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Ados: La jeunesse de Sherlock Holmes – T1 : L’œil du corbeau de Shane Peacock

Shane Peacock
  Ados: La jeunesse de Sherlock Holmes – T1 : L’œil du corbeau

Ados: La jeunesse de Sherlock Holmes – T1 : L’œil du corbeau - Shane Peacock

La jeunesse de Sherlock ?
Note :

    Les ados ont besoin de livres! S’ils en manquent, ils deviennent grognons, tristes, désagréables, voire agressifs. Songez-y.
   Ils peuvent vivre grâce à eux de terribles aventures, expérimenter la vie, découvrir un tas de choses qu'ils ne soupçonnaient pas, les batteries ne sont jamais à plat et ça coûte trois fois rien! (quand ce n'est pas gratuit en bibliothèque)
    Alors ici, tous les mardis (même pendant les vacances), pour enfants et ados, un ou deux titres commentés. Et encore 1 lecture ado le samedi!
    Et pensez à aller faire un tour dans notre Rubrique "Littérature jeunesse", pour tous les âges, vous y trouverez des trésors, bien rangés.

   
   
   Quatrième de couverture :
   
   « Printemps 1867. Une femme est sauvagement assassinée dans une ruelle de Londres. Non loin de là, un jeune garçon de treize ans rêve d’une vie meilleure. Il s’appelle Sherlock Holmes. Et il est fasciné par ce fait divers sordide. Il décide d’en savoir plus, de rencontrer l’accusé. Commence alors une contre-enquête qui le rend suspect à son tour. »

   
   
   Mon avis:

   
   Ce livre est en fait le début d’une série ; il n’y en a qu’un seul traduit en français mais déjà quatre sortis en anglais. Vous pouvez trouver des précisions sur le site de l’auteur qui est très sympa.
   
   Comme tout début de série, on a l’introduction des personnages principaux. Sherlock Holmes bien sûr. Il a treize ans, fait l’école buissonnière pour observer les gens dans les parcs. Il est pauvre et désespère de devenir riche. En plus il est assez solitaire car on se moque de lui pour ses habits et son aspect dont il prend un soin tout particulier, pour ses origines : c’est un « sang-mêlé ». Son père, Wilber, est juif et était promis à un brillant avenir comme professeur à l’University College of London car c’est un génie des sciences (notamment en chimie et en ornithologie). Mais il a eu le malheur de tomber amoureux de Rose la mère de Sherlock, passionnée d’opéra et de musique. Celle-ci a bien voulu l’épouser mais la belle-famille a fait en sorte que Wilber n’obtienne pas son poste à l’UCL. Ils ont eu trois enfants, Mycroft (dont ils n’ont que trop rarement des nouvelles, parti loin de la maison pour vivre d’un poste de petit fonctionnaire), Sherlock et une petite fille qui est décédée. Il y a aussi Malefactor, ennemi de Sherlock même si leur caractère est semblable, petit voyou des rues, membre des Irréguliers. On voit que lui aussi est au-dessous de sa condition (on comprend qu’il était dans une famille très aisée avant). Il est orphelin de père et mère, sa sœur est morte. Seul lui reste sa passion pour les mathématiques. Cela vous rappelle quelqu’un des aventures de Sherlock Holmes. Non? Il y a aussi Dupin (appréciez le clin d’œil) qui fournit parfois à Sherlock (quand il n’a pas réussi à les trouver dans les poubelles) les journaux où il trouve des faits divers passionnants.
   
   Notamment, celui sur lequel il enquête dans le livre : le meurtre d’une jeune femme non identifiée dans le secteur de Whitechapel. Ce qui l’intrigue, ce sont les corneilles dessinées dans le journal. Justement il en voit au dessus de lui (il est donc destiné à résoudre cette énigme). Rapidement, un jeune boucher d’origine arabe est arrêté. On a trouvé son couteau sur le lieu du crime, des traces de pas ensanglantées menant à son atelier. Sa culpabilité ne fait aucun doute. Le problème c’est que l’on ne retrouve pas une bourse appartenant à la victime. Alors, quand l’accusé parle uniquement, et à voix basse, à Sherlock Holmes, le jour où il est emmené en prison, Lestrade (le vieux : nous est même présenté le jeune) pense qu’ils sont de mèches. D’autant que l’on a vu Sherlock deux fois sur les lieux du crime. Ni une ni deux, Lestrade arrête Sherlock et le mets en prison. Arrive deux visiteurs de prisons, un père et sa fille, Andrew et Irène Doyle (admirez le clin d’œil aussi). Celle-ci tombe amoureuse de Sherlock, l’aide à s’évader, puis enquête avec lui pour trouver le véritable assassin.
   
   Parce que comme d’habitude dans les romans, la moitié des preuves ont échappé à la police. Sherlock et Irène vont toutes les retrouver et pour cela vaincre toutes leurs peurs et tous les dangers. En fait, sans rire, l’enquête est plutôt intéressante à suivre, il y a vraiment des rebondissements à chaque chapitre. Au fur et à mesure, on cerne de mieux en mieux la personnalité de Sherlock, ce qui rend le livre de plus en plus agréable à suivre.
   
   Ce qui m’a gênée au démarrage, c’est que l’auteur fait du misérabilisme sur le dos de Sherlock Holmes, insiste bien sur le fait qu’il ne pourra jamais se sortir de sa condition sauf si il le désire vraiment et que comme il est le plus fort, il va s’en sortir (c’est évident). Il m’a donné l’impression que Sherlock était un jeune garçon jaloux et envieux, avide de reconnaissance (comme si il était très fragile dans sa tête). C’est un peu à mon avis détruire le mythe qu’il abaisse au niveau du commun des mortels. Ce qui m’a aussi gênée c’est le fait que tout le livre soit écrit au présent. En tout cas, pour moi (je ne suis pas le public visé non plus), cette technique ne me permet pas de mieux visualiser les scènes ou quoi que ce soit. Je crois que cela vient du fait que les aventures de Sherlock Holmes et Watson sont racontées au passé et du coup ça m’a troublée. Une dernière chose m’a vraiment déplu, c’est que l’on puisse lire de tels passages dans un livre pour des enfants de dix ans :
    »Il y a bien des injustices dans le monde, songe le garçon. Certaines sont cependant pires que d’autres. On peut mépriser une personne parce qu’elle est pauvre, à cause de ses vêtements ou en raison de ses opinions politiques ; ce sont des traits qui peuvent changer. Mais en vouloir à quelqu’un d’être juif ou arabe relève de la plus grande injustice qui soit : il ne peut rien faire pour changer son état. Le plus grand tort, oui... après celui qui consiste à lui ôter la vie... »
   D’abord, je ne crois pas qu’à notre époque, mêler origine géographique et religion soit très approprié. De plus, dire à un jeune adolescent, c’est normal de mépriser quelqu’un de pauvre revient à dire qu’il est normal d’aduler quelqu’un parce qu’il est riche (et que si il devient pauvre on peut le mépriser). Je ne vous parle pas des opinions politiques... N’aurait-il pas été suffisant de dire que l’on doit admettre que les autres puissent être différents de soi?
   
   En conclusion, c’est un bon livre, avec quelques lenteurs au départ lors de la présentation des personnages (j’attends de voir les autres épisodes pour vous dire si c’est une très bonne série) même si j’ai pu être parfois un peu gênée par les opinions émises (ce n’est pas non plus omniprésent : ne vous imaginez pas ça).

critique par Céba




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