Lecture / Ecriture
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Marie-Antoinette de Stefan Zweig

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Stefan Zweig est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien né en 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie, il s'est suicidé avec son épouse en 1942, au Brésil.

Marie-Antoinette - Stefan Zweig

Stefan et Marie-Antoinette sont dans une biographie
Note :

   N'étant pas à l'abri des contingences culturelles du moment, je me suis plongée dans le Marie-Antoinette de Stefan Zweig, mon manque d'enthousiasme pour l'histoire des têtes couronnées découronnées et pour l'Histoire faite par des non-historiens étant compensé par mon admiration pour Stefan Zweig.
   
   Les derniers mots lus (la postface de l'auteur), le moment est venu de faire le point sur cette biographie qui m'a laissée assez perplexe :
   - Pour tous ceux qui sont encore prisonniers des constructions les plus extrêmes sur la personnalité de Marie-Antoinette (s'il en existe encore), cette biographie a le mérite d'essayer de faire un portrait le plus juste possible appuyé sur des sources telles que la correspondance de Marie-Thérèse avec sa fille ou le journal intime de Fersen. Les lettres de l'impératrice à son écervelée de fille sont incroyables, pleines de conseils, de remontrances et d'inquiétude maternelle : un parfait concentré du manuel "Comment être une reine de France avec grâce et dignité". Le journal intime du séduisant Fersen est une source plus problématique car il a été largement caviardé par ses prudes descendants, privant ainsi le lecteur contemporain de passages savoureux : ont-ils ou non consommé leur passion ? Telle est la brûlante question...
   - L'ombre de Stefan Zweig plane sur cette biographie qui est aussi éclairante sur le sujet que sur l'auteur. Zweig s'exaspère de cette tête de linotte évaporée qui, jusqu'aux premiers événements de la Révolution, mène une vie de plaisir. L'auteur dépeint ensuite une Marie-Antoinette assagie puis victime qui recueille son assentiment. La justesse historique de cette biographie me paraît être sujette à caution, Zweig survolant par exemple le rôle politique de Marie-Antoinette, mais l'écrivain n'étant pas historien, je ne peux pas trop insister sur ce point.
   - Un des grands mérites de Zweig dans cette biographie est d'avoir pris en compte la dimension personnelle et intime des relations entre Louis XVI et Marie-Antoinette. Il est d'ailleurs amusant de lire ses longues explications justifiant les passages consacrés à la vie sexuelle du couple et, en particulier, à l'impuissance de Louis XVI. Pour Stefan Zweig, cette impuissance est la clef de la personnalité de Marie-Antoinette, de ses relations avec son mari et avec la cour et même de l'histoire de la Révolution. Cet intérêt est d'autant plus méritoire que cette biographie a été publiée pour la première fois en 1933. Cependant, Zweig est profondément marqué par une conception hystérique (au sens clinique du terme) de la femme. Selon lui, l'absence de rapports sexuels a fini par jouer sur les nerfs de la pauvre Marie-Antoinette, obligée de dépenser son énergie sexuelle en fêtes, robes, jeux et plaisirs en tout genre. Théorie intéressante mais très datée.
   Bref, vous l'aurez compris, j'ai eu du mal à me laisser mener par Stefan Zweig sur les pas de Marie-Antoinette, mon esprit d'historienne entrant en résistance féroce contre cette biographie. Cependant, en la prenant uniquement pour ce qu'elle est et en se laissant séduire par le talent de l'auteur, je suppose que l'on doit pouvoir la lire avec plaisir.

critique par Cécile




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