Lecture / Ecriture
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Les loups blessés de Christophe Molmy

Christophe Molmy
  Les loups blessés

Les loups blessés - Christophe Molmy

Les hommes sont des loups pour l’homme !
Note :

    J’étais, je le reconnais, un peu réticent devant cet ouvrage. Mais je ne regrette pas du tout de l'avoir lu. Un bon roman par un homme qui sait de quoi il parle.
   
    Ce livre commence par un braquage sanglant où deux convoyeurs sont tués quasiment gratuitement. La police possède peu d’indices. Le coup est un curieux mélange de méthode professionnelle et d’amateurisme brutal.
   
    Les coupables sont deux frères, les Belkiche, caïds venant de la banlieue et un Corse, frère d’un membre éminent du milieu parisien. Le butin ne valait pas la mort des deux hommes, car dans ce genre de méfaits, la police ne reste pas inactive tant s'en faut.
   
    Dire que Matteo Astofil soit peu ravi de la participation de son jeune frère, Doumé, à ce carnage est un doux euphémisme. On ne mélange pas la famille avec les racailles de l’autre côté du périphérique.
   
    Renan Pessac qui est en charge de la répression du grand banditisme est également chargé de l’enquête. Policier solitaire et un peu hors norme, il sait que la tâche est ardue et que les querelles entre lui et ses équipiers doivent passer au second plan. Il fait donner le ban et l’arrière-ban de ses indicateurs. Le "Grand", personnage trouble dans lequel il n’a aucune confiance et la belle Tania, prostituée, avec qui il a une relation pour le moins ambiguë, mais toute platonique, chose qu’ils semblent regretter tous les deux.
   
    Le plus jeune des deux frères Belkiche est client chez une collègue de Tania et parle un peu trop… La police remonte petit à petit la filière.
   
    Mais d’autres péripéties, braquages, attendent les lecteurs sur un rythme très soutenu jusqu’à la dernière ligne.
   
    Deux personnages principaux que tout oppose. L’un, Renan Pessac, policier solitaire malheureux de cette solitude, l’autre bandit corse traqué et donc toujours sur le qui-vive.
   
    Matteo Astofil est un homme du milieu comme on n'en fait plus. La vieille école du grand banditisme, avec un peu d’honneur et maintenant une forte envie de se ranger, de profiter de son épouse et de leur fils, mais le prochain coup sera, promis, le dernier. Sauf qu’un jour c’est le casse de trop!
   
    Il est à noter que ce roman fait la part belle aux indics et le rôle qu’ils jouent dans l’ombre.
    Il n’y aura pas beaucoup de vainqueurs à la fin de cette enquête!
   
    Un mot sur l'auteur, un vrai policier, qui connaît la maison et la musique et cela se sent déjà dans le vocabulaire employé!
   
    Un roman qui sonne vrai.
   
   
    Extraits :
   
    - Il pouvait encore se battre, lutter pour se remettre debout et s'enfuir. Ou bien s'abandonner et mourir ici.
   
   - Le jeune convoyeur acquiesça, pas rassuré pour autant.
   
   - Sauf à être devenu totalement insensible, la vue d'un cadavre avait forcément quelque chose de dérangeant. Devant lui, la chair nue paraissait abandonnée, réduite à l'instar d'un objet exposé sans pudeur.
   
   - Le genre de type avec lequel il fallait toujours jouer serré. Pessac savait tout cela, mais les belles affaires venaient rarement seules.
   
   - Tu crois que ça valait la peine de foutre un bordel pareil pour si peu?
   
   - La pizzeria ne suffisait pas à tout blanchir, il avait également racheté une épicerie et un bar-tabac.
   
   - Au fond, il restait son petit frère, et lui l'aîné, celui qui prenait les décisions. C'était dans l'ordre des choses.
   
   - Au même titre que ses collègues, il en doutait, mais ces dernières années, les codes avaient beaucoup changé. Les plus jeunes ne s'embarrassaient plus de faire leur apprentissage auprès de ceux déjà fichés au grand banditisme. De plus en plus, ils passaient directement du vol de scooter au fourgon blindé. Le milieu existait toujours, fort du proxénétisme et des jeux, mais les trafics de drogue avaient rebattu les cartes.

critique par Eireann Yvon




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