Lecture / Ecriture
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Enigmes romaines de Pierre Maréchaux

Pierre Maréchaux
  Enigmes romaines

Enigmes romaines - Pierre Maréchaux

L'essai d’un spécialiste sur l’œuvre d’Ovide
Note :

   De temps à autre mon intérêt pour l’antiquité et sa littérature se rappelle à moi, je suis depuis quelques semaines un cycle de conférences sur les Métamorphoses d’Ovide.
   
   Outre que l’enseignant de l’Histoire de l’Art qui mène cela est passionnant et drôle, j’ai fureté dans ma bibliothèque pour relire l’essai d’un spécialiste sur l’œuvre d’Ovide et la petite bio de Lucien d'Azay*.
   
   En croisant le tout on parvient à comprendre un peu mieux l’intérêt de cette œuvre et pourquoi elle connut un succès qui ne s’est pas démenti pendant plusieurs siècles.
   
   Succès aussi bien auprès des poètes que des peintres au point de porter le nom de Bible des poètes et Bible des peintres.
   
   Ovide est le poète de la disgrâce, un édit d’Auguste l’envoie mourir à Tomes sur les bords de la mer Noire où il finira sa vie comme exilé, nostalgique de Rome et exprimant sa douleur dans ses derniers écrits : les Tristes et les Pontiques.
   
   Poète courant toujours après la notoriété qui fut celle de Virgile, son "Art d’aimer" était célèbre autant pour sa qualité poétique que pour ses passages licencieux.
   
   Les Métamorphoses sont sa grande œuvre avec laquelle il pourra rivaliser avec Virgile.
   
   Avec les "Métamorphoses" Ovide veut déchiffrer le monde, c'est une histoire de l'humanité avec près de 800 personnages.
   
   Il parvient à donner à son récit une unité en rassemblant tous les récits des mythes en un long poème. Il a relié les diverses fables donnant ainsi l’impression d’une seule narration.
   
   C’est le livre des pires passions, vengeance, jalousie, incestes, meurtre et trahison, l’émerveillement du début tourne parfois au cauchemar.
   
   Le monde décrit par Ovide est peuplé d’hommes qui se font serpents ou oiseaux ou encore végétal et parfois en astres qui perdureront dans notre ciel.
   
   Ovide a certainement puisé une part importante de ses sources chez des auteurs grecs et chez les poètes, depuis Homère jusqu’à Euripide.
   
   On dit qu’Ovide était pythagoricien c’est à dire qu’il suivait cette doctrine qui affirme que chaque être vivant subit de nombreuses transformations au cours de son existence. Elle est largement utilisée dans les légendes des Métamorphoses.
   
   Pierre Maréchaux insiste dans son essai sur l’aspect assez noir de l’œuvre, la chute et la fin de l’âge d’or étant toujours proche et Ovide "laisse entendre que le monde n’est que bouleversement", les différentes métamorphoses subies par l’homme sont "un constat d’échec de toutes les civilisations et de toutes les cultures".
   
   Ovide est assez éloigné du caractère louangeur et un rien lèche-botte de l’Enéïde, pas question pour lui de faire l’apologie d’Auguste, Pierre Maréchaux le dit ainsi "Ovide peut dire sans dire, louer sans acquiescer, blâmer sans être pesant."
   
   Il y a les mythes célèbres : Actéon, Philémon et Baucis, Echo et Narcisse, le mythe d’Orphée que l’on connait mais sans être parfois capable de retrouver le mythe derrière les noms devenus célèbres.
   
   C’est dans les vers d’Ovide que peintres et sculpteurs ont directement puisé leur inspiration.
   
   La beauté des Métamorphoses réside dans la richesse, l’abondance, la variété qui permettent, aux artistes, du Nord comme du Sud de l’Europe, les illustrations les plus diverses.
   
   Récit intemporel que l’on retrouve dans la littérature plus proche de nous : Alice et sa transformation, Kafka et la métamorphose de Gregor Samsa ou le Mr Hyde de Stevenson
   
   J’ai beaucoup aimé la traduction en vers d’Olivier Sers.
   
   
   * Ovide ou l'amour puni - Lucien d'Azay

critique par Dominique




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