Lecture / Ecriture
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J'étais Dora Suarez de Robin Cook

Robin Cook
  Comment vivent les morts
  Cauchemar dans la rue
  La rue obscène
  Les mois d'avril sont meurtriers
  J'étais Dora Suarez
  Un écart de conduite

A cause d’une homonymie avec un autre auteur de polar, le Robin Cook dont nous parlons sur cette page, a dû adopter un pseudonyme pour publier certains de ces romans. Il se faisait appeler Derek Raymond.

J'étais Dora Suarez - Robin Cook

London by night...
Note :

   Pour beaucoup de spécialistes, ce livre est considéré comme le chef d’œuvre de Robin Cook. J'ai toujours repoussé sa lecture voulant d'abord lire "Les mois d'avril sont meurtriers", titre que j'ai eu beaucoup de mal à trouver!
   
   Ce roman très noir commence par deux crimes particulièrement atroces dans un appartement londonien, deux femmes sont tuées, l'une, celle qui était visée à la hache, l'autre qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, quasiment écrasée par une pendule! Puis un membre de la pègre est abattu. Dans ce début de livre le narrateur est l'assassin.
   
   Nous retrouvons le personnage principal de la série, l'inspecteur sans nom, qui est réintégré dans la section A.14 de "L'Usine" par un coup de téléphone de "La voix".
   Il se débat avec ses propres soucis, son épouse en hôpital psychiatrique pour le meurtre de leur fille.
   Mais il va se prendre d'un sentiment ambigu et quasi charnel pour Dora Suarez, la plus jeune des victimes dont le corps a été souillé par son bourreau. Il découvre qu'elle était très malade, atteinte d'une forme atroce de sida et que ses jours était comptés.
   
   Son retour dans la police est loin de ne faire que des heureux, force est de constater que ses méthodes ne plaisent pas à tout le monde!
   
   Il découvre le journal intime de Dora qui le bouleverse, la venger devient alors une obsession. Il n'aura de cesse de retrouver le monstre capable de ces actes abjects!
   
   Les trois meurtres ont été commis en une heure! L'hypothèse d'un seul tueur est plausible.
   Commence alors pour les policiers une descente aux enfers dans le Londres des riches détraqués sexuels... une boîte de nuit "Le Parallel Club" où avait chanté Dora semble être le nœud du problème.
   Un mystérieux personnage, "Tony Spavento" (Terreur en italien) semble inspirer la dite terreur au milieu italien de Londres!
   
   Une fin pleine de violence et de sang. Comme le reste de ce récit cauchemardesque. L'inspecteur sans nom qui était déjà le personnage principal de "Les mois d'avril sont meurtriers" à la suite de plusieurs meurtres dont certains particulièrement horribles, est réintégré dans la police.
   Le meurtrier semble être la pire réincarnation du mal descendu sur terre ; même son clan et sa famille le renient! L'ombre et les écrits de Dora Suarez que l'inspecteur lit lui permettent de découvrir la personnalité et la vie de la victime, prostituée londonienne.
   
   Un des chefs d' œuvres du roman noir assurément. Ce seul roman suffirait à classer son auteur au firmament des romanciers du genre.
   
   Le noir absolu au niveau d'un Jim Thompson ou de son compatriote pour qui il avait beaucoup d'estime, Ted Lewis! Un livre dont on ne sort pas indemne. Mais je continuerai à lire Robin Cook! Certainement une des œuvres les plus pessimistes qu'il m'ait été donné de lire, répondre au mal par le mal... la rédemption n'a pas de place dans le monde sordide qui est décrit dans ce roman.
   
   Éteignez la lumière c'est l'heure des noires pénombres!
   
   
   Extraits :
   
   - De plus, cela avait fait jaillir le sang trop tôt, alors que, comme tous les amants, il voulait prendre son temps et s'approcher lentement de son orgasme.
   
   - Mais je ne pouvais guère parler de moi - il y a des choses que l'on ne veut pas dire à une femme de quatre vingt six ans.
   
   - Bien sûr, j'attirais les hommes. J'étais jeune et j'aimais sortir. Quand je m'amusais, cela m'empêchait de penser à ma jeunesse malheureuse.
   
   - Comme l'avait écrit Dylan Thomas, elle était habillée pour mourir.
   
   - Je n'avais qu'une idée en tête : ramener Dora à la vie, comme Betty Carstairs avait voulu le faire. Mais Betty était trop vieille, et moi, j'arrivais trop tard.
   
   - Il y avait beaucoup d'autres détails intéressants, dans la photo, mais en cette seconde, je n'avais d'yeux que pour Dora.
   
   - Londres est toujours un haut lieu de la civilisation, à ce que je vois.
   
   - Ici, les détenus ont les mêmes horaires que la police. Personne n'a besoin de savoir l'heure qu'il est.
   
   - Pourquoi faut-il que les questions les plus simples soient celles qui n'ont pas de réponse?
   Pourquoi?
   
   - À son annulaire, le tueur portait un anneau orné d'une grosse pierre, un faux rubis aux angles vifs. Il ne le quittait jamais, en souvenir de l'épouse qu'il n'avait jamais eue.
   

   Titre original : I was Dora Suarez. (1990)

critique par Eireann Yvon




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