Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La Femme de Hasard de Jonathan Coe

Jonathan Coe
  La maison du sommeil
  Bienvenue au club
  La Femme de Hasard
  Le cercle fermé
  Les Nains de la Mort
  Testament à l’anglaise
  La pluie, avant qu'elle tombe
  La vie très privée de Mr Sim
  Dès 11 ans: Le miroir brisé
  Expo 58
  Désaccords imparfaits
  Une touche d’amour
  Numéro 11

Jonathan Coe est un écrivain britannique, né en 1961.
Il a reçu le prix Médicis étranger en 1998 pour "La Maison du sommeil".

La Femme de Hasard - Jonathan Coe

Premier roman, première approche : fraîcheur et facilités.
Note :

   Je sais parfaitement que tout le monde comprendra cette espèce de comportement absolument compulsif qui entraîne un lecteur, lorsqu’il découvre un nouvel auteur qu’il aime, à lire l’intégralité de son œuvre dans les jours qui suivent ! Est-ce bien la posture à adopter ? Ne serait-il pas plus judicieux d’en « garder un peu sous le coude », de ménager son plaisir ? Aller voir un peu ailleurs, lire d’autres séries de pages reliées pour mieux y revenir ponctuellement et retrouver ce plaisir qui nous avait fait partir à reculons.
   
   Je n’ai pas de réponse évidemment mais je poursuis ma compulsive lecture des titres de Jonathan Coe avec « La femme de hasard », son tout premier roman, il avait 25 ou 26 ans sûrement. A cet égard c’est un bon roman.
   
   Il nous narre l’histoire de la vie de Maria. Au lycée, puis à Oxford, puis dans les errements de sa vie d’adulte. Maria est l’une de ces personnes sans rêves, aux plaisirs simples, pas fondamentalement sociables ni naturellement de bonne compagnie. Et ces quelques pages nous font suivre sa descente aux enfers de la désillusion. Chaque être, chaque lieu, chaque situation va la décevoir. Chaque ébauche d’amitié se retournera contre elle, chaque situation montrera sa face noire.
   
   Jonathan Coe use ici d’un cynisme acerbe et sans concessions que je ne lui connaissais pas vraiment dans ses œuvres plus récentes. Il n’épargne aucun de ses personnages, aucun des clichés littéraires ni aucuns de nos pauvres petits penchants bassement humains. Etrangeté de ce récit, l’auteur y intervient. Mais directement. Le littérateur s’adresse directement au lecteur dans son travail scriptural. Ainsi vous lirez « Cela ne vous dérange pas que je raconte ce passage au passé, j’en ai assez de l’autre temps. » ou encore, au sujet d’un trait de caractère de Maria « je l’ai décrit au chapitre III ». Ces interruptions perdent toutefois en originalité au fil des pages pour gagner un petit peu en lourdeur. Mais c’est une première œuvre, c’est drôle et bien pensé. Se lit vite. Se lit bien.

critique par Kassineo




* * *