Lecture / Ecriture
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Le Maître de Colm Toibin

Colm Toibin
  La bruyère incendiée
  Brooklyn
  Le bateau-phare de Blackwater
  L'épaisseur des âmes
  Désormais notre exil
  Bad Blood
  Le Maître
  Le testament de Marie
  La couleur des ombres
  Nora Webster

Colm Tóibín est un écrivain irlandais né en 1955.

Le Maître - Colm Toibin

Un homme, un écrivain
Note :

   Prix du Meilleur livre étranger 2005.
   
   Biographie romancée de Henry James, nous le suivons sur 5 années de sa vie.
   
   Colm Toibin est journaliste et écrivain déjà auteur de 5 romans traduits en Français.
   N'ayant jamais lu Henry James, je ne suis pas forcément le mieux placé pour en parler . Ce livre commence en 1895, James vient de subir un échec cuisant au théâtre. Wilde lui, triomphe. Henry James part en Irlande, des évènements graves semblent se profiler à l'horizon, mais la gentry britannique danse. Wilde chute, James se remet au travail.
   
   Puis nous partons avec l'auteur dans ses périples à Londres, dans la campagne anglaise, puis en Italie. Sa vie de tous les jours, très ordinaire, les problèmes de déménagement, les employés de maison qui boivent etc. Ses ennuis de santé aussi. Mais surtout sa solitude, comme si le choix était "La vie ou la carrière".
   
   Les personnages de ce livre sont James lui-même, ses souvenirs de jeunesse aux Etats-Unis, sa famille ou ce qu'il en reste. Le dernier épisode sur la venue de son frère en Europe est un des plus beaux avec les passages concernant la guerre de Sécession américaine. Les milieux artistiques et aisés des anglo-américains résidant en Europe font partie de ses connaissances. Mais ses intimes sont rares, la mort de sa sœur et la disparition tragique de son amie Constance Fenimore sont des étapes dans sa vie qui l'isolent un peu plus.
   
   Contance est un personnage magnifique, écrivain, américaine, elle aura une relation ambiguë avec Henry James pendant des années, son suicide laissera des traces. James est seul, sa vie parait terne, l'écriture uniquement semble lui procurer un plaisir certain, comme s'il vivait par l'entremise de ses personnages imaginaires qu'il puise souvent dans ses fréquentations.
   
   Une écriture de qualité, très dépouillée et de lecture aisée. Pour moi une très bon livre, mais j'attends l'avis des spécialistes de Henry James.
   
   Extraits
    «Il n'avait jamais aimé l'intrigue. Cependant il lui plaisait de connaître les secrets, parce que ne pas les connaître revenait à passer à côté de presque tout. Il avait à son tour appris à ne rien révéler de lui et à accueillir toute information inédite l'air de rien, comme si une simple plaisanterie venait d'être échangée. Les hommes et les femmes des salons du Paris littéraire se déplaçaient comme autant de joueurs dans une partie de savoir et de non-savoir, de faux-semblants et de dissimulation. Il avait tout appris d'eux.»
   
   A noter que Henry James étant un amoureux de Venise, la superbe couverture s'imposait : Un tableau de Turner: San Benedetto (Venise).
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critique par Eireann Yvon




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Cher Maître
Note :

   La littérature irlandaise est si riche que cette rubrique deviendra récurrente car j'aimerais faire partager ma passion pour le pays de Joyce, Wilde, Becket, Yeats.... En attendant voici Colm Toibin dont "Le Maître" vient de sortir chez Robert Laffont. C’est un ouvrage très riche, qui explore cinq années de la vie du grand écrivain américain Henry James (Le tour d'écrou, Washington Square, Portrait de femme), lors de sa vie en Angleterre.
   
   Toibin, admirateur du Maître, nous entraîne dans le trouble de la création littéraire chez Henry James avec entre autres un joli tableau de la vie des artistes anglo-américains sous les pins de Rome, au bon vieux temps où ne voyageaient que des aristocrates, des écrivains ou des sculpteurs.
   
   On y trouve aussi une intéressante étude de la famille américaine, celle de la Nouvelle-Angleterre, de Boston, la seule authentique n'est-ce pas? On est là totalement dans le cinéma d'un James Ivory par exemple.
   
   D'autres romans de Colm Toibin sont tout aussi réussis: "Le bateau-phare de Blackwater", "Désormais notre exil", et mon préféré, "La bruyère incendiée". Mais l'Irlande nous offre bien d'autres auteurs dont on reparlera.

critique par Eeguab




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