Lecture / Ecriture
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Le Chandelier enterré de Stefan Zweig

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  Romain Rolland / Stefan Zweig : Correspondance 1910-1919

Stefan Zweig est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien né en 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie, il s'est suicidé avec son épouse en 1942, au Brésil.

Le Chandelier enterré - Stefan Zweig

Inspiration mystique
Note :

   Stefan Zweig, né en 1881 à Vienne, en Autriche-Hongrie, et mort par suicide le 22 février 1942 à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Stefan Zweig fit partie de la fine fleur de l'intelligentsia juive viennoise, avant de quitter son pays natal en 1934 en raison de la montée du nazisme. Réfugié à Londres, il y poursuit une œuvre de biographe (Joseph Fouché, Marie Antoinette, Marie Stuart) et surtout d'auteur de romans et nouvelles qui ont conservé leur attrait près d'un siècle plus tard (Amok, La Pitié dangereuse, La Confusion des sentiments).
   
   « Le Chandelier enterré », recueil de trois nouvelles, a été publié en 1937. La première, qui donne son titre à l’ouvrage, est basée sur une légende concernant le candélabre sacré à sept branches (la menorah) allumé en permanence dans le Temple de Jérusalem. Benjamin n’est encore qu’un enfant en l’an 455, quand le candélabre est volé par les Barbares. Ce qui permet à l’écrivain de poser la fameuse question : « Pourquoi Dieu nous traite-t-il avec tant de rigueur, nous, justement nous, qui le servons mieux que les autres ? »Toute sa vie sera consacrée à retrouver l’objet sacré et quand devenu vieux après un long périple de Rome à Byzance, il le retrouve, il lui faudra user d’un stratagème aux limites de sa foi religieuse pour le mettre à l’abri et le rendre à son peuple.
   
   « Rachel contre Dieu », le second texte, évoque le destin de la fille de Laban, la sœur cadette de Léa, seconde femme de Jacob, dans la Genèse. Par abnégation envers son père et son Dieu, Rachel donnera Jacob qu’elle aime depuis plusieurs années, en épousailles à sa sœur, afin que soit respectée la tradition voulant que la sœur aînée soit mariée la première. Ce qui nous vaut une diatribe assez gonflée de Rachel s’adressant à l’Eternel dans des propos musclés quand elle sera contrainte à laisser sa place à sa sœur, « Ne m’as-tu pas entendue, Dieu omniprésent, ne m’as-tu pas comprise, toi qui comprend tout, ou bien faut-il que je t’explique mes paroles (…) Ecoute donc, Dieu dur d’oreille… »
   
   La troisième nouvelle, « Virata », s’éloigne des légendes et traditions juives pour nous plonger dans celles venues des Indes. Lors d’une bataille pour sauver son roi, Virata tue son propre frère passé à l’ennemi. Pour récompense de sa bravoure, il devient dignitaire du royaume mais Virata n’aspire désormais qu’à une seule chose, devenir un homme juste et sage, « un seul souci occupe mon âme, celui de la justice, celui de vivre sur la terre loin du péché ». Lentement il régressera dans l’ordre social, abandonnant les honneurs et les charges puis finalement sa famille, pour devenir ermite, ne possédant rien et donc, ne pouvant nuire aux hommes. Mais rien n’est moins sûr comme il en fera l’amer constat…
   
   Même si cet ouvrage n’est peut-être pas celui par lequel il faut commencer pour découvrir Stefan Zweig, il contient le ferment de l’obsession humaniste de cet « Européen dans l’âme, profondément marqué par la guerre de 14 et par l’irruption de la barbarie dans un monde de culture et de raffinement qui disparaît à jamais. » Inutile de préciser que la langue est belle et l’écriture riche et que le recueil en s’achevant avec Virata permet astucieusement de faire oublier, le trop plein de religiosité des deux premiers textes à ceux qui ne goûtent guère ce type de sujet, sans s’éloigner de l’aspect mystique général. Il n’en reste pas moins que ce livre est comme un baume pour nos âmes.

critique par Le Bouquineur




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