Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Ados: La lumière volée de Hubert Mingarelli

Hubert Mingarelli
  Hommes sans mère
  L'arbre
  La Dernière Neige
  Le Bruit du vent
  Le jour de la cavalerie
  Le voyage d'Eladio
  Une rivière verte et silencieuse
  Vie de sable
  Océan Pacifique
  Quatre soldats
  La beauté des loutres
  Marcher sur la rivière
  La promesse
  L'année du soulèvement
  La lettre de Buenos Aires
  Un repas en hiver
  L’homme qui avait soif
  La route de Beit Zera
  L'incendie
  Ados: La lumière volée
  La vague
  La source

Hubert Mingarelli est un écrivain français né en 1956 en Lorraine.


* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Ados: La lumière volée - Hubert Mingarelli

Ghetto de Varsovie
Note :

   Serait-ce la localisation, spatiale aussi bien que temporelle, qui donne une gravité plus marquée à cet ouvrage parmi les premiers d’Hubert Mingarelli (1993) ? C’est bien possible ; le ghetto de Varsovie, en 1942, reste un symbole de ce que l’homme peut faire de pire à ses semblables. Pourtant la collection dans laquelle il est sorti ("Page blanche", chez "Gallimard Jeunesse"), le destine à la jeunesse - d’ailleurs les premières œuvres d’Hubert Mingarelli sont sorties dans cette collection, il devait être ressenti comme un auteur pour la jeunesse ?
   
   Cela dit, le style d’Hubert Mingarelli permet de traiter les sujets les moins "enfantins" pour une destination jeunesse. Ça dépend notamment de l’angle d’attaque et l’on sait que ceux d’Hubert Mingarelli sont des angles humbles, que ses attentions dans une histoire vont aux détails humains, à la petite histoire dans l’Histoire en sorte, à hauteur d’homme et en l’occurrence d’enfants ici, même si l’expression est galvaudée.
   
   "Elie était allongé contre la tombe de Josef Cytrin. Il avait trop mangé au restaurant Szulc et ne parvenait pas à dormir ; comme le lit d’herbe et de fleurs sèches qu’il avait étendu sous la couverture s’affaissait peu à peu, il avait mal à la hanche.
   Il se souleva sur un coude et cala sa joue dans une main.
   Il regarda la lune aux trois quarts ronde.
   Il lui venait, lointains, les échos d’une poursuite dans le nord du cimetière. C’était l’un des passages du trafic entre le ghetto et le reste de Varsovie."

   
   C’est ainsi que commence "Lumière volée" et, si ambiguïté il y avait, elle est rapidement levée. On comprend assez rapidement qu’Elie est un enfant d’une dizaine d’années, qui survit, seul, dans un cimetière couchant la nuit sur une tombe, au sein du ghetto de Varsovie, au pire moment de l’Histoire.
   
   Intervient très rapidement la rencontre avec Gad, quelques paragraphes après l’introduction citée plus haut, un gamin apparemment plus débrouillé qu’Elie, qui lui, pratique la contrebande pour amener de la nourriture dans le ghetto.
   
   Vous connaissez Hubert Mingarelli ? (sinon je vous le dis !) Avec Elie et Gad, il a sa matière pour écrire un roman. Nous n’aurons donc jusqu’à la fin guère plus d’intervenants. Ce sont les relations Elie/Gad et ce qu’elles peuvent révéler de la situation du ghetto qui intéressent Hubert Mingarelli, "l’entomologiste" des relations plus couramment fils/père ou homme/homme. Ici enfant/enfant. Mâles les enfants.
   
   Vous vous doutez bien que ça ne va probablement pas bien finir tout ça. Le lieu n’y prédispose pas. Et l’ouvrage a beau être tourné vers la jeunesse, on n’échappe pas à la malédiction du lieu. Tournée tout en délicatesse et en suggestions.
   
   Pour ce troisième ouvrage d’Hubert Mingarelli, les composantes de sa "façon" sont déjà en place : un quasi huis clos, deux hommes (enfants) dont les relations, le moindre mot échangé, sont disséqués à la loupe, une sensibilité exacerbée.
   
   C’est au final tout à fait adapté à une lecture jeunesse. Plus tard Hubert Mingarelli ne déviera finalement pas de cette ligne de construction de base de ses romans. C’est une continuité comme on en voit peu…

critique par Tistou




* * *