aider toute la journée, dit-il.
   Tu ne m’aimes pas.
   
   -Le Nord, d’après lui, devait être présenté comme une société différente, un endroit à part.
   
   -Ainsi, il ne devait pas y avoir de problèmes dans les prisons de la République, ni émeutes, ni grèves de la faim ni mauvaise publicité.
   
   -Il avait écrit un rapport à l’intention du gouvernement au début de 1972, sur la manière dont celui-ci devait réagir à une campagne concertée de l’IRA.
   
   -Il se sentait lié à ses enfants pour la première fois de sa vie.
   
   -Lentement, douloureusement, il comprit qu’il n’y aurait personne lorsqu’il rentrerait.
   

   
   *Frongoch, camp d’internement au Pays de Galle, pour les prisonniers irlandais de la semaine de Pâques 1916. Michael Collins, entre autres, y fut interné.

critique par Eireann Yvon




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