Lecture / Ecriture
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Changer d'avis de Zadie Smith

Zadie Smith
  Changer d'avis
  Sourires de loup
  L'homme à l'autographe
  De la beauté
  Ceux du Nord-Ouest

AUTEUR DES MOIS DE DECEMBRE 2015 & JANVIER 2016

Zadie Smith, née en 1975 dans une banlieue du nord-ouest de Londres, est une écrivaine britannique, fille d'un père anglais et d'une mère jamaïcaine.

Ses parents divorcent alors qu'elle est encore adolescente et à l'âge de 14 ans, elle change son prénom de Sadie en Zadie.

Elle étudie la littérature anglaise à l'université de Cambridge.

Dès la fin de ses études, elle enseigne et écrit, et ses livres connaissent tout de suite le succès au point que le premier est suivi d'une période "de latence" où il lui fut difficile de reprendre la plume.

Actuellement, elle vit entre Londres et New York, enseigne l'écriture de fiction en université à New York, est mariée et à deux enfants.

Changer d'avis - Zadie Smith

Essais ponctuels
Note :

   Titre original : Changing my mind
   
    Même si j'ai toujours tendance à mélanger Ali Smith, Monica Ali et Zadie Smith, je sais que ces textes sont dus à l'auteur de "Sourires de loup", lu bien avant l'ouverture de ce site. Ces "Essais ponctuels" écrits au fil du temps pour des journaux et revues sont regroupés en Lire, Être, Voir, Sentir et Se souvenir. Le mieux est d'y aller franchement, sans se soucier du sujet, car rapidement l'on s'aperçoit que Zadie Smith s'exprime de façon originale, brillante, parfois inattendue, souvent humoristique et parfois plus difficile (j'avoue avoir lâché dans la dernière partie relative à David Foster Wallace : intelligent, certes, mais je me dois de lire l'auteur d'abord - peut-être)
   
    Fille d'un anglais "de base" (chouettes passages sur son père et "sa" guerre en Normandie et Allemagne) et d'une Jamaïcaine, elle n'oublie pas son ascendance maternelle, ce qui lui permet une vision intéressante sur Zora Neale Hurston (connaissais pas) et Obama. J'ai adoré quand elle parle d'auteurs que je fréquente peu ou pas, tels Forster ("Les romans de Forster regorgent de gens qui hésiteraient avant d'emprunter un roman de Forster à la bibliothèque"), Barthes, Nabokov et Kafka. Je recommande "Deux dimensions pour le roman" et "Mille fois sur le métier" (d'écrivain), insiste sur le récit fascinant d'une "Semaine au Liberia" (il faut absolument lire cela!) ainsi que le génial "Glossolalie", et là où je me suis le plus régalée c'est lorsqu'elle s'attaque au cinéma. Quand elle parle de Katharine Hepburn, on n'a qu'une envie, se débrouiller pour visionner un de ses films! Particulièrement "Indiscrétions". (Un réplique du film : "Je vais vous dire quand on peut porter un jugement définitif sur les gens : Jamais!") Elle a même tenu une rubrique cinéma, et c'est du nanan . Même quand on n'a pas vu les films dont elle parle.
   
    Bonne pioche donc à la bibliothèque, alors que je voulais emprunter un roman de l'auteur. Mais ces textes m'ont procuré un rare plaisir intellectuel (non, pas mal à la tête, je n'ai absolument pas dit cela). Lecture recommandée!
   
    "S'il existe en ce bas monde un bonheur plus intense que de la [Katharine Hepburn] regarder lorsqu'elle est ivre en train de chanter Somewhere over the rainbow (cette fille savait faire beaucoup de choses, mais certainement pas chanter) en peignoir dans les bras de Jimmy Stewart, eh bien, je ne le connais pas."

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critique par Keisha




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Chroniques et Essais
Note :

   Titre original : Changing My Mind: Occasional Essays (2009)
   

   Quatrième de couverture :
   " Depuis une dizaine d’années, Zadie Smith publie des essais ponctuels comme elle aime à les appeler, dans les journaux et revues les plus prestigieux d’Amérique et de Grande Bretagne. Changer d’avis ( au fil des ans l’opinion que l’on croit sienne évolue) les rassemble."
   
   Se lancer dans la lecture de Changer d’avis, c’est accepter de se laisser chahuter par une Zadie Smith d’une grande profondeur d’esprit, manifestement d’une grande culture, et singulièrement déterminée dans ses avis et ses choix (Changer d’avis ? Oui, vous peut-être !). Zadie Smith, une personnalité brillante sans aucun doute. Je cherche en vain quel romancier en France pourrait avoir cette vision et cette portée dans des sujets aussi différents que : Une femme noire : que signifie soulful ?, ou Relire Barthes et Nabokov ou Une semaine au Liberia ou encore Hepburn et Garbo et, bien sûr (parce que David Foster Wallace semble tenir pour elle une place de romancier bien à part) Brefs entretiens avec des hommes hideux : les cadeaux exigeants de David Foster Wallace.
   
   Et attention ! Pas des petites chroniques de trois lignes ou trois pages ! L’ensemble fait quand même 406 pages et ne traite que de 17 sujets. Ça fait le sujet moyen à pas moins de 24 pages. Et des pages pas toujours rapides à tourner. Un esprit brillant et acéré, à n’en pas douter.
   
   Ces 17 sujets sont répartis en cinq gros chapitres : Lire, Etre, Voir, Sentir, Se souvenir.
   Il y est question de lectures, d’écrivains et d’écriture, particulièrement dans Lire et Etre. Je ne résiste pas à l’envie de vous proposer le départ de E.M. Forster ou la voie médiane :
    Dans la classifications des écrivains anglais, E.M. Forster n’a rien d’exotique. Il fait partie de la catégorie du romancier anglais éminent de tous les jours. Pourtant, d’une certaine manière, Forster avait quelque chose de l’oiseau rare. Dans une large mesure il n’avait pas les vices que l’on trouve souvent chez les romanciers de sa génération. Ce qui est étonnant chez lui, c’est ce qu’il n’a pas fait. Il n’est pas devenu réactionnaire au fil des ans, il n’a pas laissé sa nostalgie se transformer en misanthropie ; il ne s’est pas agenouillé devant le pape ou la reine,...

   
   Et cette considération sur l’écriture dans Mille fois sur le métier :
   " Macroplanning et micromanagement
   Pour commencer, un avertissement : tout ce que j’ai à dire sur le métier de l’écriture se limite à ma propre expérience, c’est-à-dire à douze années de travail et trois romans (depuis il y en 2 de plus, Changer d’avis datant de 2009). Même si cette conférence est divisée en dix points censés retracer les étapes de l’écriture d’un roman, ce que j’aborde en vérité, c’est l’écriture de mes romans. Cela dit, je vais vous proposer deux termes affreux pour désigner deux espèces de romanciers : les adeptes du macroplanning et ceux du micromanagement..."

   
   Ça vaut le coup de lire ses considérations pour connaître ce qu’elle entend par là. Sachez que pour sa part, elle se classe résolument parmi les adeptes du micromanagement...
   Mais il n’y a pas que des sujets savants, genre Relire Barthes et Nabokov. Il y a aussi des considérations plus légères, plus tripales sur Katharine Hepburn ( Katharine Hepburn est la vedette de mon film favori, Indiscrétions), sur Garbo, sur la cérémonie des Oscars à Hollywood, et même sur Obama...
   
   Eclectique, la dame Smith Zadie. Eclectique et pertinente. Elle ne lâche pas le bout de gras, faites lui confiance, et pour tout suivre accrochez-vous, quand même...

critique par Tistou




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