Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Johnny Chien méchant de Emmanuel Dongala

Emmanuel Dongala
  Photo de groupe au bord du fleuve
  Johnny Chien méchant
  La sonate à Bridgetower

Emmanuel Boundzéki Dongala, professeur de chimie dans le Massachusetts, est un écrivain congolais né en 1941.

Johnny Chien méchant - Emmanuel Dongala

Enfants soldats, ni enfants, ni soldats
Note :

   Ce dernier roman de Dongala propose, sur la guerre civile, deux regards : celui de Johnny, dit "chien méchant" alias "matiti mabé", jeune milicien de 16 ans qui se livre au pillage, au vol, au viol, qui tue sans état d’âme ; et celui de Laokolé, jeune fille de 16 ans, armée de courage et de la volonté de croire encore en l’homme. Elle doit sauver sa peau ainsi que celle de ses proches, elle doit survivre. Les deux héros ont le même âge, leurs regards se succèdent, se croisent pour offrir au lecteur une vue détaillée et différemment commentée de la situation.
   
   Johnny se prend pour un grand personnage, un dur, un intellectuel, mais ses propos et ses actes révèlent toute l’étendue de sa bêtise et de sa lâcheté ; il nous semble encore un enfant même si lui-même se croit adulte. Tandis que Laokolé paraît mâture. Issue d’une famille modeste, fille de maçon, elle a vécu des expériences qui l’ont grandie. Les événements tragiques vécus à cause de la guerre (assassinat du père par exemple) contribuent à la projeter prématurément dans l’âge adulte.
   
   Ce livre, qui essaie de dire avec des mots les atrocités de la guerre civile, n’est pas pour autant dépourvu d’humour. Le talent de l’auteur ne se dément pas avec ce dernier roman.
   
   
   Quatrième de couverture:

   
   "Congo, en ce moment même. Johnny, seize ans, vêtu de son treillis et de son tee-shirt incrusté de bris de verre, armé jusqu'aux dents, habité par le chien méchant qu'il veut devenir, vole, viole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Laokolé, seize' ans, poussant sa mère aux jambes fracturées dans une brouetté branlante, tâchant de s'inventer l'avenir radieux que sa scolarité brillante lui promettait, s'efforce de fuir sa ville livrée aux milices d'enfants soldats. Sous les fenêtres des ambassades, des ONG, du Haut Commissariat pour les réfugiés, et sous les yeux des télévisions occidentales, des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes et d'information travestie jouent à la guerre : les milices combattent des ennemis baptisés "Tchétchènes", les chefs de guerre, très à cheval sur leurs codes d'honneur, se font appeler "Rambo" ou "Giap" et s'entretuent pour un poste de radio, une corbeille de fruits ou une parole de travers."

critique par Liss Kihindou




* * *