Lecture / Ecriture
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Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar

Lorenzo Lunar
  La vie est un tango
  Coupable vous êtes

Lorenzo Lunar est un auteur cubain, né en 1958.

Coupable vous êtes - Lorenzo Lunar

Pas de quartier !
Note :

    Seconde enquête du commissaire de quartier Leo Martin à Santa Clara, province cubaine un peu corrompue où la mort violente semble être monnaie courante.
   
    Lorsque Pedruco, cireur de chaussures de métier et alcoolique de son état, se réveille ; il trouve un cadavre. Leo vient de passer une nuit plutôt chaude avec Raquelita, étudiante en sociologie, fille de l’un de ses amis d’enfance, qui fait un stage au commissariat.
   
    Il s’agit d’un dénommé Francisco Cordié Montero qui a un casier judiciaire long comme un jour sans pain. En particulier un palmarès de proxénète notoire ! Cherchez la putain ! L’arme du crime est pour le moins insolite : un marteau de cordonnier ! Plusieurs coups de cet outil lui ont été assénés sur le crâne qui a bien évidement cédé.
   
    Leo Martin pense enfin avoir un motif pour aller chatouiller son pire ennemi, l’adipeux Chago le Bœuf dont c’est la profession. Mais celui-ci se présente spontanément, on lui a en effet volé son outil de travail, alors comme tout bon citoyen, il vient déclarer ce vol à la police.
   
    Il reste à Leo d’aller voir dans le monde des prostituées ce qui se passe et qui pourrait en vouloir à Montero pour en arriver à cette funeste extrémité. Après une soirée passée avec sa mère qui lui fait remarquer qu’elle n’est pas éternelle et que sa fiancée de longue date, Luisa, ferait une bonne épouse, il plonge dans le monde cosmopolite, bigarré, peuplé de belles femmes des prostituées quasi d’état !
   
    Direction Varadero, haut-lieu du sexe tarifé de l’île, pouponnière de chairs fraiches, jolies et peu regardantes pour bénéficier d’un minimum de bien-être et de promotion sociale. Que ne ferait-on pas pour une bonne place de secrétaire dans l’administration et un frigidaire russe ! Leo rencontre certaines de ces femmes toutes plus pittoresques les unes que les
   autres : la belle Cuqui, qui d’employeurs et amants en amants-employeurs en a pris pour son grade, mais en a gagné aussi. Faut lui reconnaitre qu’elle s’est dévouée corps et âme à son pays. En visitant Moscou, Prague, Berlin. Son conseil à Leo : "Cherches tu trouveras".
   
    Alors il repart sur le sentier de la guerre, cherchant et fouinant dans un monde en décomposition où le sexe et la corruption sont les deux mamelles du pouvoir.
   
    Leo Martin, flic intègre, mais victime de ses vieux démons, se débat dans un monde où plus aucun repère ne semble exister ! La ville autour de lui n’est qu’un vaste chaos où l’univers qui l’entoure semble sans foi ni loi.
   
    Des femmes en nombre : La Cuqui, Cleopatra, La China, etc. ; certaines se prostituent et le revendiquent. Mais d’autres, Tina ou Raquel, le sont-elles à l’insu de leur plein gré ? Leo l’apprendra, parfois à ses dépens.
    Les hommes ne sont guère mieux pour ne pas dire pire…
   
   Le quartier, personnage central de ce roman, est un ogre dévorant ses habitants !
   
    Un Cuba décadent, en proie à tous les excès du monde capitaliste, mais où les fonctionnaires ont pris la place de notre argent roi. Dans le même but et pour le même résultat, la richesse et le pouvoir.
   
    Un livre sombre et violent que l’on pourrait résumer par cette phrase extraite de ce livre :
   "La vérité est au bout du tunnel. Ironique et cruelle comme elle seule peut l’être."

   
    Extraits :
   
   - Et personne n'en s'en étonne, parce que la mort, dans le quartier, est chose quotidienne. Un lieu commun.
   
   - Et dans ce pays, il n'y a pas un seul enfant de dirigeants qui n'obtienne pas ce qu'il veut.
   - Leo Martin, tout ça, ce sont des histoires. Des bêtises qu'on trouve dans les films américains. Qu'est-ce que ça veut dire, réfléchir à votre relation ?
   
   C'est un montage. Ici, à Santa Clara, il y a un type qui fait ça avec son ordinateur. Il faudrait que tu te mettes à la page, mon vieux, on appelle ça un fotochope.
   
   - Elle éclate d’un rire sonore.
   "Vous, les policiers, vous n'avez pas le sens de l'humour."
   
   - L'avenir, nous en avons peur. Il est incertain. Alors, on parle peu.
   
   - Trouver une solution, l'expression clé depuis le début de la période spéciale.
   
   - Le quartier est un monstre et on ne sait jamais jusqu'où il peut étendre sa tête.
   

    Titre original : Usted es la cupable (2006)

critique par Eireann Yvon




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