Lecture / Ecriture
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Mort d'une héroïne rouge de Xiaolong Qiu

Xiaolong Qiu
  Mort d'une héroïne rouge
  Encres de Chine
  De soie et de sang
  La Danseuse de Mao
  Dragon bleu, tigre blanc

Qiu Xiaolong est un auteur chinois de romans policiers, né en 1953.

Mort d'une héroïne rouge - Xiaolong Qiu

La Chine à fleur de peau
Note :

   Les polars exotiques, je connais depuis un bon moment, et plus ça va plus j'aime. Plus je découvre de nouveaux horizons, de nouvelles manières d'appréhender les actes criminels, la vie et ses vicissitudes, et plus j'adore. Et pendant ce week-end, je me suis délectée de la lecture d'un petit bijou venu de l'empire céleste : « mort d'une héroïne rouge », de Qiu Xiaolong.
   
   Une héroïne, travailleuse modèle de la Nation, est retrouvée morte noyée dans un canal aux environs de Shanghaï. Le camarade Inspecteur Principal – et aussi poète -, Chen Cao, est chargé de cette enquête, sous très haute surveillance politique.
   Dans cette Chine en pleine mutation du début des années 90, un an après TienAnMen, les responsables politiques s'inquiètent des répercussions d'un tel drame.
   
   Ce livre est une plongée dans la Chine contemporaine avec de perpétuels renvois à l'Histoire de ses 50 dernières années, à travers la vie de son peuple, des aberrations d'un régime totalitaire, des cicatrices profondes dans les cœurs de ceux qu'on a marqués au fer rouge : les jeunes instruits. Ce roman louvoie dans la politique, la corruption, les magouilles en tous genres mais aussi dans la vie des Chinois ordinaires, citoyens honnêtes et consciencieux, dans un pays en pleine effervescence, et son personnage principal, Chen Cao comporte de troublantes ressemblances avec Qiu Xiaolong lui-même, aussi victime en son temps de la Révolution Culturelle et auteur d'une étude sur TS Eliot.
   
   Poète reconnu et inspecteur dont les supérieurs vantent les compétences, Chen Cao doit mettre son honnêteté en jeu, sa loyauté et, dans un pays tel que la Chine, sa vie en quelque sorte pour mener à bien son enquête.
   
   Soyons clairs : Qiu Xiaolong est un écrivain chinois réfugié aux Etats-Unis et qui écrit en anglais à destination d'un public occidental. Pour son lectorat, il illustre de manière délicieuse et très pédagogique, les comportements, paroles ou allusions poétiques et philosophiques de ses personnages. Confucius, Mao, Bouddha mais aussi tous les poètes chinois, de toutes les dynasties, inconnus du public européen.
   
   Une autre des particularités de ce livre, c'est l'omniprésence de la cuisine, de la boustifaille, de la graille sous toutes ses formes : prise sur le pouce ou cantonaise raffinée, rurale ou domestique, thérapeutique aussi. Tout comme en France, la cuisine, en Chine, est un art de vivre.
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critique par Evanthia




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Chine, années 90
Note :

   Chine, années 90. Dans une banlieue proche de Shanghaï, le corps de Guan Hongying, très connue pour être la travailleuse modèle de la Nation est retrouvée dans un sac plongé dans un canal peu fréquenté. L'enquête est confiée à la brigade des affaires spéciales, sous la direction de l'inspecteur Chen Cao, un jeune membre du parti également poète et traducteur à ses heures de loisirs. Sa ténacité, l'appui et les conseils avisés de ses proches, permettront à Chen et son adjoint Yu de découvrir le coupable malgré des influences placées au pouvoir.
   
   Mon deuxième Qiu (mais pas le dernier car je suis déjà au milieu du 3ème roman). Je suis dans un état quasi euphorique, voilà vraiment la sorte de livre que j'ai plaisir à retrouver chaque jour, vous savez, c'est comme un rendez-vous secret qui donne l'eau à la bouche : une conversation amoureuse que l'on voudrait ne jamais achever.
   " Seule une chiffonnière des temps
    Passe en jetant les débris
    De chaque minute dans son panier." (p.272)
   

   Du même auteur j'avais précédemment lu "Dragon bleu, tigre blanc" déjà fort apprécié.
   
    Durant mon "été chinois", je découvre la Chine sur écran et j'apprécie encore mieux mes lectures, je suis plus familière aux noms des personnages, à leurs conditions de vie, assez inimaginables alors que nous étions en 90. L'auteur décrit sa propre expérience, romancée, dans la langue d'adoption : l'anglais. Ceci est remarquable car le style est assez recherché, ici rien n'est superficiel, je n'ai pas été obligée de lire des passages inutiles pour "remplir" la copie. Passionnant... Un très bon moment de lecture qui dépayse en nous faisant sentir privilégiés.
   
   "Ils furent quand même choqués à l'idée que dans de telles maisons ne vivaient qu'une seule famille, alors que dans leur quartier une maison bien plus petite pouvait être divisée pour en loger une douzaine. Le décor leur apparut comme le théâtre d'un conte de fée cruel." (p.247)

   
   titre original : Death of a Red Heroine

critique par Wictoriane




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