Lecture / Ecriture
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Caché dans la Maison des Fous de Didier Daeninckx

Didier Daeninckx
  En marge
  Le der des ders
  La mort n'oublie personne
  Le Poulpe : Éthique en toc
  Le facteur fatal
  Play-back
  Dès 10 ans: Il faut désobéir : La France sous Vichy
  Dès 10 ans: Un violon dans la nuit
  Passages d'enfer
  La route du Rom
  Lumière noire
  Mort au premier tour
  Cannibale
  Camarades de classe
  Itinéraire d’un salaud ordinaire
  Métropolice
  Nazis dans le métro
  Missak
  Histoire et faux-semblants
  Meurtres pour mémoire
  Galadio
  D comme: Le der des ders
  Le dernier guérillero
  Rue des degrés
  Caché dans la Maison des Fous
  D comme: Octobre noir

Didier Daeninckx est né en 1949.
Avant d’être écrivain, il fut imprimeur, animateur, journaliste local..
Son premier livre fut «Meurtres pour mémoire», dans la Série Noire Gallimard en 1984.
Son œuvre de romans populaires ou policiers (Il a plusieurs fois participé aux aventures du Poulpe) s’accompagne d’une critique sociale, historique et politique. Elle a déjà été récompensée par plusieurs prix.

Caché dans la Maison des Fous - Didier Daeninckx

Vous souvenez-vous de Denise Glaser ?
Note :

   L’image que j’ai de Denise Glaser, c’est une sœur de Barbara, une similitude dans l’apparence avec la dame en noir.
   
    Aujourd’hui, Didier Daeninckx nous entraine en 1943 en Lozere. Dans un asile d’aliénés, victimes eux aussi de la barbarie puisque laissés mourir de faim en cette dure période par un régime de Vichy hermétique à la souffrance (plus de 40 000 malades mentaux seraient mort suite aux directives sanitaires imputables à Vichy. Une extermination "douce"). Deux psychiatres se battent pour sauver ce qui peut encore l’être, tout en cachant des résistant blessés ou pourchassés.
   
    C’est à ce moment que débarque Denise Glaser, jeune résistante juive ainsi qu’un couple. Lui, c’est Paul Eluard, elle, s’est Nush son épouse, sa muse. Le créateur de "Liberté", l’hymne de la résistance. Le mouvement surréaliste incarné. Denise connait le poème mais pas son auteur. Elle l’avoue, "je lis surtout des romans, des livres sur l’histoire, C’est quelqu’un d’important ?"
   
    Pendant que les médecins, Tosquelles qui a fuit l’Espagne franquiste et Bonnafé, communiste, organisent la résistance à l’indifférence et celle du maquis, Denise Glaser observe, s’occupant des enfants. Témoin de l’utilisation de l’art pour soulager les maux, de l’utilisation des mots pour encourager la parole, de la résistance par la poésie.
   
    Pendant des mois, elle sera à leurs cotés. Témoin de la naissance de ce que l’on nommera plus tard l’art brut.
   
    Une fois de plus, Didier Daeninckx nous livre un magnifique témoignage. Un ode au courage, un regard sur le monde. La parole des "fous" garantit celle des poètes nous dit l’éditeur. Une fois de plus, ce livre est trop court et l’on voudrait tant en connaitre plus. Précipitez-vous sur une centaine de pages de bonheur de lire.
   
    Et tout comme l’auteur, je vous invite à relire ce poème que nous avons tous appris, oublié. Dont quelques bribes ressurgissent parfois. "Liberté".
   
    Denise Glaser est morte en 1983 dans la misère après avoir été l’animatrice d’une émission mythique de la télévision, le fameux Discorama. Sorte de Michel Drucker bien avant l’heure et surtout plus curieuse et incisive, elle s’attire les foudres du pouvoir gaulliste pour avoir programmé "Nuit et brouillard" de Jean Ferrat. Gréviste en 1968, elle est licenciée en 1974. Résistante jusqu’au bout… Merci monsieur Daeninckx.

critique par Le Mérydien




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