Lecture / Ecriture
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L’Invisible dehors – Carnet islandais d’un voyage intérieur de Pierre Cendors

Pierre Cendors
  L’homme caché
  Archives du vent
  L’Invisible dehors – Carnet islandais d’un voyage intérieur

Pierre Cendors est le nom de plume de Pierre Perrotton, écrivain français né en 1968.

L’Invisible dehors – Carnet islandais d’un voyage intérieur - Pierre Cendors

Que vient-on chercher à Hornstrandir?
Note :

   En décembre, j’avais repéré qu’un autre livre de Pierre Cendors était sorti cette année, une sorte de carnet de voyage islandais. J’ai été spécialement le chercher à la librairie et j’ai même embêté le libraire pour qu’il me le trouve (et je n’aurais pas pu le trouver toute seule, vu où il était rangé). "L’Invisible dehors – Carnet islandais d’un voyage intérieur" est donc la chronique, inventée ou non, je ne sais pas, d’un voyage de l’auteur en Islande. Loin des sentiers touristiques bien évidemment.
   
   Le livre prend la forme de pensées jetées au fur et à mesure, un peu comme le livre de Ryoko Sekiguchi dont je vous ai parlé dans le dernier billet. C’est à la fois des réflexions sur la solitude, sur ce qui est important et ce qui ne l’est pas, sur ce que c’est que vraiment voir. Il y a un mélange de réel et d’imaginaire puisqu’on retrouve un personnage d’"Archives du vent". J’ai lu ce livre avant le roman des éditions du Tripode et je me le suis un peu imaginé comme le voyage préparatoire au roman.
   
   Là encore, si vous suivez le blog depuis un petit moment, vous savez que ce genre de livres me passionnent. Les réflexions de l’auteur sont intéressantes, on rentre facilement dans sa tête pour voir ce qu’il voit ou ce qu’il pense.
   
   L’écriture est aussi totalement différente des précédents livres que j’ai pu lire de lui ; je n’aurais tout simplement pas pu imaginer que Pierre Cendors en était l’auteur. Mais là j’ai adoré.
   
   C’était dépaysant, tout en étant intelligent. Une bouffée d’oxygène.
   
   Deux passages de L’invisible dehors.
   
   Magnús Morland, quatrième commentaire : Souvent c’est en faisant quelques pas inutiles qu’un homme se rejoint. Nous mutile, en ce monde, tout ce qui ne relève que de l’utile.
   
   Que vient-on chercher au bout du monde, là, où l’homme n’est pas ?
   
   Cette méditation, qui ouvre et clos mon dernier roman, ne m’a jamais concerné aussi directement qu’aujourd’hui. Preuve, encore une fois, d’une complicité "professionnelle" entre la fiction et la réalité.
   
   Que vient-on chercher à Hornstrandir, là, sous le cercle polaire ? D’abord, un horizon dont le social est absent. Ensuite, une sensation du monde allégée d’autrui, le début d’un dialogue approfondi entre l’originel et la pensée personnelle, un revif corporel de l’esprit, une parole désencombrée, un silence ardent, un non-agir à l’unisson d’un agir recueilli et fervent, quelque chose comme une renaissance calme et profonde, le sacré se reconnaissant à cette invisibilité lumineuse mais dépourvue d’éclat.
   
   Et surtout : une relation à soi et au monde, réglée sur la même clé que celle de l’Univers.
   
   Dans le même mouvement, prendre de la distance et gagner en proximité.

critique par Céba




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