Lecture / Ecriture
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Un cheval entre dans un bar de David Grossman

David Grossman
  Une femme fuyant l’annonce
  Dès 06 ans: Les aventures d'Itamar
  Un cheval entre dans un bar

David Grossman (en hébreu : דויד גרוסמן ) est un écrivain israélien né en 1954.

Un cheval entre dans un bar - David Grossman

Vous connaissez la blague ?
Note :

    Né à Jérusalem en 1954, David Grossman est l’un des écrivains majeurs de la littérature israëlienne avec Avraham B. Yehoshua et Amos Oz. Il est l’auteur d’une quinzaine de romans, nouvelles, essais. Huit de ses romans ont été traduits en français ainsi que deux pour la jeunesse. En 2011, il reçoit le prix Médicis étranger pour "Une femme fuyant l’annonce", roman de la perte (en 2006 son fils Uri est tué à 21 ans dans la guerre contre le Liban). Celui-ci est son dernier roman paru cette rentrée 2015.
   
    Un soir, le juge Avishaï Lazar reçoit un étrange coup de téléphone d’un certain Dovalé. Pour le juge un parfait inconnu jusqu’à ce que ce dernier lui rappelle qu’ils furent amis d’enfance. Dovalé insiste, s’étonne de cette amnésie. Dans un ultime effort, les souvenirs de cette époque profondément enfouis, reviennent à la conscience du juge. Il revoit un gamin au teint clair criblé de taches de rousseur intarissable avec ses questions. Comment a-t-il pu l’oublier, ce gamin étrange. Deux fois par semaine, ils rentraient ensemble de leur cours particulier. Dovalé de passage pour un one-man-show fait alors à Avishaï une étrange requête, il lui demande d’assister à son spectacle et de lui dire ensuite ce qu’il pense de l’homme qu’il verra sur scène, lui le sondeur d’âmes aux sentences "effilées comme une lame de couteau".
   
   Dans un récit quasi hypnotique, l’on assiste à cette partie entre le juge et l’amuseur public, l’un distillant, anecdotes, histoires drôles, prenant à parti le public, l’autre spectateur, seul avec ses pensées, ses souvenirs, mal à l’aise devant ces débordements parfois de mauvais goût. Peu à peu, la tension devient palpable, Dovalé, par petites touches, amène dans ses propos des bribes de son enfance. Un curieux dialogue se noue entre le juge et le comique, dialogue qui se dispense de mots, la logorrhée de l’un alimentant le silence de l’autre. Une tragédie en marche.
   
   David Grossman donne là toute la maîtrise de son écriture. Remarquable !

critique par Michelle




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