Lecture / Ecriture
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Vas-y Béru ! de San-Antonio

San-Antonio
  La rate au court-bouillon
  San-Antonio chez les Macs
  Les doigts dans le nez (San-Antonio)
  J’ai bien l’honneur de vous buter
  Le gala des emplumés
  Vas-y Béru !

San-Antonio est le pseudonyme sous lequel Frédéric Dard a publié sa série de romans policiers mettant en scène le commissaire du même nom.

Vas-y Béru ! - San-Antonio

S.A. a plus d'un tour dans son sac !
Note :

   Et un San-Antonio, un, en terrasse et en roue libre, un petit tour sur les routes de France comme au bon vieux temps !
   
   Nous sommes à Dijon, ville étape du Tour de France pour le début de ce roman qui commence par une scène d'anthologie : la description non pas d'une... non pas de deux... mais, pour le même prix (2,30 euros mon exemplaire plus usé et plus ridé que moi !), de trois parties de "Piccols dames". Qui, comme son nom l'indique, se pratique suivant le principe du jeu de dames à la notable différence que qui prend un pion boit le verre conquis de haute lutte à l’adversaire ! Ces parties, qui resteront gravées dans les annales de la fédération française de Piccol's dames, opposent, d'un côté Béru en chair et en os, de l'autre, en face, lorsqu'il regarde devant lui, le dénommé "La Meringue "! Personnage haut en couleurs qui fait passer l'inspecteur Bérurier situé en face de lui pour un rachitique... c'est dire !
   
   Après moults litrons de différents breuvages, Béru l'emporte après un combat féroce et, comme trophée, réclame sous les acclamations de la foule de passer une nuit agitée avec son épouse, ce qui ne plaît pas à Albert, coiffeur et amant de Madame.
   
   Bref, avant que la moutarde ne monte au nez de mes fidèles lecteurs, j'en reviens au sujet du livre : le tour (non pas de taille de Berthe Bérurier, qui est plus que respectable) de France qui commence à ressembler à une caravane mortuaire !
   
   Le premier à trépasser ou à outrepasser ses fonctions de bon vivant est Hans Brocation, masseur de son état, qui est maintenant confié aux mains expertes des fossoyeurs ! Ce qui est un comble, quoique dans le vélo les faux-soigneurs pullulent ! Bref disait Pépin, pour suivre le tour incognito et pour pouvoir poursuivre l’enquête, Béru décide qu'il est masseur et qu'avec lui les coureurs seront entre de bonnes (et grosses) mains.
   
   La roue et le tour tourne en rond ! Je ne vais pas dévoiler les roues abîmées sur la "Grande Boucle". Ni tout vous dévoiler des routes de France, ni de nombreuses péripéties de cette ode au vélo, car je garde des surprises en rayons, cela ne vous a pas échappé, je suppose...
   
   Car les choses prennent une sale tournure sur le Tour ! Tour à tour tentatives de meurtres et autres mauvais tours ! Mais après bien des détours, en tournant et en tournicotant, entre le tournevis et le Tourmalet en un tour de main, San-Antonio va réconcilier les tourtereaux et donner un tour décisif à l’enquête ! Voilà j'ai fait le tour du problème... Je ne me souviens plus si le Tour est passé à Tourcoing et à Tournus où les coureurs avaient été se faire rhabiller !
   
   On prend dans le peloton, (pelotons-nous gaiement) les mêmes (S.A, Béru, Berthe, Alfred & Co !) et on est reparti pour un tour qui n'est pas de magie, mais de pédale (ne me faites pas dire non plus ce que je n'ai pas dit, mais pensé très fort de ma plume leste et osée !). Parmi ces coureurs et autres héros du Tour, nous rencontrons quelques vedettes de l'époque : Robert Cassepatte, Jacques Anguenille, André Barricade, Stabe-Enski, Rudy Manther, Van D'Ouest pour ne citer que les plus illustres !
   
   San Antonio pédale, mais rassurez-vous (et non pas Rasurel) pas dans la choucroute, ni dans la semoule non plus. Béru devient une masse qui masse (mais n’amasse pas mousse) Berthe et Albert font d'une manière professionnelle le Tour (accessoirement Alfred fait le tour des formes plantureuses de l'épouse légitime de Béru !)
   Bref c'est l'été et le Tour... la France va bien !
   
   Un bon cru... dans la vraie vie, pour le Tour de France et le Beaujolais par contre je ne me souviens plus !
   Un livre qui se décline non pas en chapitres... mais en étapes !
   
   
   Extraits :
   
   - Tous deux contemplent Béru avec une certaine affection. Un amant beaucoup de sympathie pour le mari de sa maîtresse, et même une certaine tendresse. Quant à la femme adultère, elle porte de l'amitié à son complaisant époux. L'amour qu'elle lui vole, elle le remplace par un sentiment plus tempéré mais plus solide, plus durable. Ainsi va la vie. C'est dans la nature des choses comme dirait Machin...
   
   - En perdant lamentablement la première manche, il a saoulé son partenaire. Il l'achève lui laissant coiffer les premiers pions de cette deuxième partie.
   
   - Elle porte une chemise de noye transparente à travers laquelle on aperçoit non seulement des trucs, mais aussi des machins.
   
   - Nous abandonnons le camion. La place maintenant déserte et la nuit étoilée se déguise en Van Gogh.
   
   - Les premières côtes du Jura se présentent, qui vont, comme sont en train de l'écrire les journalistes, opérer une présélection. Le peloton commence à s'étirer sur la route ensoleillée. Une foule de plus en plus dense danse dans les fossés.
   
   - J'ai même entendu un suiveur dire que tu grimpais la Faucille comme un marteau.
   Je lui souris. Il me plaît dans le fond, Jeannot. Grognon, pas relingé, mal soigné, teigneux. Mais conscient du monde où il vit. Un frère en scepticisme.
   

   Éditions : Fleuve noir (1965)

critique par Eireann Yvon




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