Lecture / Ecriture
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Le radis de cristal de Yan Mo   

Yan Mo
  La carte au trésor
  Beaux seins, belles fesses
  Le maître a de plus en plus d’humour
  Le radis de cristal
  La mélopée de l'ail paradisiaque
  La dure loi du karma
  Le chantier
  Grenouilles

Yann Mo est né en 1956 dans une famille de paysans pauvres. A l’époque, il s’appelait Guan Moye. De cette enfance lui sont restées la connaissance des conditions de vie dans les campagnes chinoises et une foule de récits et d’anecdotes, vus, vécus ou entendus.

Après être entré dans l’armée populaire de libération, Guan Moye a commencé à écrire en 81 et s’est choisi le pseudonyme de Yan Mo qui signifie «ne pas parler». Il dit qu’il l’a choisi pour ne pas oublier que la prudence veut qu’on n’en dise pas trop (surtout sous certains régimes).

Cette prudence, nécessaire d’ailleurs, n’a pas empêché Yan Mo de fort bien exprimer ce qu’il voulait exprimer. Il a produit environ quatre-vingts romans et nouvelles.

Actuellement retraité de l’armée, traduit en plusieurs langues, Yan Mo est internationalement reconnu.



* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le radis de cristal - Yan Mo

Contes de Gaomi
Note :

   "Le radis de cristal" propose deux longs récits de Yan Mo, deux oeuvres de jeunesse, écrites en 1984-1985 et qui ont contribué à le faire connaître. Deux récits qui se déroulent dans le canton de Gaomi, région natale de l'auteur, dans le nord de la Chine.
   
   Le premier de ces récits, qui donne son titre à l'ensemble, conte l'histoire d'un petit garçon, resté à la charge de sa belle-mère qui le maltraite. Le petit noiraud semble l'incarnation même de la misère humaine: malingre, à moitié nu qu'il pleuve ou qu'il vente, et rendu pratiquement muet par les coups et la faim... Et pourtant, c'est son extraordinaire faculté d'émerveillement devant les moindres beautés de la nature que je retiendrai de lui au moment de refermer ce livre. Une faculté d'émerveillement qui empêche "le radis de cristal" de sombrer dans une noirceur irrémédiable, plus encore que les quelques gestes de pitié des villageois pour le garçonnet et en dépit d'une conclusion poignante.
   
   La seconde nouvelles, "Déluge", nous plonge dans l'évocation du passé et des origines mythiques du canton de Gaomi, "dans un monde ensorcelé où les histoires mystérieuses scintillaient au rythme des feux follets" (p. 140). L'histoire de l'installation d'un premier couple de colons chinois dans cette région désolée, infestée de marécages et de moustiques, et de la naissance de leur fils pendant une terrible inondation, se teinte de mystère, de poésie et de merveilleux.
   
   Ces deux récits sont pour moi l'occasion d'une toute première rencontre avec un auteur dont j'ai entendu dire le plus grand bien (y compris ici-même où Sibylline lui a consacré quelques commentaires enthousiastes...). C'est là une belle découverte. J'ai été très sensible aux qualités poétiques et sensuelles de l'écriture de Yan Mo, à ses évocations frémissantes du bruissement du vent et du jeu des rayons du soleil à travers le chanvre blond - des pages où il ne se passe littéralement rien et qui nuisent peut-être à la tension dramatique du récit, mais quelle beauté! J'imagine bien que ces manifestations d'un tempérament contemplatif peuvent agacer, déplaire ou ennuyer, mais pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver ici un regard qui m'a séduite à plus d'une reprise dans les films de certains réalisateurs asiatiques (toutes nationalités confondues: Hou Hsiao-hsien, Tran Anh Hung, Kim Ki-Duk...). Et à présent, je suis très curieuse de voir comment Yan Mo a évolué par la suite, et à quelle forme d'équilibre il a pu parvenir entre son goût manifeste pour la contemplation de la nature, son talent de poète et les nécessités de la construction romanesque.
   
   Extrait:
   "Il eut une vision d'une beauté hors du commun: l'enclume lisse reflétait un éclat bleu-noir et sur cette enclume aux reflets bleu-noir se trouvait un radis doré. La forme et la taille de ce radis le faisait ressembler à une poire juteuse de Laiyang. Il se terminait par une longue queue pourvue de quelques poils dorés comme ceux des moutons. Le radis était cristallin, luisant et délicatement ajouré. Sa peau transparente et dorée recouvrait un liquide argenté vivant. Sa forme était plaisante, gracieuse même et de sa cambrure fusait une lumière dorée." (pp. 92-93)

critique par Fée Carabine




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