Lecture / Ecriture
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Le captif au masque de fer de Jean d'Aillon

Jean d'Aillon
  Le captif au masque de fer
  De taille et d’estoc - 1
  L'Homme aux rubans noirs
  Férir ou périr
  Le grand arcane des rois de France
  Rome 1202 - 2
  Rouen 1203 - 3

Jean d'Aillon est le nom de plume de Jean-Louis Roos, écrivain français né au Gabon en 1948.

Le captif au masque de fer - Jean d'Aillon

Trois enquêtes du brigand Trois-Sueurs
Note :

    I- La fille du lieutenant de police
   
1695. Louis XIV vient de décider que les protestants ne pourraient plus faire partie de ses régiments. Refusant de se convertir, Roque La Garde est chassé de l'armée en compagnie de son oncle et quitte ainsi son poste d'enseigne au régiment du Lyonnais pour devenir un brigand défendant les opprimés, à commencer par sa propre famille, et notamment son neveu dit Esquinette, qu'il libère avant que celui-ci ne parte pour les galères, aidé en cela par la fille de Nicolas de La Reynie rencontrée au cours d'une embuscade et qui finit par lui accorder une faveur.
   
   
    II- Le captif au masque de fer

    1706. Une femme de l'entourage de la princesse Palatine (belle-sœur de Louis XIV et mère du Régent) est assassinée parce qu'elle tentait d'obtenir des renseignements concernant un mystérieux prisonnier masqué, mort depuis trois ans. La Princesse demande à Trois-Sueurs d'enquêter sur les raisons de la mort de sa suivante. Trois-Sueurs va approfondir son investigation en découvrant qui se cachait derrière le masque.
   
   
    III- Cartouche, capitaine général

    1721. François l'Espérance, un exempt au Châtelet, se retrouve au cœur d'une machination politique entre Rome et le Royaume de France alors qu'il rapporte un important courrier confidentiel pour l'abbé Dubois (principal ministre du Régent). Il se retrouve bientôt accusé de vol pour le compte du brigand Cartouche. Condamné aux galères, il parvient à s'échapper et en vient à demander l'aide de Trois-Sueurs qui n'est plus brigand désormais mais qui n'hésite pas à reprendre du service afin de confondre les coupables et de blanchir les innocents.
   
   
   "J'ai été un brigand , monseigneur. Je n'ai qu'à reprendre mon ancienne condition. C'est d'ailleurs le seul métier que je sache bien faire, répliqua Trois-Sueurs avec désinvolture. Redevenu voleur, tôt ou tard, ma route croisera celle de Cartouche.
   - Et si l'on vous arrête, vous serez roué, remarqua aigrement Dubois.
   - C'est un risque à prendre, répliqua froidement Trois-Sueurs. Mais vous êtes un homme d'Eglise, monseigneur, ce n'est pas à vous que je rappellerai cette proposition du père Quesnel : Le pécheur n'est libre que pour le mal.
   - Je vous répondrai, monsieur l'insolent, sourit Dubois, que la volonté sans la grâce est impuissante à tout bien." (p.355)
   

   Ces trois enquêtes de Roque La Garde, surnommé "Trois-Sueurs" pour celles qu'il donne à ses adversaires avant qu'ils ne meurent sont tout simplement formidables : extraordinaires et terribles. A une base de données historiques : personnages, écrits (de Saint Simon) et de faits historiques reconnus, l'auteur ajoute quelques personnages fictifs pour raconter les complots, complicités et autres manigances en cette époque où le pauvre citoyen candide (souvent illettré) n'est qu'un pion sur le grand échiquier du Pouvoir.
   
    Et toujours cette mine d'information sur le quotidien des personnages : habillement, équipement, mœurs etc. (on en apprend de belles !).
   
    Les 3 récits sont dans l'ordre chronologique des événements : on fait d'abord connaissance avec Trois-Sueurs, puis on le suit dans deux aventures. A la deuxième, je me suis dis : géniale cette idée du "masque de fer", et à la troisième lecture je me suis exclamée : encore mieux !!!!!
   
    Notons que l'on croise l'ombre de Louis Fronsac et de Gaston de Tilly dans les 2è et 3ème histoires... d'autres héros personnages des romans de l'auteur.
   
    L'auteur parvient très bien à expliquer les tenants et les aboutissants dans le fil du récit, sans imposer trop de renvois en bas de page ; c'est vraiment très bien pensé et rédigé (preuve d'un travail considérable). Les nombreux dialogues rendent vivants l'histoire, ceux-ci sont d'ailleurs souvent amusants et permettent d'alléger un récit parfois soutenu mais nécessaire pour donner toutes les informations concernant les lois en vigueur à cette époque - notamment en ce qui concerne les galères dont il est souvent question - ou encore les positions / rôles / statuts des personnages.
   
    Une lecture très intéressante qui permet de (re)mettre à jour nos connaissances en histoire tout en vivant à l'heure (déclinante) du Roi Soleil ou sous le régime de La Régence.
   
   
   "Le captif au masque de fer" - volume de 3 romans
   

    I- "La fille du lieutenant de police" : 105 pages
    II- "Le captif au masque de fer" : 126 pages
    III- "Cartouche, capitaine général" : 210 pages

critique par Wictoriane




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