Lecture / Ecriture
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Pêcheur d’Islande de Pierre Loti

Pierre Loti
  Au Maroc
  Roman d'un Spahi
  Pêcheur d’Islande
  Fantôme d’Orient, suivi de Constantinople en 1890
  La Galilée
  Suleïma
  Les trois dames de la Kasbah
  Vie de deux chattes
  Propos d’exil
  Nouvelles et récits
  La mort de Philae

Pierre Loti (1850-1923) officier de marine et écrivain, a cultivé toute sa vie la passion du voyage. De l'Inde à Tahiti, de la Turquie au Sénégal, des déserts du Sinaï à ceux de Galilée, les inlassables pérégrinations de cet arpenteur des océans ont nourri une œuvre riche (Vers Ispahan, Aziyadé, Le roman d'un spahi ou encore Madame Chrysanthème) qui contribua à faire de lui, de son vivant, un romancier à succès et un mondain courtisé. (Source: l’éditeur)

Pêcheur d’Islande - Pierre Loti

Les « Islandais », à Paimpol
Note :

   Les Islandais, c’est ainsi qu’on appelait, à Paimpol, les pêcheurs qui prenaient la mer à la fin de l’hiver pour de longs mois pour pêcher la morue au large de l’Islande.
   Yann est l’un d’eux, et pas le moindre. Fils, petit-fils, arrière petit-fils d’ « Islandais », son destin est tracé, il est pêcheur de morue.
   
   Gaud, demoiselle native de Paimpol, mais ayant vécu à Paris, est revenue à Paimpol. C’est une demoiselle de la ville. Ces deux-là se croisent, leurs regards, leur destin aussi.
   
   Chez Loti, le destin n’a qu’un visage. Il est forcément tragique. « Pêcheur d’Islande » ne fait pas exception. Il y a d’ailleurs une « trame » Loti. En cela « Pêcheur d’Islande » est une autre écriture du « Roman d’un Spahi », (ou réciproquement). Remplacez le désert de Mauritanie par un autre, liquide celui-là, sur les confins de l’Islande, et lancez la machine à broyer les jeunes hommes (la vie, manifestement pour Loti) et …
   
   De jeunes hommes qui s’ouvrent à la vie dans le cadre de leur travail, de leur passion. Qui s’y consacrent, au point de perdre le reste. Le reste chez Loti étant le plus souvent l’amour de la famille et d’une chaste demoiselle énamourée. De superbes descriptions de ce qu’a vécu Loti (officier de marine, militaire ( ?), il a beaucoup bourlingué, notamment en Afrique du Nord) et une scène de combat, généralement lyrique et tragique.
   
   Qu’on ne s’y trompe pas, j’aime personnellement beaucoup Pierre Loti, pour la justesse de ses études psychologiques et son amour des paysages. Il y a un côté désuet quant au comportement, notamment amoureux, de ses héros, mais ses romans datent, il ne faut pas l’oublier de la fin du XIX ème siècle. Pour autant, droiture et justice, fidélité et courage sont toujours au coeur de ses relations.
   
   Peut être bien que Nicolas Bouvier avait pas mal lu Pierre Loti !
   ↓

critique par Tistou




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Cruelle et fascinante
Note :

   Entre Gaud, fille d'un gros commerçant de Paimpol, et Yann, le pêcheur, il y a bien des obstacles : la différence des conditions et des fortunes, bien sûr ; mais aussi la timidité farouche du jeune homme, de ceux qu'on nomme les "Islandais" parce que, chaque année, leurs bateaux affrontent, durant des semaines, les tempêtes et les dangers de la mer du Nord. C'est l'histoire d'un amour longtemps jugé impossible que nous conte ce roman, publié en 1886, et depuis lors redécouvert et admiré par plusieurs générations. Mais c'est surtout un grand drame de la mer, et l'une des expressions les plus abouties de ce thème éternel. Marin lui-même, Pierre Loti y déploie une poésie puissante, saisissante de vérité, pour dépeindre la rude vie des pêcheurs, l'âpre solitude des landes bretonnes, le départ des barques, la présence fascinante et menaçante de l'Océan.
   
   Encore un roman bouleversant, de ceux qui nous laissent dans le spleen, vidé.
   
   Pierre Loti instaure son ambiance tout doucement, à l'aide de mots choisis, de phrases ciselées. Style fluide, envoûtant, épuré même, et pourtant ô combien évocateur. Je me suis immergée dans cette histoire, bercée par la poésie qui s'en dégage.
   
   Une poésie qui devient parfois cruelle, quand l'héroïne, fascinante et omniprésente, reprend ses droits. L'héroïne, c'est la Mer, une maîtresse tyrannique et jalouse. Les autres personnages gravitent autour d'elle: Gaud, Yann, Sylvestre (le frère de Gaud), et quelques autres, qui vivent pour et par la mer. J'ai été très touchée par cette histoire, par ces personnages, profonds et mystérieux. J'en suis ressortie un peu différente, émue aux larmes.
   
   Vous l'aurez compris, si vous n'avez pas lu ce chef d'oeuvre injustement oublié, foncez ! Et j'espère que comme moi, vous serez conquis par ce magnifique roman, à la fois pudique et puissant.
    ↓

critique par Morwenna




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Le feu et la glace : les pêcheurs
Note :

   Mon premier souvenir de Pêcheur d’Islande était très très ancien et remonte au film de Pierre Schoendoerffer avec Charles Vanel. J’avais 9 ans et ce film m’avait très fortement impressionnée.
   
   J’ai lu le roman de Pierre Loti vers 12 ans émue bien entendu par l’histoire d’amour et puis le souvenir c’est estompé.
   
   C’est en lisant la BD de Chabouté que j’ai eu envie de faire un retour vers ce roman, j’ai choisi la méthode douce : le livre audio
   
   A l’écoute cette fois l’histoire d’amour, entre Gaud fille de Paimpol et Yann le pêcheur, est devenue tout à fait secondaire, ce qui m’a plu c’est cette peinture de la vie des pêcheurs, la dureté du travail, la vie sur le bateau, les tensions entre les hommes.
   
   Une vie de dangers pendant ces nuits où le soleil ne disparait pas totalement, le long hiver en Bretagne, les tempêtes effrayantes que Loti restitue parfaitement, le départ des bateaux et les espoirs d’une pêche qui permette de vivre. Les femmes attendant le retour des hommes ou pleurant les disparus devant le mur des disparus au cimetière.
   
   En Islande aujourd’hui on trouve trace de ces campagnes de pêche à la morue et un musée est consacré à ces hommes venus de Paimpol, de Dunkerque ou de Lorient et que l’on appelait Islandais.
   
   Au plus fort de la pêche à la morue quelques 5000 marins français ont pêché dans les eaux islandaises. Sur la commune de Fáskrúðsfjörður il y avait même un hôpital pour les accueillir. Aujourd’hui un projet avec la ville de Paimpol a vu le jour pour faire revivre cet hôpital des français.

critique par Dominique




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