Lecture / Ecriture
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J'ai vu un homme de Owen Sheers

Owen Sheers
  Résistance
  J'ai vu un homme

J'ai vu un homme - Owen Sheers

Témoin à décharge
Note :

   Rentrée littéraire 2015
   
   
   "Aucun de leurs choix n'avait été malintentionné. Et cependant, leur combinaison avait engendré plus d'obscurité que de lumière."
   

   Pourquoi Michael Turner explore-t-il la maison de ses voisins en leur absence ? Voilà à peine sept mois qu'il s'est installé à Londres et très vite, il est entré dans l'intimité des Nelson, une sympathique petite famille.
   
   Différant la réponse à cette question, le récit remonte le temps…
   
   Michael peine à se remettre du décès de sa femme, Caroline, journaliste tuée au Pakistan. Il n'est pas le seul : le commandant Mc Cullen, responsable de cette mort, semble lui aussi perturbé par ce cadavre de trop et l'américain qui ne supporte plus d'être "dissocié de ses actes", a bien l'intention d'agir et d'assumer les conséquences, par-delà les frontières, d'une décision prise sans états d'âme.
   
   Owen Sheers, dès la première phrase de son roman, instaure un malaise qui ira s'amplifiant et perdurera même quand sera identifié "l'événement qui bouleversa leur existence". En effet, les liens, bien plus complexes qu'il n'y paraît à première vue, entre les différents personnages, vont les entraîner dans des chemins très tortueux.
   
   Remords, conflits de loyauté, culpabilité sont analysés avec finesse et sensibilité. La narration est extrêmement efficace, le lecteur se perd en conjectures sur la nature de cet événement avant de rester le souffle coupé. Le récit, ponctué de réflexions sur l'écriture (Michael est écrivain), gagne encore en profondeur et crée même peut être une mise en abyme, comme semble le suggérer la dédicace...
   
   Un roman qui nous ferre d'emblée et qu'on ne lâche pas car il allie, et c'est rare, qualité de l'écriture et subtilité de la narration. Du grand art !
   
   Il y avait la page 51 de David Vann il y aura maintenant celle d' Owen Sheers (je me garderai bien de vous donner sa numérotation !)
   
   351 pages insidieusement addictives.
   
   Et zou, sur l'étagère des indispensables! Nuits blanches en perspective !
   
   Une dernière citation pour la route : " Une histoire qui n'est pas racontée, dit-elle en le pointant d'un doigt accusateur, c'est comme une décharge. Enfouis-la tant que tu veux, elle finira toujours par refaire surface."

critique par Cathulu




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